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L'Argentine risque le défaut de paiement

Le compte à rebours pour éviter un défaut de paiement de l'Argentine a été déclenché lundi sur fond de bras de fer avec des fonds «vautours» remontant à la crise économique de 2001.

le premier ministre Jorge Capitanich s'est insurgé contre la décision du juge new-yorkais.
le premier ministre Jorge Capitanich s'est insurgé contre la décision du juge new-yorkais.
Keystone

L'Argentine risque de se retrouver en défaut de paiement si elle ne parvient pas d'ici fin juillet à un accord avec des fonds spéculatifs avec qui elle négocie depuis la semaine dernière à New York, sous l'égide d'un médiateur.

Jeudi, Buenos Aires a effectué un versement d'un peu plus d'un milliard de dollars (875 millions de francs), destiné aux créanciers restructurés (93% des détenteurs de titres) et normalement due au 30 juin.

Un juge américain qui suit le dossier, Thomas Griesa, a toutefois ordonné la restitution aux autorités argentines de la somme déposée, mettant en avant que le pays sud-américain devait préalablement solder le litige avec les fonds NML Capital et Aurelius Management.

Délai d'un mois

«Quand un pays paie et assume ses obligations financières, un juge ne peut pas venir altérer la relation contractuelle entre les deux parties (...). Les fonds ont été déposés comme il se doit pour être mis à disposition des créanciers qui ont adhéré volontairement à l'échange de dette», s'est insurgé lundi le chef du gouvernement argentin, Jorge Capitanich.

La date butoir pour le paiement est théoriquement ce lundi mais si le payeur démontre une volonté de payer, il obtient généralement un délai d'un mois.

Le 16 juin, la Cour suprême américaine a donné gain de cause à NML Capital et Aurelius Management, qui réclament le remboursement - à leur valeur initiale - des titres de dette argentine qu'ils ont rachetés à prix cassés lors de la faillite du pays, soit 1,33 milliard de dollars.

En cascade

L'Argentine traîne des pieds pour signer le chèque car elle redoute que ce règlement fasse boules de neige et que les autres 'holdouts' (fonds ayant refusé les restructurations de la dette argentine) exigent le même traitement.

Ce serait alors 15 milliards de dollars supplémentaires que devrait payer l'Argentine, un remboursement aussi important serait impossible à l'heure où la banque centrale d'Argentine ne dispose que de 28,5 milliards de réserves en dollars, sur fond de déficit énergétique et d'amorce de récession économique.

En position de force après leur succès judiciaire, les fonds ont fait savoir à Buenos Aires qu'ils accepteraient un paiement en bons du trésor. «Si dans un mois il n'y a pas d'accord avec les 'holdouts' la situation deviendra extrêmement difficile», a estimé Daniel Marx, responsable de la société de consultants Quantum Finanzas.

Le Conseil permanent de l'Organisation des Etats Américains (OEA), basée à Washington, devait se réunir d'urgence ce lundi à la demande de l'Argentine pour faire un point de la situation. Ce litige autour de la dette argentine pourrait menacer des futures restructurations de dette publique en incitant les créanciers à refuser tout compromis avec les Etats.

Le Fonds monétaire international (FMI) s'est dit ainsi «inquiet de potentielles implications plus vastes pour l'ensemble du système».

«Le gouvernement argentin cherche à trouver un accord avec les fonds vautours, mais sans mettre en œuvre la clause Rufo (Rights upon futur offers: le droit pour tout créancier à bénéficier de la meilleure offre)», a dit Javier Gonzalez Fraga, ancien directeur de la Banque centrale argentine.

En faillite

En décembre 2001, l'Argentine s'est déclarée en faillite, asphyxiée par la dette contractée depuis les années 1970 et ses intérêts. Le pays a accusé le FMI et la Banque mondiale d'avoir précipité sa perte et imposé aux créanciers deux restructurations, en 2005 et 2010, et une décote d'environ 70%.

Pour permettre à l'Argentine de se redresser, 93% des détenteurs de dette argentine ont obtempéré. Mais le restant des investisseurs, environ 7% dont NML et Aurelius, s'y est refusé. Grâce aux revenus des exportations agricoles, notamment de soja, l'Argentine a jusqu'ici réglé en temps et en heure ses échéances.

«L'Argentine doit cesser d'être dans l'affrontement avec le juge Griesa et comprendre qu'elle doit discuter et trouver un accord avec les fonds qui ont gagné en justice (...) Elle n'a pas d'autre option que de payer pour éviter un défaut», estime l'économiste argentin Nicolas Dujovne.

«Le problème avec ce gouvernement, c'est qu'on ne sait jamais ce qu'il va faire», estime un cadre de Moody's, Gabriel Torres.

(ats)

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