Banquier, une profession qui se féminise peu à peu

Finance Dans les banques, seul un quart des postes haut placés est occupé par une femme. Mais la situation s’améliore.

Les banquières étaient peu nombreuses lundi à la remise du prix du Cercle suisse des administratrices. Parmi elles, Helene Lischer, conseillère clients privés pour la Banque WIR, et Nicole Bardet, membre du CA de la Banque Alternative.

Les banquières étaient peu nombreuses lundi à la remise du prix du Cercle suisse des administratrices. Parmi elles, Helene Lischer, conseillère clients privés pour la Banque WIR, et Nicole Bardet, membre du CA de la Banque Alternative. Image: Odile Meylan

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Lundi matin, l’entreprise Skyguide voyait la mixité récente de son conseil d’administration saluée d’un prix décerné par le Cercle suisse des administratrices (lire ci-contre). Cette récompense permet de remettre en perspective le débat sur la représentation féminine au sein des entreprises suisses et surtout au sein de leurs instances dirigeantes. «En 2016 en Suisse, les femmes y sont encore et toujours sous-représentées», regrette Anita Wymann, présidente de la Banque Alternative.

Cette disproportion s’accentue particulièrement dans un secteur: la banque. Tel est le constat dégagé des chiffres fournis par plusieurs établissements suisses. Globalement, les banques comptent quelque 40% d’employés féminins. Les choses se gâtent lorsque l’on monte dans les sphères dirigeantes. Là, seul un quart des postes à responsabilité est actuellement occupé par des femmes.

Evolution positive mais lente

Quant à la présence féminine dans les conseils d’administration, le pourcentage chute à 16%. «La situation s’est toutefois clairement améliorée, étant donné que les banques ont fait des efforts considérables pour rattraper leur retard (ndlr: en 2005, la représentativité des femmes était inférieure à 5%), souligne Diane Reinhard, cofondatrice du Cercle suisse des administratrices.

Selon Ursula Baumgartner, membre de la direction de la Banque Alternative, la branche n’en reste pas moins dominée par des hommes. «Elle conserve cette image traditionnelle d’un milieu peu ouvert au temps partiel, à la vie de famille et aux femmes», résume-t-elle. «Le problème se situe surtout au niveau de l’attractivité de la branche», confirme Anita Wymann. A ses dires, «si la banque reste la branche la plus recherchée par les hommes, ce n’est de loin pas le cas des femmes sortant des Hautes Ecoles qui se tournent plutôt vers Nestlé, Google, Novartis ou encore le CICR».

Comme pour la plupart des autres secteurs, la volonté de défendre la mixité se répand au sein des sphères dirigeantes des divers établissements interrogés. «Etant donné que l’égalité des chances fait partie de l’esprit de notre coopérative, la direction s’est fixé comme objectif une proportion de 30% de femmes dans les positions de cadres et du management», répond Philippe Thévoz, conseiller en communication chez Raiffeisen Suisse.

Chez UBS, l’ambition est quasi la même et, pour ce faire, l’établissement assure «encourager la conciliation entre travail et vie familiale par la mise en place d’horaires de travail flexibles, d’un congé maternité généreux ou encore d’un congé paternité de dix jours». A noter que des mesures relativement similaires existent du côté de Credit Suisse. Le géant bancaire reconnaît notamment «les effets positifs de la diversité des genres et souhaite à ce titre disposer d’une représentation appropriée des femmes aux postes de management».

La Banque Cantonale Vaudoise évoque même un parfait équilibre hommes/femmes (50/50) dans la fonction de conseiller clientèle privée. «Notre ratio est également de 30% de femmes responsables d’agence», précise l’établissement. Des chiffres similaires à sa consœur du bout du lac (BCGE), qui parle de «30% de cadres supérieurs féminins, mais d’une évolution encore un peu trop lente».

Faut-il des quotas?

Sur fond de révision du droit de la société anonyme qui pourrait contraindre les sociétés cotées en Bourse à compter un minimum de 20% de femmes au sein de leur conseil d’administration, la problématique des quotas circule. Sans séduire. La BCGE notamment assure «ne pas baser sa politique de recrutement sur ce type de critères».

La parité a tout prix n’a pas non plus lieu d’être dans une structure privée semblable à celle de la banque Reyl. «Nous sommes une méritocratie et, de ce fait, nous choisissons nos cadres en fonction de leurs compétences, leur expérience et leur caractère; aucune règle de proportionnalité n’a été établie», explique Mayola Decosterd, responsable des ressources humaines et services généraux pour la banque Reyl.

Créé: 07.06.2016, 09h36

Skyguide salué pour la féminisation de son board

«Cette récompense a d’autant plus de valeur qu’elle donne du crédit à notre politique des ressources humaines, qui se veut diversifiée tant du point de vue de la nationalité, de la culture que du genre», évoquait hier Francis Schubert, le remplaçant du CEO de Skyguide, devant un parterre d’une cinquantaine d’administratrices.

Le surveillant du ciel recevait hier un prix décerné par le Cercle suisse des administratrices pour saluer la féminisation de son conseil d’administration. L’entreprise helvétique répondait aux critères principaux qui étaient d’employer plus de cinquante personnes et d’avoir un board comptant au minimum 25% de femmes.

Après des décennies à aller jusqu’à refuser de former des femmes comme aiguilleurs du ciel, la société qui emploie aujourd’hui plus de 1500?salariés a depuis complètement revu son approche et prône aujourd’hui la diversité et la mixité au sein de ses équipes. «Ce prix est un encouragement à continuer cet effort», concluait Anne Bobillier, l’un des deux membres féminins du conseil d’administration de Skyguide.

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