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Crise de la detteL'Allemagne plus à l'abri d'une perte de son triple A

Moody's a annoncé lundi qu'elle abaisse de «stable» à «négative» la perspective de l'Allemagne, et également des Pays-Bas et du Luxembourg.

Les bons élèves européens, comme l'Allemagne, n'ont pas échappé à la mise sous «surveillance négative» de Moody's à cause de l'instabilité croissante.
Les bons élèves européens, comme l'Allemagne, n'ont pas échappé à la mise sous «surveillance négative» de Moody's à cause de l'instabilité croissante.
Keystone

L'agence de notation financière Moody's n'exclut plus de retirer à l'Allemagne, première économie en Europe, le fameux «triple A» reflétant sa solidité financière. En cause: «l'incertitude croissante» qui entoure la crise de la dette en zone euro.

Moody's a annoncé lundi qu'elle abaisse de «stable» à «négative» la perspective de l'Allemagne mais également des Pays-Bas et du Luxembourg. Ces trois pays jouissent de la note Aaa, la meilleure possible, censée leur permettre d'emprunter à moindre coût sur les marchés financiers.

Le ministère allemand des Finances a aussitôt réagi dans un communiqué en clamant que Berlin continuerait d'être une «ancre de stabilité» dans la zone euro. «L'Allemagne va tout faire avec ses partenaires pour surmonter le plus rapidement possible la crise de la dette européenne», a ajouté le ministère.

L'agence Moody's a également indiqué qu'elle réexaminera «à la fin du troisième trimestre» le triple A accordé à la France et l'Autriche. Elle avait placé ces deux pays sous perspective négative en février.

«Impact plus large»

Concrètement, le placement sous perspective négative signifie que l'agence n'exclut pas un abaissement de la note souveraine en cas de dégradation de la situation.

Même si elle n'en fait pas son «scénario de travail», l'agence justifie tout d'abord sa décision par «la probabilité de plus en plus forte d'une sortie de la Grèce de l'euro». Elle évoque l'»impact plus large» qu'un tel événement aurait sur des pays déjà exsangues (Espagne, Italie) et sur l'ensemble de la zone euro.

Finlande épargnée

Quel que soit le sort de la Grèce, Moody's s'inquiète surtout de la «probabilité de plus en plus forte» que l'Union européenne (UE) soit contrainte d'aider à nouveau d'autres Etats de la zone euro. Elle craint que ce «fardeau» ne pèse surtout sur les pays les plus solides de la zone.

«Etant donné leur plus grande capacité à absorber le coût lié à cette aide, ce fardeau devrait principalement peser sur les Etats les mieux notés (financièrement, ndlr) de la zone euro», écrit l'agence.

Au total, six pays de cette région bénéficient encore d'un «triple A» accordé par Moody's mais seule la Finlande jouit encore d'une «perspective stable». L'agence a confirmée ce point lundi, en soulignant la faible exposition de l'économie et du système bancaire finlandais aux vicissitudes européennes.

Notes souveraines

Mi-juillet, Moody's avait dégradé de deux crans, de A3 à Baa2, la note de solvabilité de l'Italie, évoquant déjà un risque de «contagion» de la crise de la zone euro. La décision avait suscité de nombreuses protestations à Rome mais aussi au sein de l'UE.

La dégradation des notes souveraines n'est pas toujours suivie d'effets sur les marchés. Ainsi, en août 2011, l'agence Standard and Poor's, l'une des trois à dominer le marché mondial de la notation, avait retiré son triple A aux Etats-Unis qui empruntent pourtant aujourd'hui à des taux historiquement bas sur les marchés financiers.

ats/afp

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