Passer au contenu principal

Les banques centrales craignent la Libra de Facebook

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre propose de lancer une devise numérique.

(image d'illustration)
(image d'illustration)
Keystone

Créons une devise numérique, proche de la Libra de Facebook, pour remplacer le dollar comme monnaie de réserve mondiale. La récente proposition de Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre, fait des vagues. Le point avec Adrien Treccani, patron de Metaco à Lausanne.

Que pensez-vous de la proposition de Mark Carney?

Il faut élargir le cadre. Les banques centrales sont les premières victimes de l’arrivée de la Libra, ce qu’elles ont compris. Au premier abord, cette dernière se présente comme une simple couche technologique facilitant l’inclusion écono-financière. Mais en pratique, avec sa force de frappe liée à sa capacité de pénétration des marchés, la Libra pourrait un jour ne plus avoir besoin de reposer sur un collatéral de monnaies étatiques. Bref, il pourrait s’affranchir des banques centrales, ce qui remet en cause le système. La proposition de Mark Carney s’inscrit dans ce cadre.

Est-ce vraiment le cas?

Les banquiers centraux étudient la thématique des cryptodevises nationales depuis des années. Il s’agit pour eux de lancer des «bitcoins étatiques» indexés sur la valeur du cash, soit sur leur devise respective. L’argent liquide serait donc complété par un alter ego numérique moins dépendant des intermédiaires financiers que sont les banques commerciales ou les processeurs de paiements. Les politiques monétaires pourraient ainsi gagner en efficacité en ciblant directement les entreprises ou le consommateur. Ces devises verront le jour d’ici trois à cinq ans. La Libra constitue donc une menace pour ces projets.

Mais là, Mark Carney parle de remplacer le dollar?

Effectivement. Il va un cran plus loin en parlant du lancement d’une monnaie internationale, un genre de DTS digital ( ndlr: DTS ou droits de tirage spéciaux, unité de compte du FMI ). Cela aurait certainement des avantages économiques en réduisant l’exposition des pays émergents au billet vert et en facilitant le commerce international. Mais j’y vois surtout une réponse des banquiers centraux qui voient l’industrie privée s’attaquer à leur oligopole, dans un monde qui cherche de plus en plus à se débarrasser de la suprématie du dollar.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.