L’assurance suisse perce dans l’Union européenne

HarmonisationDepuis le 1er janvier, la régulation suisse des assurances est jugée équivalente par l’UE. La situation des banques contraste.

Evolution des recettes brutes des réassureurs suisses (volume de primes brutes, en milliards de francs).

Evolution des recettes brutes des réassureurs suisses (volume de primes brutes, en milliards de francs). Image: GL. SOURCE: ASA/RAPPORT DE L’OFAP 1996 - 2007, DÈS 2008 FINMA

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Passée complètement inaperçue, les assurances suisses ont réalisé une percée estimée «décisive» en Europe. Une avancée qui tranche singulièrement avec l’enlisement des banques helvétiques sur le Vieux-Continent.

Depuis le 1er janvier 2016, l’Union européenne (UE) reconnaît comme équivalents la réglementation et la surveillance suisse des assurances helvétiques. Et l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) comme l’organe compétent pour exercer une surveillance globale sur ces dernières.

Réduction des coûts

«La reconnaissance de l’équivalence du régime de surveillance suisse par l’UE a une portée décisive», expliquait vendredi Lutz Wilhelmy, responsable des affaires internationales auprès du groupe suisse Swiss Re, deuxième plus important réassureur mondial. «Pour nous, le plus important, c’est que la surveillance des grands groupes d’assurance suisses soit reconnue comme équivalente, cela réduit les coûts en évitant qu’elle soit menée à double», poursuit le spécialiste de la multinationale zurichoise. «Ce n’est pas que cette reconnaissance va nous permettre d’augmenter notre chiffre d’affaires en Europe – nous y sommes déjà bien présents – mais en cas de non-équivalence, le risque aurait été une baisse des recettes à cause d’une hausse des coûts», ajoute ce dernier.

Du côté de l’Association suisse d’assurance (ASA), la porte-parole Sabine Alder parle «d’un grand pas en avant» pour des assureurs suisses qui peuvent se battre à armes égales avec leurs consœurs européennes. Au sein de l’association, on regrette cependant que les prescriptions helvétiques en matières de capitaux propres restent plus exigeantes qu’en Europe, ce qui fausse la concurrence. «Un des grands avantages de cette reconnaissance d’équivalence, c’est qu’un assureur ayant une filiale en Europe ne doit plus passer de test de solvabilité européen pour tout le groupe, le test suisse suffit», poursuit Sabine Alder.

Ainsi Swiss Re, mais aussi Zurich Ins., Swiss Life, Bâloise et Helvetia profiteront de cet allégement. L’équivalence aura, en retour, un impact sur les filiales des assureurs étrangers en Suisse, comme Axa Winterthur ou l’italien Generali. Ces derniers n’auront pas besoin de passer deux tests.

Pour les réassureurs suisses qui avaient déjà un accès direct au marché européen sans y détenir une filiale, certaines discriminations sont en outre levées (comme des demandes de dépôts). Reste que les assurances directes (comme les assurances vie), n’ont toujours pas la possibilité de démarcher des clients d’un pays européen sans y ouvrir une filiale. «Cet élément n’est pas trop gênant, car une assurance auto ou de responsabilité civile est de toute façon habituellement signée sur place», expliquait, il y a quelques semaines, Mario Tuor, le responsable de la communication auprès du Secrétariat d’Etat aux questions financières internationales (SFI).

Contraste avec la banque

Du côté des banques, on est loin du compte, «car les textes de loi d’infrastructure financière (comme la LSFin et la LEFin) qui pourraient être reconnus comme équivalents par l’UE ne sont pas encore votés», précise Daniela Flückiger, porte-parole de l’Association suisse des banquiers (Swissbanking).

«Un accès simplifié des banques suisses au marché européen n’existe que pour l’Allemagne depuis l’été 2015, et dans une certaine mesure avec l’Autriche et le Royaume-Uni», indiquait il y a peu Mario Tuor. De son côté, la porte-parole de Swissbanking indique que «les discussions exploratoires avec la France et l’Italie n’avancent pas vraiment à cause de l’initiative «Contre l’immigration de masse».

Créé: 18.01.2016, 07h36

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.