L’atterrissage en douceur de l’économie suisse

ConjonctureLes économistes revoient à la baisse leurs prévisions de croissance pour la Suisse.

Croissance annuelle moyenne attendue sur cinq ans.

Croissance annuelle moyenne attendue sur cinq ans. Image: DR

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C’est comme s’ils se passaient le mot. Après le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), la Banque nationale suisse ou encore l’institut conjoncturel KOF, voici qu’EconomieSuisse a aussi abaissé ses prévisions conjoncturelles pour la Suisse. Contrairement à une croissance de 2,3% en 2014, et de 2,0% en 2015, cette fédération d’entreprises a dit hier s’attendre à un accroissement de la richesse du pays de 1,8% pour cette année, et de 1,6% pour la suivante. Selon elle, le «pic de croissance» de l’économie suisse a été dépassé, notamment parce que deux des moteurs de la demande intérieure, la santé et le gros œuvre, décroissent.

Un tel ralentissement aura pour effet une augmentation légère du chômage, qui devrait s’établir à 3,3% l’an prochain, contre 3,1% selon les derniers chiffres d’octobre. L’immigration reculera et ne donnera plus les impulsions nécessaires, grâce notamment à la consommation, pour que l’économie suisse continue à croître comme ces dernières années.

Revirements en cascade

Ces revirements en cascade des prévisions sont aussi dus à la santé de l’économie européenne, toujours vacillante, et toujours cruciale pour l’économie suisse, car elle absorbe la moitié de ses exportations. «L’Europe n’arrive pas à se reprendre depuis le début du déclenchement de la crise en 2007-2008 (depuis huit ans), car elle n’en a pas profité pour mener des réformes en profondeur et abaisser ses prix pour être plus compétitive. Ce sont particulièrement les pays frontaliers, (la France, l’Italie et l’Autriche), de par leur importance et leur mauvaise santé, qui pèsent sur la croissance de la Suisse», a précisé hier aux médias Rudolf Minsch, économiste en chef d’EconomieSuisse, en commentant les prévisions divulguées deux fois par an par l’organisation faîtière. L’Allemagne, qui a longtemps fait figure de locomotive inébranlable, semble à son tour s’essouffler.

A l’inverse, parmi les pays qui tirent la Suisse vers le haut et lui ont permis d’enregistrer une bonne croissance ces dernières années, EconomieSuisse a mentionné avant tout les Etats-Unis et la Chine. Le premier sort clairement la tête de l’eau suite à une politique monétaire très conséquente et généreuse. L’Empire du Milieu, lui, semble toujours vouloir continuer sur sa lancée, crise ou pas crise.

Diversification salutaire

Ce tableau, qui peut sembler noir, ne doit pourtant pas faire oublier que «l’extrême diversité de l’économie suisse lui permet mieux que d’autres de profiter d’une reprise dans les domaines où elle se manifeste», explique encore Rudolf Minsch. Les entreprises suisses ont aussi «toujours eu accès au crédit, même au plus fort de la crise dans les années 2008-2009. Ce n’est toujours pas le cas en Europe et c’est une des causes de ses problèmes», a précisé l’économiste.

Malgré tout, la Suisse ne retrouvera toute sa liberté d’action que lorsque l’Europe sortira de l’incertitude dans laquelle elle se trouve. Cela est particulièrement vrai au niveau des taux d’intérêt, «beaucoup trop bas en Suisse», selon Rudolf Minsch. Mais pour l’instant, la Banque nationale suisse ne peut pas les relever sans peine de voir immédiatement le franc suisse s’apprécier encore plus qu’il ne le fait actuellement. La Banque nationale suisse vient, hier aussi, de réaffirmer qu’elle est prête à acheter des devises en quantité illimitée pour défendre le cours plancher à 1 fr. 20 pour 1 euro, ce qu’elle a dû faire à nouveau récemment.

Créé: 02.12.2014, 07h19

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