En un an, 15 milliards investis dans la lutte contre le cancer

Industrie pharmaceutiqueRoche a racheté lundi l’américain FMI pour un milliard de dollars. L’an dernier Novartis avait repris l’oncologie de GSK pour 14 milliards.

Roche précise que l’entreprise basée à Cambridge (Massachusetts) conservera son actuelle direction générale et restera indépendante d’un point de vue opérationnel.

Roche précise que l’entreprise basée à Cambridge (Massachusetts) conservera son actuelle direction générale et restera indépendante d’un point de vue opérationnel. Image: Keystone

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Debiopharm, Novartis ou encore Roche. Dans la lutte contre le cancer, les entreprises pharma suisses sont à la pointe. Elles sont même à l’origine de la grande majorité des innovations (lire relance ci-contre), dont les dernières découvertes en date ont démontré que cette maladie est en réalité une mutation génétique.

Depuis une douzaine de mois, l’engouement pour cette branche bien spécifique de la pharma s’accélère même encore un peu plus en Suisse. Avec Novartis l’année dernière, qui rachetait aux Américains de GlaxoSmithKline (GSK) tout leur portefeuille de médicaments oncologiques pour plus de 14 milliards de dollars, puis avec Roche hier. Ce dernier a en effet annoncé son renforcement dans les traitements personnalisés contre le cancer.

Pour plus d’un milliard de dollars, le géant bâlois de la pharma devrait prendre la majorité des parts dans Foundation Medecine (FMI), une société américaine spécialisée dans l’analyse moléculaire et génomique, pour autant que cette transaction soit acceptée par les actionnaires des deux entreprises, puis par les autorités de la concurrence. Dans un communiqué, Roche précise que l’entreprise basée à Cambridge (Massachusetts) conservera son actuelle direction générale et restera indépendante d’un point de vue opérationnel.

Un marché à 35 milliards

Cet attrait pour l’oncologie par les Suisses ne date d’ailleurs pas d’hier, puisque ce domaine de recherches fait partie de l’ADN de Roche, mais également de celui du groupe lausannois Debiopharm depuis ses origines. Il s’explique essentiellement par les débouchés économiques que représente la lutte contre le cancer. Rien que pour l’immuno-oncologie, l’on parle actuellement d’un marché de plus de 35 milliards de dollars.

«Contrairement au cardiovasculaire, un secteur certes gigantesque mais à faible croissance, l’oncologie représente un potentiel de chiffre d’affaires inestimable», affirme Jérôme Schupp, responsable de la recherche pour la Banque Syz. Pour ce dernier, recentrer son modèle d’affaires sur ce secteur pharma est d’autant plus judicieux qu’il est celui qui dégage actuellement la plus forte rentabilité.

Lourds investissements

Certes très profitable, l’oncologie réclame toutefois de ne pas s’endormir sur ses lauriers et d’innover constamment. «Les traitements contre l’oncologie sont ceux qui ont le moins de chance d’aboutir à une molécule finie et donc d’être acceptés par les autorités puis commercialisés», dévoile l’analyste financier. Pour aboutir à un produit commercialisable, l’investissement nécessaire a même cassé le seuil symbolique du milliard de dollars. Roche prévoit d’ailleurs de mettre 150 millions supplémentaires dans FMI et cela pour une période minimale de cinq ans.

Créé: 13.01.2015, 10h10

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Dominance marquée de la Suisse dans l'oncologie

Dès le début, Debiopharm s’est intéressé de près à l’oncologie. Son administrateur-délégué, Thierry Mauvernay revient sur cette aire thérapeutique au potentiel de plus en plus prometteur.

– Quelle est la place de la Suisse dans la lutte contre le cancer?
– Les entreprises suisses représentent plus de 50% du marché mondial de l’oncologie. Dans un secteur aussi fragmenté que la pharma à l’échelle planétaire, cette prépondérance est tout à fait exceptionnelle.

– Comment expliquer un tel engouement?
– Les Suisses ont vite compris que l’oncologie sera l’un des domaines au potentiel de développement le plus important et deviendra un axe thérapeutique majeur. L’efficacité des traitements n’a d’ailleurs cessé d’augmenter, à l’exemple des deux dernières avancées majeures: le séquençage du génome humain et le fait que désormais le cancer est perçu comme un ensemble de mutations génétiques.

– Qu’apportent ces découvertes?
– Associer le diagnostic au traitement pour identifier et traiter le plus finement possible ces mutations génétiques à l’aide de nouvelles thérapies. Comme le groupe Roche, mais à une échelle moindre, Debiopharm a pris cette voie des traitements plus personnalisés dans l’oncologie, certes, mais également dans l’infectiologie et les maladies auto-immunes.

– Des traitements qui pourraient bouleverser les modèles d’affaires de la pharma?
– Puisque les études seront faites sur des fractions de population beaucoup plus petites et nécessiteront donc des investissements moins coûteux en études cliniques, le modèle du «blockbuster» risque effectivement de ne plus être la norme dans un avenir proche. Là où il n’y a aujourd’hui que dix médicaments pour traiter une maladie, demain, il y en aura plusieurs dizaines.

– Cette concurrence exacerbée dans l’oncologie vous inquiète-t-elle?
– Elle nous rassure plutôt, nous confortant dans le fait que le virage pris par Debiopharm, il y a plusieurs années déjà, est le bon.

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