Les banques cherchent à renouer avec leurs racines

FinanceUne tendance se dessine depuis quelque mois dans les établissements helvétiques: celle de se rapprocher de leurs clients suisses.

Boris Collardi est l’actuel CEO de Julius Bär.

Boris Collardi est l’actuel CEO de Julius Bär. Image: Reuters

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Créer une entité juridique séparée et propre à la Suisse, renforcer sa présence sur le marché domestique ou encore s’implanter dans de nouvelles localités… Une tendance forte se dessine depuis quelques mois au sein des grands groupes bancaires helvétiques: celle de se rapprocher de leurs clients suisses.

Globalisation contestée

La crise bancaire qui sévit depuis plusieurs années a en effet permis de percer à jour les méfaits de la globalisation ou plus spécifiquement de «l’américanisation» des banques helvétiques. En plus des milliards de dollars d’amende déboursés pour régler définitivement leurs comptes avec le Département de la justice (DoJ), il est difficile de contester le fait qu’aujourd’hui la réputation de la place bancaire suisse en ressort affaiblie.

Le succès et la notoriété des concurrents restés proches du terreau suisse, tels que certaines banques cantonales ou la Raiffeisen, auront fini de convaincre les établissements du besoin d’avoir des bases solides.

Julius Bär et la Suisse

Julius Bär a ainsi dévoilé hier le renforcement de son dispositif sur le marché domestique. «Berne accueillera à la fois un nouveau responsable de marché et une équipe de dix spécialistes chevronnés. Quant à Genève, site important, et Lucerne, autre succursale de la banque, elles seront toutes deux placées sous une nouvelle direction», précise l’établissement. Concernant Lausanne, par contre, Julius Bär ne donne de précisions ni sur le nombre de salariés actuels ni sur l’évolution future du site.

Tout en parlant de la Suisse comme d’un «marché crucial», la banque privée nuance toutefois cette idée d’un véritable retour aux racines. «Nous avons toujours été très présents et actifs sur notre marché d’origine. En même temps, notre stratégie internationale reste fondamentale pour notre avenir.»

Protéger les actifs suisses

Sans non plus remettre en cause leur croissance hors de Suisse, les deux grandes banques (UBS et Credit Suisse) vont toutefois dissocier leurs activités internationales et nationales. L’objectif est double: protéger les actifs d’une succursale en cas de liquidation des autres entités du groupe et surtout se mettre en conformité avec les exigences suisses en matière de «too big to fail».

UBS a ainsi ouvert la voie il y a un an en fondant UBS Suisse, une filiale détenue entièrement par UBS SA. A noter que sous cette même holding, deux autres entités similaires à UBS Suisse devraient voir le jour en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Quant à Credit Suisse, son entité juridique pour la Suisse devrait être effective dès l’automne prochain. Baptisée Swiss UB (pour Swiss Universal Bank), une partie de cette unité suisse devrait même être cotée dès 2017.

Créé: 09.07.2016, 10h48

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