Le groupe d’experts sur les Panama Papers vole en éclats

BlanchimentL’expert suisse Mark Pieth et le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz claquent la porte du groupe de travail mis en place par le président du Panama, en réaction à la série de publications au mois d’avril.

Le chef du gouvernement de Panama avait confié la direction des travaux à Joseph Stieglitz, prix Nobel d’économie. Mais ce dernier, ainsi que le Suisse Mark Pieth, ont décidé ce vendredi 5 août de quitter avec effet immédiat le groupe d’experts.

Le chef du gouvernement de Panama avait confié la direction des travaux à Joseph Stieglitz, prix Nobel d’économie. Mais ce dernier, ainsi que le Suisse Mark Pieth, ont décidé ce vendredi 5 août de quitter avec effet immédiat le groupe d’experts. Image: Keystone

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Le 3 avril, plus de 100 médias du monde entier, dont La Tribune de Genève et Le Matin Dimanche, débutaient une série de révélations sur des pratiques de blanchiment d’argent d’une société de domiciliation panaméenne. Ils se basaient notamment sur une fuite de plus de 11,5 millions de documents. Quelques jours plus tard, face à la pression internationale, le président de la République du Panama Juan Carlos Varela a mis en place un groupe d’experts renommés. Ils devaient émettre des recommandations permettant d’éviter qu’à l’avenir, le Panama ne soit utilisé pour des opérations illégales.

Le chef du gouvernement avait confié la direction de ces travaux à Joseph Stieglitz, prix Nobel d’économie. Mais ce dernier, ainsi que le Suisse Mark Pieth, ont décidé ce vendredi 5 août de quitter avec effet immédiat le groupe d’experts.

"Pieth et Stiglitz étaient inquiets d’une lettre de la haut fonctionnaire des affaires étrangères du Panama, Farah Urruthia”, peut-on lire dans une prise de position des deux hommes. Dans cette lettre, le gouvernement aurait souligné qu’il décidait seul quelles recommandations il rendrait publiques et quand il le ferait.

Les deux hommes ont immédiatement rétorqué qu’il s’agissait là de censure. Dans leur prise de position, ils expliquent qu’ils ont constamment réclamé davantage de transparence, qu’ils jugent essentielle. Les standards financiers internationaux vont aussi dans cette direction. Selon Joseph Stiglitz et Mark Pieth, il est inimaginable qu’un groupe, mis en place pour créer davantage de transparence, ne soit pas lui-même transparent.

“Pour nous, il était toujours clair que le résultat de notre travail devait être rendu public. Mais à la fin juillet, nous avons reçu une lettre assez grossière nous expliquant que seul le président panaméen pouvait décider de qu’il en serait”, raconte Mark Pieth.

Selon le Bâlois, le groupe s’est par exemple penché sur la raison même pour laquelle le Panama devait continuer ou non à avoir une industrie offshore, ou sur la nécessité, pour le Panama, de rendre public les noms des bénéficiaires économiques des sociétés boîtes aux lettres, en application des standards internationaux. “Je suppose que ce genre de propositions ont recueilli peu de sympathie de la part du gouvernement et de la place financière à Panama. Ce dernier voulait que nous publions uniquement ce qui aiderait le pays.” Inacceptable pour les deux hommes. (24 heures)

Créé: 05.08.2016, 20h41

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