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André Hoffmann pour un changement de mentalité

Le vice-président du conseil d'administration de Roche juge que la maximisation du profit est obsolète. Et prédit un nouveau cycle d'investissement.

André Hoffmann, vice-président de Roche, appelle les capitaines d'industrie à assumer leurs responsabilités.
André Hoffmann, vice-président de Roche, appelle les capitaines d'industrie à assumer leurs responsabilités.
Keystone

Le vice-président du conseil d'administration de Roche, André Hoffmann, estime qu'une économie basée sur la maximisation du profit est «absurde» et «inefficace». Dans un entretien publié ce week-end dans «Le Temps», le représentant du colosse pharmaceutique appelle les capitaines d'industrie à assumer leurs responsabilités.

«Ma conviction, c'est que les entreprises ne doivent plus être gérées selon le seul intérêt des actionnaires, mais selon ceux de toutes les parties prenantes de la société», a déclaré celui qui a officié dix ans comme vice-président du WWF, tout en assurant rester «un capitaliste pure souche».

Selon M. Hoffmann, les impacts environnementaux, mais aussi sociaux et économiques, sont devenus «évidents», et on assiste actuellement à l'ouverture d'un nouveau cycle d'investissement, dont les gagnants seront «ceux qui vont embrasser ces nouvelles opportunités» et non «ceux qui s'accrochent à l'acquis».

Economie de «stakeholders»

Membre du conseil du World Economic Forum (WEF) depuis deux ans, le dirigeant insiste sur le fait que le raout annuel des grands de ce monde - dont la prochaine édition s'ouvrira à Davos ce mardi - est depuis les années 1970 une plateforme pour une «économie des parties prenantes», par opposition à celle basée sur la maximisation du profit prônée par les adeptes de l'économiste américain Milton Friedman.

«Un modèle d'affaires cohérent et responsable devrait s'attacher à créer de la valeur en minimisant les dommages collatéraux (ou externalités) plutôt que de laisser à la collectivité la tâche d'y remédier», estime André Hoffmann.

Interrogé sur la hausse des coûts de la santé, il admet que «les entreprises pharmaceutiques ont une part évidente de responsabilité», tout en rappelant que «les médicaments représentent aujourd'hui moins de 15% des coûts de la santé». Selon lui, il faut «tendre vers un système dans lequel les prix des médicaments seront fixés en fonction de leur efficacité et pas seulement de leurs coûts» et des ressources investies en matière de recherche et développement.

Concernant l'initiative dite «pour des multinationales responsables» - demandant la mise en place de règles contraignantes pour les sociétés basées en Suisse, y compris dans leurs activités à l'étranger - il se dit «à 100% d'accord avec les principes qui la sous-tendent» mais s'oppose à la mainmise politique, soulignant que «dans les pays en voie de développement, nous allons souvent au-delà des réglementations en vigueur».

(ats)

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