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Juncker veut «remettre l'Europe au travail»

Le président de La Commission européenne a annoncé un plan de «grands travaux» afin de relancer la croissance.

Il veut créer un nouveau «fonds européen pour l'investissement stratégique».
Il veut créer un nouveau «fonds européen pour l'investissement stratégique».

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dévoilé ce mercredi 26 novembre un plan destiné à mobiliser 315 milliards d'euros (près de 380 milliards de francs) pour les investissements afin de relancer la croissance. Mais le projet phare de son mandat doit encore faire ses preuves.

«Il est temps de lancer les grands travaux et de remettre l'Europe au travail. Nous n'avons pas besoin d'argent frais, mais besoin d'un nouveau départ et de nouveaux investissements», a affirmé jean-Claude Juncker devant le Parlement européen, où il a annoncé la création d'un «Fonds européen pour l'investissement stratégique».

Son plan s'appuiera sur une partie du budget européen et sur la Banque européenne d'investissement (BEI), le bras financier de l'UE, qui doivent apporter 21 milliards d'euros en garanties, pour attirer des investisseurs privés. Mais il ne sera pas alimenté par des contributions directes des Etats membres, au grand dam de ses détracteurs.

Berlin à la rescousse

«Nous devons être conscients que nous avons une communauté de destins, cela implique de la solidarité avec tout le monde», a plaidé en allemand Jean-Claude Juncker. Et pour encourager les Etats membres à abonder le nouveau fonds, la Commission européenne propose que les sommes versées ne soient pas comptabilisées dans le calcul de leur déficit.

«Un certain nombre de gouvernements, surtout ceux qui ont des marges de manœuvre budgétaires, seront au rendez-vous», a-t-il ajouté devant la presse. La chancelière allemande, Angela Merkel, a d'ores et déjà applaudi des deux mains ce plan, a souligné Juncker.

La chancelière a toutefois laissé entendre qu'il ne fallait pas trop espérer. A la fin de la semaine, le Bundestag doit voter le projet de budget 2015, qui prévoit des finances publiques à l'équilibre au niveau fédéral pour la première fois depuis 1969, «et cela vaudra aussi pour les années suivantes». Berlin a cependant fait un geste récemment en annonçant des investissements publics supplémentaires de 10 milliards d'euros d'ici 2018.

Attirer les investisseurs privés

Le dispositif repose sur de l'ingénierie financière. Les 21 milliards d'euros du fonds doivent servir «d'amortisseur de risque» afin d'attirer, en leur offrant une garantie solide, des ressources privées.

Par un effet multiplicateur de 15, cette somme de départ devrait permettre de mobiliser au total 315 milliards d'euros. L'idée est que le fonds soutienne des projets plus risqués que ceux défendus actuellement par la BEI.

«Pas une baguette magique»

Mais beaucoup jugent ce pari irréaliste. «La Commission semble s'appuyer sur un miracle comme la multiplication des pains», a dénoncé la Confédération européenne des syndicats. «C'est un programme d'investissement, pas une baguette magique», a estimé Jyrki Katainen, le commissaire en charge de la Croissance et de l'Emploi, qui a aussi appelé à poursuivre les réformes dans les Etats membres.

Pour faire taire les critiques, Jean-Claude Juncker a appelé à «un soutien politique» fort de façon à rendre le fonds opérationnel d'ici juin 2015. «S'il fonctionne, et il fonctionnera, il sera reconduit pour les années 2018, 2019, 2020», a-t-il assuré.

A Bruxelles, on table sur 330 à 410 milliards d'euros en plus au PIB européen, et 1 à 1,3 million d'emplois au cours des trois prochaines années.

Pas de quota par Etat

Les projets financés seront choisis parmi une liste soumise par les Etats membres, mais il n'y aura pas de quota par Etat. C'est un comité d'experts qui sera chargé de faire le tri.

Les infrastructures stratégiques, comme le numérique ou l'énergie, mais aussi les transports, l'éducation, la recherche et l'innovation seront privilégiés. Une partie du dispositif, à hauteur de 75 milliards d'euros, sera réservée aux PME.

Près de 700 milliards d'euros de projets sont déjà sur la table de la Commission européenne, a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

(ats)

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