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Crise grecqueLa BNS est intervenue sur les marchés pour les stabiliser

C'est la première fois, depuis l'abolition du taux plancher, que la BNS intervient pour contenir le renchérissement du franc. Ceci dans le cadre de la situation en Grèce.

Le président de la BNS, Thomas Jordan.
Le président de la BNS, Thomas Jordan.
Keystone

La Banque nationale suisse (BNS) est intervenue sur le marché des changes pour tenter d'affaiblir le franc, devise refuge face aux inquiétudes suscitées par la Grèce. L'euro s'est momentanément renforcé. Les craintes pour l'économie suisse demeurent.

La BNS a depuis l'abolition du taux plancher de l'euro le 15 janvier toujours dit qu'en cas de besoin, elle interviendrait sur le marché des devises, a déclaré lundi le président de la BNS Thomas Jordan lors du Swiss International Forum à Berne. La situation en Grèce justifie ce besoin.

C'est la première fois depuis la suppression du taux plancher que la BNS confirme une intervention destinée à contenir le renchérissement du franc. Le président de la BNS n'a en revanche pas donné d'indications sur l'ampleur de l'intervention. Il n'a pas non plus annoncé si de nouvelles transactions sont prévues. La BNS observe attentivement la situation, a-t-il ajouté.

L'euro a brièvement effacé ses pertes à la suite de ces déclarations après être tombé en début de matinée à 1,0315 franc. En fin de matinée, la monnaie unique perdait 0,3% à 1,0392 franc.

L'incapacité d'Athènes et de ses créanciers à trouver un accord va vraisemblablement augmenter l'afflux vers le franc. Les experts s'attendent donc à d'autres actions de la BNS.

La Bourse se ressaisit

La Bourse suisse, à l'instar des autres places financières européennes et asiatiques, a ouvert sur un net repli. Au début des échanges, elle perdait quelque 3%, avant de se stabiliser en baisse de 1,20% à 8899,52 points en fin de matinée.

La force du franc met l'économie helvétique dans une situation difficile, mais l'abolition du taux plancher était nécessaire, a poursuivi Thomas Jordan. Les conséquences de la crise actuelle en Grèce devraient cependant être plus faibles que si elles avaient eu lieu il y a un ou deux ans, selon lui.

Toujours lors de ce forum financier à Berne, la cheffe du Département fédéral des finances Eveline Widmer-Schlumpf a estimé que les problèmes de la zone euro sont «gérables», mais ils mettent en grande difficulté non seulement l'industrie d'exportation mais aussi l'ensemble de l'économie suisse.

La Suisse a tout intérêt à ce que l'euro se renforce, a-t-elle ajouté. Les politiques sont en contact étroit avec la Banque nationale suisse.

Le résultat du référendum grec prévu le 5 juillet dira vers quoi l'on va. Quelle que soit l'issue, la Grèce devra toutefois œuvrer pendant des années pour récupérer ce qui n'a pas été résolu, selon Eveline Widmer-Schlumpf.

Peur d'une désindustrialisation

Le patron du groupe technologique ABB Ulrich Spiesshofer a lui aussi fait part de ses craintes pour l'industrie. «Toute nouvelle incertitude n'est pas souhaitable», a-t-il déclaré au cours du forum. Il s'est aussi inquiété de la désindustrialisation croissante en Suisse, due notamment au franc fort.

A noter que le forum devait accueillir Peter Praet, membre du directoire de la Banque centrale européenne. Il devait prendre part à un podium sur la concurrence entre les devises, mais s'est désisté au dernier moment.

ats/cht

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