Pargesa, un empire qui gère en toute discrétion des milliards

Fond d’investissementDepuis la Vieille-Ville de Genève, cette société financière détient des parts dans le capital de plusieurs géants industriels.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Total, LafargeHolcim, Engie (ex- Suez Environnement) ou encore la SGS sont quelques exemples de fleurons industriels dont une partie du capital est en mains de la holding Pargesa SA (voir infographie). A l’origine de cette société financière particulièrement discrète et brassant des milliards: l’alliance de deux grandes familles richissimes. D’un côté, les Desmarais, des Canadiens dont la fortune est évaluée à 4,4 milliards de dollars par Forbes et, de l’autre, la famille belge Frère, également réputée comme étant l’une des plus riches du Plat Pays (4,8 milliards, toujours selon Forbes).

Deux familles inséparables

Pour mémoire, les premiers liens entre les deux dynasties remontent à 1979. Ils s’illustrent une première fois dans le sillage de la nationalisation, – orchestrée par l’administration mitterrandienne –, de la Banque de Paris et des Pays-Bas (Paribas, aujourd’hui intégrée à BNP-Paribas). Paul Desmarais et Albert Frère avaient alors aidé l’établissement bancaire à mettre une partie de ses actifs à l’abri.

Depuis, les deux familles sont inséparables. Il y a deux ans, elles reconduisaient même leur partenariat jusqu’en 2029. «En tant que famille, nous visons le long terme, répondait alors dans nos pages Paul Desmarais fils, président du conseil d’administration de Pargesa. Nous ne sommes pas pressés par le temps. Il y a dix-huit ans, j’ai pris, avec mon frère, la place de mon père, qui est décédé l’an dernier. Mon fils, âgé de 31 ans, ainsi que son cousin reprendront un jour ma place et celle de mon frère. Avec la famille Frère, notre alliée depuis trente ans, nous avons organisé ces successions sur des décennies.»

Le règne des Desmarais

Si la famille Desmarais entretient de bonnes relations avec d’autres grandes dynasties industrielles (Dassault, Peugeot ou encore Rothschild), celles développées avec leurs alliés belges semblent d’une force supérieure. Il faut dire que, comme Albert Frère, Paul Desmarais s’est construit seul en remettant dès 1951 sur les rails l’entreprise de transport par autobus de son paternel, alors à deux doigts de la faillite.

Aujourd’hui, il est à la tête de Power Corporation, un groupe qui pèse lourd dans l’économie canadienne. Divisé entre holding d’investissements et groupe de médias, cette société gère, directement ou indirectement, des activités pesant 525 milliards de dollars au Canada, aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.

Contrairement aux résultats stables présentés par Pargesa (lire ci-contre), Power Corporation a bouclé l’année dernière sur des résultats record et cela malgré un quatrième trimestre jugé décevant par certains analystes.

Investir dans la presse

Les Desmarais sont notamment derrière le bouleversement que subit le monde de la presse écrite à Montréal, puisque leur titre phare, La Presse, a presque totalement abandonné le papier pour une version unique pour iPad. Baptisée La Presse +, cette application 100% gratuite est sans commune mesure avec tout ce qui se fait actuellement dans ce domaine.

Cette transition, qui aura nécessité quelque 40 millions d’investissements, ne s’est toutefois pas faite sans sacrifices puisqu’en plus de céder l’ensemble de ses autres titres, le quotidien annonçait la suppression de quelque 160 postes de travail à la fin de l’année dernière. «Le changement de notre modèle d’affaires vient inévitablement modifier nos besoins en main-d’œuvre», se justifiait alors son président et éditeur, Guy Crevier.

En début d’année, l’éditeur faisait toutefois part d’une audience record. «Au total, c’est désormais plus de 580 000 personnes (ndlr: pour un tirage papier d’environ 200 000 exemplaires) qui consultent nos contenus d’information interactifs sur leur tablette chaque semaine», donnait-il pour exemple.

Reste que la rentabilité de ce modèle est sujette à caution. Sans pour autant en estimer le rôle réel, un professeur de l’Université du Québec considérait, dans la presse canadienne, que le quotidien était englobé dans un groupe de sociétés qui aurait fait perdre 221 millions de dollars canadiens à Power Corporation et cela depuis l’introduction de La Presse +.

Créé: 29.03.2016, 08h04

Une année stable pour Pargesa

Il y a une dizaine de jours, Pargesa dévoilait avoir réalisé en 2015 un résultat net quasi stable, à 638,2 millions de francs (+0,2%), après la prise en compte d’un résultat non courant. Quant au résultat net consolidé, il a lui reculé d’environ 8% sur un an, à 1,28 milliard. Malgré cette stabilité, la société en participation, gérée en grande partie depuis Genève, prévoit de proposer le versement à ses actionnaires d’un dividende en hausse de 4,8%, à 2fr.?38.

Pargesa indiquait encore dans son communiqué que, pour la période sous revue, le résultat opérationnel s’est tassé à 1,12 milliard contre 1,28 milliard il y a un an. En outre, le produit d’exploitation a diminué à 4,77 contre 4,85 milliards un an plus tôt.

A noter enfin que le conseil proposera à l’assemblée générale ordinaire du 3 mai 2016 d’élire comme administrateur pour une durée d’un an l’avocat Jean-Luc Herbez. O.W./AWP

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.