Bénéfice record pour le transport aérien en 2016

AviationUn recul est toutefois anticipé pour 2017 en raison de l'augmentation de 2% des coûts hors carburant entre autres.

Alexandre de Juniac a appelé les gouvernements à partager davantage leurs données entre eux et avec l'industrie aéronautique.

Alexandre de Juniac a appelé les gouvernements à partager davantage leurs données entre eux et avec l'industrie aéronautique. Image: Reuters

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L'industrie du transport aérien devrait dégager un bénéfice net record de 35,6 milliards de dollars (35,5 milliards de francs) en 2016. L'IATA a annoncé jeudi à Genève que ce montant devrait diminuer à 29,8 milliards en 2017.

Le bénéfice net est légèrement inférieur aux prévisions, mais dépasse les 35,3 milliards de dollars de 2015, a dit l'Association internationale du trafic aérien (IATA). Ce recul est lié à une révision à la baisse de la croissance économique et à l'augmentation de 2% des coûts hors carburant.

Pour 2017, «nous attendons des conditions plus difficiles», a admis devant la presse le nouveau directeur général de l'association Alexandre de Juniac. Pour autant, l'ancien patron d'Air France salue les meilleurs résultats jamais observés par le secteur, «indépendamment des nombreuses incertitudes auxquelles nous sommes confrontés».

Principal problème identifié, le prix du baril devrait remonter. L'extension des capacités devrait faire reculer le taux d'occupation des avions en dessous de 80%, mais elle devrait être compensée en partie par la hausse de la croissance économique.

Gouvernements en cause

M. de Juniac met lui encore en cause les gouvernements qui «ne facilitent pas le travail de l'aviation» avec leurs politiques fiscales. «Ils sous-estiment la valeur de l'industrie aéronautique».

En Europe, le chef de l'IATA n'est pas optimiste sur l'aboutissement à un «ciel unique européen». Selon lui, le Brexit notamment ne devrait pas permettre d'avancées sur cette question. La restructuration du contrôle du trafic aérien constitue la principale difficulté à résoudre.

En 2017, le nombre de passagers, en hausse de 5,8% en 2016, ne devrait augmenter que de moins de 5%. Il s'approchera pour la première fois des 4 milliards.

Les compagnies devraient augmenter le nombre de vols à près de 39 millions. Côté fret, le transport devrait s'étendre à près de 56 millions de tonnes, contre 53,9 millions en 2016.

L'industrie du transport aérien a pu s'appuyer sur des bénéfices nets chaque année depuis 2010. Un résultat très satisfaisant avec un baril de pétrole à plus de 100 dollars en moyenne pendant trois de ces années, selon l'IATA.

«Améliorations structurelles» du secteur

Mais la baisse des prix du carburant n'est pas la seule explication des bons résultats. «Des améliorations structurelles ont eu lieu» au sein des entreprises, a affirmé l'économiste en chef de l'IATA Brian Pearce.

Par régions, les compagnies nord-américaines restent les plus performantes. Elles devraient obtenir un bénéfice net de plus de 18 milliards de dollars en 2017.

Elles devanceront celles de l'Asie/Pacifique à 6,3 milliards, les européennes à 5,6 milliards, celles du Moyen-Orient à 300 millions et les latino-américaines à 200 millions. Les compagnies africaines devraient à nouveau perdre 800 millions de dollars comme en 2016.

Patron de l'IATA depuis début septembre, Alexandre de Juniac a fait part de son soutien aux proches des victimes des deux catastrophes aériennes au Pakistan et en Colombie. «Chaque accident renforce encore notre résolution pour rendre notre industrie sûre plus sûre», a-t-il dit.

Près de 70 millions d'emplois

Autre problème, les aéroports figurent parmi les cibles des terroristes. Le chef de l'IATA a appelé les gouvernements à partager davantage leurs données entre eux et avec l'industrie aéronautique. L'association sera aussi plus active.

Le secteur du transport aérien doit être aussi durable. Alexandre de Juniac a salué «une avancée historique» dans l'adoption en octobre d'un schéma de réduction d'émissions de gaz à effet de serre par les membres de l'Organisation internationale de l'aviation civile (OACI).

L'IATA rassemble 269 compagnies aériennes dans le monde entier. La branche achemine environ un tiers des marchandises en valeur, soutenant un PIB de près de 2800 milliards de francs. Au total, en 2017, le nombre d'emplois associés à l'aviation atteindra une hausse de plus de 3% à plus de 69 millions. (ats/nxp)

Créé: 08.12.2016, 12h45

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