Manuel Valls dénonce la grève des pilotes d'Air France

Transport aérienLe gouvernement français a appelé mercredi à l'arrêt du bras de fer entre la compagnie Air France et ses pilotes, en grève pour le troisième jour consécutif.

Image: ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION/AFP

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Seuls 40% des avions tricolores seulement ont décollé, une situation qui devrait se répéter jeudi.

«Il faut arrêter cette grève» qui «n'est pas comprise», a déclaré le premier ministre socialiste Manuel Valls. Auparavant, son ministre de l'Economie Emmanuel Macron a appelé l'entreprise «à quelques concessions».

«Il est regrettable qu'une seule catégorie, en l'occurrence les pilotes, puisse mettre à l'arrêt le transport aérien dans le pays», a dit Manuel Valls à la radio France Inter ce mercredi 17 septembre. «C'est l'avenir de la compagnie Air France qui est en jeu et le dialogue social doit nous sortir de ce conflit.»

A l'origine du conflit, le développement de Transavia, la filiale à bas coût d'Air France. Le SNPL, principal syndicat, craint que le projet en l'état de la direction, avec des engagements locaux, n'entraîne un «pillage de l'emploi français».

Propositions rejetées

Jusqu'à présent et malgré plusieurs séances de négociation, la direction n'a pas réussi à rassurer les pilotes sur ses projets. A sa proposition de limiter l'augmentation de la flotte à 30 avions d'ici à 2019, contre 37 initialement prévus, le SNPL a opposé une fin de non-recevoir.

Dernière proposition en date, celle de conclure avec les syndicats un accord sur le partage des activités de Transavia France, Hollande et Europe, dans une lettre envoyée aux 3900 pilotes.

Pour le Spaf, cette proposition «n'est pas acceptable». La direction «nous dit que temporairement le périmètre de Transavia Europe n'atteindra pas les marchés français et hollandais mais c'est du temporaire et c'est repousser le tas de sable», c'est à dire le risque de «délocalisations», estime Julien Duboz, porte-parole du deuxième syndicat de pilotes d'Air France.

Première assemblée de pilotes

Plus de 250 pilotes ont pris part à leur première assemblée générale organisée depuis le début du conflit. A leur sortie, la plupart refusaient de parler à la presse. Le message était «tenir bon sur le contrat unique», a résumé François Hamant, du syndicat Alter (non représentatif).

Ce contrat pilote unique pour toutes les compagnies du groupe Air France (Air France, Transavia, Hop!) est la condition posée par les syndicats pour soutenir les projets de développement de la filiale low cost du groupe Transavia, à l'origine du conflit.

Pilotes d'Air France 40% plus chers

Trop cher, répond la direction. Pour réagir à la concurrence toujours plus vive de transporteurs à bas coûts, le groupe AF-KLM souhaite développer la flotte de Transavia en France en attirant des volontaires d'Air France. Il veut aussi ouvrir de nouvelles bases Transavia en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrats locaux.

Selon une source interne d'Air France, le coût horaire des pilotes est 40% plus élevé chez Air France que chez Transavia. En moyenne, les pilotes d'Air France sont payés entre 75'000 et 250'000 euros (de 90'000 à 300'000 francs), selon le grade, l'ancienneté et l'affectation.

Reprise des discussions

Depuis lundi, la grève est massivement suivie, par 60% des pilotes selon la direction, 75% selon le syndicat SNPL AF Alpa. Les discussions entre la direction et les trois syndicats en grève (SNPL AF Alpa, Spaf et Alter) se poursuivent.

Le préavis de grève déposé par le SNPL est reconductible jusqu'au 22 septembre, le Spaf (deuxième syndicat) et Alter (non représentatif) ayant allongé de deux jours le leur, jusqu'au 20.

Selon Air France, 40% des vols étaient assurés mercredi, comme la veille, après moins de 50% au premier jour. La direction annonce pour jeudi «42% de vols maintenus».

Plusieurs annulations depuis la Suisse

La Suisse est, aux dernières informations fournies par Air France, également touchée, avec plusieurs annulations de vol mercredi depuis Genève ou Zurich à destination de Paris.

La compagnie aérienne, dont les coûts d'exploitation restent élevés malgré des économies drastiques depuis 2012, subit sur son réseau moyen-courrier la concurrence toujours plus vive de transporteurs à bas coût tels qu'easyJet, Ryanair ou Vueling. Pour réagir, elle mise sur l'ouverture de nouvelles bases en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrats locaux. (afp/nxp)

Créé: 17.09.2014, 15h09

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