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EconomieAppel à une collaboration interpartis sur les bilatérales

Les milieux économiques craignent qu'après le triomphe de l'UDC aux élections fédérales, l'application de l'initiative du 9 février leur soit moins favorable.

Monika Rühl, directrice d'economiesuisse, souhaite que les partis en faveur des bilatérales tirent à la même corde.
Monika Rühl, directrice d'economiesuisse, souhaite que les partis en faveur des bilatérales tirent à la même corde.
Keystone

C'est l'un des premiers dossiers phares auquel devra s'attaquer le nouveau Parlement: alors que le Conseil fédéral se prononcera prochainement sur la concrétisation de l'initiative anti-immigration, les milieux économiques vont oeuvrer pour une meilleure collaboration des partis pro-bilatérales.

Certes, l'UDC ne détiendra pas la majorité absolue au sein des Chambres fraîchement réélues. Reste que la progression meilleure qu'espérée de la formation de droite rend «plus difficile une mise en oeuvre favorable au monde économique de l'initiative» du 9 février 2014, a souligné mardi dans la NordwestschweizPatrick Odier, président de l'Association suisse des banquiers (ASB).

A l'image du banquier, de nombreux défenseurs de la libre circulation craignent que leur succès de dimanche n'incite les démocrates du centre à muscler leur argumentaire en faveur d'une application stricte du texte adopté à 50,3% par les Helvètes. Une radicalisation qui menacerait les accords bilatéraux.

Partis bourgeois avant tout

Or, pour l'économie suisse, ces accords figurent au premier plan, car il en va des bonnes relations avec l'Union européenne, a rappelé lundi Monika Rühl, directrice de la Fédération des entreprises suisses (economiesuisse). Interrogée par l'ats, la directrice romande de l'organisation Cristina Gaggini a souligné l'importance que les partis en faveur des bilatérales tirent à la même corde.

Même son de cloche du côté de l'Union patronale suisse (UPS): «Nous n'avancerons sur ce dossier qu'à condition que les différents acteurs collaborent plus étroitement,» a indiqué le porte-parole de l'association Fredy Greuter. Et de préciser qu'il serait particulièrement constructif que les partis bourgeois élaborent une solution conjointe. L'UPS se dit prête à jouer les facilitatrices.

Du côté d'economiesuisse aussi, on envisage de jouer un rôle actif dans la «mise à plat des enjeux» afin de «trouver une ligne qui convienne aux uns et aux autres», note Cristina Gaggini. Si elle ne souhaite «encore rien dire» au sujet de la stratégie concrète qu'adoptera son organisation, la responsable précise que cette démarche concernera aussi bien le camp bourgeois (PBD et Vert'libéraux compris) que la gauche.

Signaux positifs du côté de l'UDC

Pour mémoire, diverses organisations économiques (dont economiesuisse et l'UPS) ont proposé en janvier dernier une solution à trois piliers afin de mettre en oeuvre l'initiative anti-immigration. Le premier de ces piliers est une clause de protection dans la loi d'application, qui prévoit que la libre circulation s'opère pleinement jusqu'à ce que le solde migratoire ait atteint un plafond (encore à définir).

Le sort réservé par le Conseil fédéral à cette proposition ne devrait pas tarder à être connu, se réjouit Cristina Gaggini. Les sept sages doivent en effet débattre dans les prochaines semaines de la loi d'application du texte de l'UDC, qu'ils transmettront ensuite au législatif.

«Nous allons intensifier nos efforts afin que le nouveau Parlement rejoigne notre cause», poursuit la directrice romande d'economiesuisse. Seul parti à afficher ouvertement son soutien à un deuxième siège UDC au gouvernement tout en défendant la cause de la libre circulation, le PLR constituera «un allié naturel» dans cette mission.

Du côté de l'UDC, «plusieurs élus ont indiqué récemment qu'ils avaient un problème avec l'immigration et non pas avec les bilatérales en soi.» Cristina Gaggini y voit «un signal positif».

ats

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