Mirabaud veut s’étendre en Europe

BanqueLe groupe bancaire genevois cible notamment la Grande-Bretagne. Dans un premier temps.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Après Pictet et Lombard Odier, Mirabaud publie à son tour ses principaux chiffres pour 2015. Un exercice auquel se prêtent les banquiers privés genevois depuis que les principaux d’entre eux ont choisi de changer leur structure juridique en société anonyme. Malgré un contexte peu favorable, marqué par les taux négatifs introduits par la BNS, Mirabaud a pu légèrement augmenter ses actifs sous gestion par rapport à 2014 : ceux-ci sont passés de 32,7 à 32,8 milliards de francs (lire notre graphique).

Ses revenus sont restés stables, et ses charges ont légèrement progressé, passant de 243 à 250 millions de francs. Le bénéfice net de Mirabaud a baissé de 16% pour se situer à 27,1 millions de francs. Et les commissions ont diminué de 8%, à 226,9 millions de francs. « Cette baisse de volumes d’affaires est liée à la diminution des commissions provenant de nos activités de courtage en particulier dans le secteur énergétique, détaille Antonio Palma, associé gérant de Mirabaud. Nous avons développé une activité importante d’intermédiation financière – surtout à Londres – dans le domaine du pétrole et du gaz. Les importantes chutes des prix intervenues l’an dernier ont eu des conséquences drastiques sur ce marché. Malgré ces baisses, nous avons décidé de garder nos compétences et nos effectifs car nous pensons que ces activités vont se rétablir ».

Les dirigeants du groupe financier genevois veulent surtout s’étendre dans les marchés européens. «Nous songeons à développer nos activités de banque privée en Grande-Bretagne, sur le modèle suivi en France et en Espagne, résume Antonio Palma. Dans ces deux pays, nous avons obtenu une licence bancaire pour les succursales de notre entité du Luxembourg ». Cette société - Mirabaud & Cie (Europe) SA) – est la tête de pont du groupe pour mieux exploiter les grands marchés européens. A noter que Mirabaud est présent sur le marché britannique depuis 1990, avec deux entités qui sont notamment spécialisées dans l’asset management et le courtage pour entreprises et investisseurs professionnels.

Pour Lionel Aeschlimann, associé gérant de la banque, « nous pourrions aussi faire de même dans deux autres marchés européens importants, l’Allemagne et l’Italie. Dans ce dernier pays, nous venons d’ailleurs d’ouvrir, à Milan, un bureau de représentation pour nos activités d’asset management à destination d’une clientèle institutionnelle».

«Notre implantation en Espagne, en 2010, avait suscité des interrogations de la part de certains observateurs, souligne encore Lionel Aeschlimann . Mais nous pouvons dire aujourd’hui que le risque s’est avéré payant. Après Madrid et Barcelone, nous avons ouvert des bureaux à Valence et, en 2014, à Séville. Nos activités s’y déroulent de manière très satisfaisante. Nous apprécions la culture locale. Tout comme en France, d’où proviennent nos racines.»

Les projets d’expansion européenne s’expliquent en raison d’un accès libre et total au marché toujours fermé pour les sociétés helvétiques comparables à Mirabaud. «Si les accords bilatéraux avec l’Union européenne, premier marché de la Suisse, concernent la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux, rien n’est prévu s’agissant des services, rappelle Lionel Aeschlimann. Cela handicape des sociétés suisses comme la nôtre. Nous sommes alors obligés de développer une stratégie européenne, à partir de notre siège européen, basé au Luxembourg. Nous ne pouvons toujours pas vendre nos services financiers depuis Genève ou Zurich. Imaginons deux secondes que l’industrie horlogère ne pourrait pas écouler en Europe ses montres fabriquées en Suisse!»

Quant à la marche des affaires en ce début d’année, elle est satisfaisante. «De janvier à aujourd’hui, nos affaires se déroulent mieux que la moyenne de l’année passée, résume Antonio Palma. Après le choc du 15 janvier, dû à la décision de la BNS, la première moitié de l’année s’était relativement bien passée, mais la situation s’est ensuite dégradée durant la seconde moitié de 2015».

Sur les 700 emplois du groupe financier, la très grande majorité (environ 500) concerne le Wealth Management (gestion de fortune privée). Une centaine de collaborateurs sont rattachés à l’asset management et 100 autres s’occupent d’intermédiation financière. Près de la moitié de l’effectif (340 personnes) est basée à Genève, Londres regroupant 120 professionnels tout comme les trois principaux pays européens où Mirabaud est présent (Luxembourg, France et Espagne). (24 heures)

Créé: 23.03.2016, 11h10

«Nous songeons à développer nos activités de banque privée en Grande-Bretagne, sur le modèle suivi en France et en Espagne», résume Antonio Palma, associé gérant de Mirabaud.

«Si les accords bilatéraux avec l’Union européenne, premier marché de la Suisse, concernent la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux, rien n’est prévu s’agissant des services», rappelle Lionel Aeschlimann, associé gérant de Mirabaud.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.