Les Russes de Suisse jouent la discrétion

Prix de l’entrepreneuriatSur fond de tensions avec la mère patrie, la communauté russophone établie en Suisse fait l'événement à Lausanne. Mais de façon discrète.

Si certains candidats se sont retirés de la course en cours de route, Serguei Okhonin (à dr.), CEO d’ActLight, est allé jusqu’au bout et a remporté le prix de l’entrepreneuriat russophone en 2015

Si certains candidats se sont retirés de la course en cours de route, Serguei Okhonin (à dr.), CEO d’ActLight, est allé jusqu’au bout et a remporté le prix de l’entrepreneuriat russophone en 2015

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Mieux vaut parler d’une soirée multiculturelle que simplement russophone», précise Olivier Mancassola, patron des éditions éponyme et organisateur jeudi soir d’un événement au Beau-Rivage Palace de Lausanne. Sur fond de tensions avec la mère patrie, la communauté russophone cherche actuellement à être discrète.

Hier, sur les quelque 400 convives invités au prix de l’entrepreneuriat russophone (Favorit Entrepreneurship Award 2015), seulement 60% des convives avaient véritablement un lien avec la Russie. Quant aux sociétés candidates à la récompense, sur les vingt à s’inscrire au départ, six ont préféré se retirer de la course en cours de route. «La plupart m’ont annoncé qu’elles repostuleront une fois que les choses se seront tassées avec la Russie», promet Olivier Mancassola.

Finalement c’est ActLight, une petite start-up installée au parc de l’innovation de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui a été primée jeudi soir. La jeune pousse, qui emploie six personnes, a été fondée par Fredrik Uddegard et Serguei Okhonin en 2011. «J’ai la double nationalité suisse et russe», précise le second, qui vit depuis vingt ans en Suisse et qui n’écarte pas l’idée de parvenir à faire un jour affaire avec sa nation d’origine.

Communauté en croissance

Pour le moment, si le temps est à l’apaisement des tensions entre les pays occidentaux et la Russie, il n’en reste pas moins que l’année aura été particulièrement rude pour cette communauté installée en Suisse et marquée notamment par le départ de certaines grosses fortunes. Elle le fut d’autant plus pour les entreprises faisant affaire avec la Russie.

«Chute du rouble, franc fort et interdiction pour les hauts dirigeants et autres fonctionnaires russes d’envoyer leurs adolescents étudier hors du pays, les difficultés sont nombreuses», confirme Jelena Gaszanova, directrice du Geneva Academic Center. Cette université privée, destinée à la jeunesse d’origine russe, boucle son exercice annuel sur un bilan fortement mitigé. «De la petite enfance jusqu’à l’âge de 14 ans, le nombre de nouveaux continue d’augmenter avec une cinquantaine d’inscriptions cette année (pour un total d’environ 400 élèves), détaille la femme entrepreneur. Au-delà de cet âge, l’année a été catastrophique.»

Mais concrètement, la tendance reste favorable au développement de cette communauté. Selon la sixième édition du guide Favorit, destiné à un lectorat lisant le russe, en dix-huit mois le nombre de résidents russophones est passé d’environ 26 000 à 40 000 personnes. «En recherche de stabilité politique et économique, cette population souhaite s’installer en Suisse et non plus seulement venir y faire des affaires durant quelques mois», précise Olivier Mancassola, satisfait de cette édition 2015 du Favorit Entrepreneurship Award.

Créé: 12.12.2015, 12h46

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.