Les Américains désamorcent la bombe politique Syngenta-ChemChina

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

A intervalles réguliers ces dernières mois, les médias suisses et étrangers se faisaient peur en évoquant les chances jugées élevées que le CIFIUS refuse carrément l'acquisition du groupe bâlois Syngenta pour le chinois ChemChina, annoncée en début d'année, ou en tout cas prononce d'importantes conditions à ce rachat.

Le méga deal à 43 milliards de dollars, le plus important jamais réalisé jusqu'à présent par la Chine en dehors de ses frontières, aurait pu être refusé par ce comité chargé de contrôler que les investissements étrangers ne mettent pas en péril la sécurité des Etats-Unis. Avant tout dans un contexte de campagne présidentielle au pays de l'Oncle Sam, où l'agriculture est un puissant lobby.

Des sénateurs sont même sortis du bois pour demander que les autres fusions et acquisitions annoncées dans ce domaine (offre de Bayer sur Monsanto, fusion de DuPont avec Dow Chemical) soient étudiées dans leur impact global sur l'agriculture et la sécurité alimentaire des Etats-Unis.

Apparemment, ces peurs se sont avérées injustifiées. En annonçant ce lundi matin que le CIFIUS a donné son accord au rachat de Syngenta par ChemChina, on peut imaginer que ces deux entreprises sont soulagées que le plus important obstacle à cette acquisition tombe, même s'il verra la neuvième plus importante multinationale suisse en terme de valeur en Bourse devenir chinoise.

Il faudra certes encore que les autorités anticartellaires (des Etats-Unis, d'Europe, de Suisse) donnent leur accord, comme l'a souligné le groupe bâlois ce matin, mais cela ressemble davantage à une routine. L'affaire a toutes les chances d'être dans le sac à la fin de l'année, comme Syngenta l'a répété. Il aura fallu pour cela prolonger deux fois la durée de l'offre (qui se termine le 13 septembre). La bombe politique américaine semble bel et bien désamorcée.

Et en Suisse? Ce rachat n'a jamais inquiété l'administration. La Secrétaire d'Etat à l'économie, Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, soulignait lors d'une conférence consacrée au rachat d'une haute école zurichoise par un établissement chinois, que la Suisse est un petit pays très dépendant de ses exportations. Il se doit d'avoir une politique de fusion et acquisition libérale.

Le centre de recherche agronome Agroscope ne voyait pas non plus ses accords de recherche et développement avec Syngenta remis en question par le groupe ChemChina.

Au contraire, la collaboration dans l'agriculture s'approfondit au niveau ministériel entre la Chine et la Suisse, comme l'a montré une rencontre ministérielle entre les deux pays avant les vacances d'été.

Les politiques suisses ne se sont pas non plus emparés de ce dossier, confortés par les assurances données (pas de licenciement, siège restant en Suisse, etc.). Son plus important centre mondial de recherche et développement se trouve à Stein (AG), et son site de production le plus gros en Valais, à Monthey. Combien de temps tiendront ces assurances? «L'avenir le dira» est un peu l'avis général.

Créé: 22.08.2016, 12h09

Articles en relation

L'offre de ChemChina sur Syngenta est la plus élevée adressée à un groupe suisse en dix ans

Achat d'entreprises Les entreprises suisses sont aussi très actives dans l'autre sens et rachètent beaucoup de sociétés étrangères, grâce au franc fort Plus...

Ren Jianxin, nouveau roi mondial de l’agrochimie

Industrie chimique Editorial Patron du géant ChemChina, il rêve d’avaler le groupe bâlois Syngenta. Portrait d’un chef décomplexé. Plus...

Qui est ce Chinois qui achète Syngenta

Transaction colossale Patron du géant ChemChina, Ren Jianxin est en train d'acquérir le groupe bâlois pour 43 milliards de francs. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.