Arrêt du dernier Moulin de Cossonay

MeunerieGroupe Minoteries doit mettre fin à plus de 500 ans d’histoire de meunerie suisse.

Le siège de Groupe Minoteries à Granges-près-Marnand (VD.

Le siège de Groupe Minoteries à Granges-près-Marnand (VD. Image: Jean-Paul Guinnard

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Il y a trois ans, Groupe Minoteries annonçait encore avec fierté la reprise, à la multinationale agroalimentaire américaine Cargill, des Grands Moulins de Cossonay à Penthalaz (VD). Avec une part de marché autour de 6%, ils étaient présentés comme l’un des principaux et des plus anciens meuniers suisses, dont l’histoire remonte jusqu’à 1494.

On imagine la consternation mardi matin aux Grands Moulins de Cossonay. Marc Müller a annoncé tôt en matinée aux 15 meuniers encore en fonction la fermeture de leur moulin. Et qu’ils allaient devoir exercer leur art d’ici à juin prochain 40 kilomètres plus loin, au moulin de Granges-près-Marnand, où des investissements qui se comptent en millions de francs ont été consentis pour élargir les capacités. «Les 15 autres personnes attachées à la logistique continueront de travailler aux centres de collectes et aux silos qui seront maintenus à Penthalaz et à Orbe», explique encore le directeur de Groupe Minoteries, le plus important meunier suisse de blé tendre (panifiable), avec Swissmill de Coop (lire ci-dessous).

Deux emplois ont été perdus dans la concentration de l’administration au siège du groupe. Malgré tout, la raison sociale Grands Moulins de Cossonay sera maintenue et une réaffectation du site de Penthalaz va être mise en route.

Mieux utiliser les capacités

Alors, cet achat a-t-il été mal pensé? «Non», se défend le directeur du groupe de meunerie coté à la Bourse suisse, du reste fondé à Plainpalais, à Genève, en 1885. «A l’époque, nous avons dû acheter ce moulin pour empêcher qu’un concurrent suisse ou étranger ne le fasse à notre place.»

Et Marc Müller de poursuivre: «Le moulin de Cossonay/Penthalaz ne fonctionne plus qu’à 50% de ses capacités. En le fermant, les deux autres grands moulins que nous avons encore pour le blé tendre à Granges-près-Marnand et à Goldach (Saint-Gall) verront leur taux d’utilisation passer de 76% en 2015, à 90% en 2017.»

Un taux d’utilisation des capacités de près de 90% «est vital pour notre entreprise car, sinon, nous n’arrivons pas à faire face pour couvrir des frais fixes très élevés dans un contexte où toujours davantage d’articles de boulangerie arrivent de l’étranger directement en Suisse et n’y sont plus fabriqués (ndlr: lire notre édition des 9 et 10 avril)».

Vaud suit le Valais

Ce phénomène de concentration des moulins en Suisse romande ne date pas d’hier. Dernier important mouvement en date, Groupe Minoteries annonçait il y a un an la fermeture des Moulins de Sion SA. Le groupe vaudois décidait de concentrer ses capacités valaisannes chez son ancien concurrent, les Moulins du Rhône SA à Naters, contre Brigue, en échange d’une montée dans son capital à hauteur de 30% (avec option de l’acheter entièrement d’ici à 2020).

Créé: 12.04.2016, 21h12

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Le gratte-ciel silo de Zurich est terminé

Fin mars, Coop a terminé la surélévation du silo de sa filiale Swissmill à Zurich, le plus important meunier suisse toutes catégories de farines confondues. Sa spécificité? En passant de 48 à 118 mètres, le silo de Swissmill devient le troisième bâtiment le plus haut de Suisse derrière la nouvelle tour de Roche à Bâle (175 mètres) et la Prime Tower de Zurich (126 mètres). Il entrera en fonction en septembre 2016 et permettra de moudre quelque 200 000 tonnes de grains par an. Swissmill fabrique en un unique lieu 30% des besoins en farine des Suisses, l’équivalent de la production des cinq moulins du Groupe Minoteries répartis dans tout le pays.

Des trains entiers de marchandises traversent toujours à intervalles réguliers le centre de Zurich, en dessous du Hardbrücke, pour amener le grain au moulin situé au bord de la Limmat. A 58,3% de «oui», les Zurichois avaient accepté début 2011 ce gratte-ciel silo. L’argument du maintien d’une forte présence industrielle au centre-ville avait porté. Car autrement, l’avenir de Swissmill à Zurich aurait été compromis, comme l’a été celui des Minoteries de Plainpalais, au bord de l’Arve. Elles n’existent plus.

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