«Dans l’animation, le plein-emploi règne»

Festival d’Annecy La grand-messe des dessins animés se double d’un forum où se croisera toute l’industrie cette semaine. Rencontre avec son directeur.

Mickaël Marin est directeur depuis mars de la Cité de l’image en mouvement d’Annecy (CITIA).

Mickaël Marin est directeur depuis mars de la Cité de l’image en mouvement d’Annecy (CITIA). Image: TDG

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Les jardins de l’Impérial Palace accueilleront toute la semaine le versant business du Festival d’Annecy. À partir de mardi, plus de 3600 visiteurs sont attendus au Marché international du film d’animation (MIFA), ses organisateurs tablant sur une fréquentation «en hausse de 20%» par rapport à l’an dernier. En pleine expansion, le festival du film d’animation proprement dit attend plus de 12 000 visiteurs, deux fois et demie la fréquentation de 2015. Autour des stands, on croise des créateurs à la rechercher de financements – une quarantaine de films sont sélectionnés pour des pitchs –, des responsables de production en quête de nouveau outils informatiques ou des studios à la chasse aux talents.

Directeur du MIFA depuis dix ans, Mickaël Marin, 42 ans, a été nommé en mars dernier à la tête du pôle économique local dédié à l’animation, CITIA. Ce Lyonnais d’origine, qui a rejoint l’événement comme apprenti en 2001, chapeaute notamment Les Papeteries Image Factory. Plus de 400 personnes travaillent – ou étudient – dans cette ancienne usine annécienne mêlant pépinière de PME et centre de formation.

L’ensemble de l’organisation du festival représente un budget de 4,8 millions d’euros, et plus d’un millier de personnes – bénévoles et sous-traitants inclus – sont mobilisées durant la semaine.

Que pèse le Marché du film d’animation d’Annecy?

Personne ne dispose d’un chiffre précis sur les transactions réalisées. Une étude, réalisée selon une méthodologie du Ministère des finances, a montré que les retombées économiques de l’ensemble du festival pour la région sont de l’ordre de 14 millions d’euros.

À quand remonte ce versant «marché»? Les studios ne préfèrent pas le MIP cannois?

Le MIFA remonte à 1985 et faisait alors écho à l’arrivée des séries TV dans la compétition. L’initiative est née du vaste plan Image initié par le ministre de la Culture d’alors, Jack Lang, qui visait à faire émerger une industrie de l’animation en France. Le résultat est, trente ans après, l’importance prise par ce festival, la troisième place du pays dans l’industrie mondiale et des centres de formation de référence à Annecy, Lyon et Valence. L’originalité de cet événement reste de ne pas se focaliser sur la vente de contenus – comme le MIP à Cannes pour l’audiovisuel –, mais de réunir tous les acteurs de la chaîne. Aujourd’hui, les grands studios californiens comme DreamWorks ou Pixar dépêchent ici 20 ou 30 personnes et présentent l’avancée de leurs futures sorties comme «Dragon 3» ou «Les Indestructibles 2». Ils viennent également chercher de nouveaux talents.

Parmi les jeunes spectateurs, beaucoup viennent donc chercher un job?

Oui. Nous avons mis en place un système de candidatures en ligne permettant aux studios de faire une sélection et de proposer des entretiens lors de leur séjour à Annecy. Un millier de rencontres de ce type sont programmées cette semaine. Et ce sans compter tous les créatifs qui, démo en main, affluent sur la quinzaine de stands des grands studios. Actuellement, en France, le secteur connaît le plein-emploi et il y a une véritable bataille pour les talents.

Quid de la présence suisse dans ce festival situé à quarante minutes de la frontière?

Nous attendons 224 professionnels inscrits venant de Suisse, 6% de plus que l’an dernier. Surtout, (la fondation) Swiss Films va pour la première fois disposer d’un stand ici. Le réalisateur (valaisan) Claude Barras fait partie de l’un des jurys du festival et son film «Ma vie de Courgette» a eu un véritable effet d’entraînement sur tout le secteur en Suisse.

L’industrie du film a connu des bouleversements importants, avec les difficultés rencontrées par Canal+ et la montée en puissance de Netflix. Quel impact?

Canal+, qui était partenaire officiel de la manifestation jusqu’à l’an dernier, a été remplacé par France Télévisions. De son côté, (le géant américain de la vidéo à la demande) Netflix arrive pour la première fois en nombre, avec une équipe de 20 personnes. Il présentera ses courts et longs-métrages, comme «Over the Moon», réalisé par Glen Keane, figure de l’animation des studios Disney.

Le Forum mondial des technologies de réalité virtuelle a fermé ses portes dimanche à Crans-Montana? Quels sont vos liens?

Dans l’animation, la composante technologique joue un rôle beaucoup plus important que dans le cinéma classique et les possibilités de la VR (ndlr: réalité virtuelle) bouleversent la donne. Nous allons présenter 80 œuvres en VR – sur un total de 3000 films –, alors que nous les comptions sur une seule main il y a deux ans. Mon idée est de développer davantage de synergies avec le World VR Forum. On s’entraide pour faire venir ici les gens qui y étaient le week-end dernier. Et le World VR Forum dispose d’un stand sur notre événement.

Votre ambition pour les éditions à venir?

J’espère pouvoir ouvrir beaucoup plus largement le festival au grand public, et ce dès l’année prochaine. (24 heures)

Créé: 12.06.2018, 09h43

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