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Politique monétaireLa BNS maintient le taux de change plancher

La banque nationale suisse a annoncé jeudi qu'elle garde inchangé le principal taux directeur et le cours plancher de 1,20 franc pour un euro.

La BNS maintient le taux plancher
La BNS maintient le taux plancher
Keystone

La Banque nationale suisse (BNS) estime toujours que le moment n'est pas venu de changer de politique monétaire, maintenant du coup le cours plancher d'un 1,20 franc pour un euro. L'économie helvétique se porte bien, mais les incertitudes continuent à régner.

La politique poursuivie reste adéquate, a indiqué jeudi à Berne Thomas Jordan, président de la BNS, à l'occasion de la conférence de presse de mi-année. Franc surévalué, inflation basse et capacité de production sous-utilisée, pas de motif donc de changer, a-t-il résumé.

L'institut d'émission monétaire anticipe toujours cette année un taux de croissance de 2% en Suisse. Mais l'évolution de l'économie mondiale pourrait se révéler plus modérée que prévu. Les inquiétudes demeurent en particulier dans la zone euro, a averti Thomas Jordan.

«De grands défis se posent encore, comme la consolidation des finances publiques et la mise en oeuvre de réformes institutionnelles à même de soutenir la croissance», a-t-il précisé. Les pays dits émergents ne sont pas en reste, eux qui souffrent à leur tour de problèmes structurels.

Au-delà, les principales zones monétaires de la planète se trouvent à «différents stades du cycle de politique monétaire», note la BNS. Du coup, un regain de volatilité est susceptible de se propager sur les marchés financiers et des changes.

Entreprises inquiètes

Ces difficultés bien réelles posent un défi à la politique monétaire en Suisse, a constaté Thomas Jordan. Petit pays, étroitement lié au reste du monde, elle est fortement exposée aux évolutions qui touchent l'ensemble des Etats, tout particulièrement ses voisins, des grands pays comme l'Allemagne, la France et l'Italie.

Le président a évoqué l'après-9 février et le oui à l'initiative contre l'immigration de masse. Les entreprises suisses montrent une «inquiétude tangible», selon des enquêtes menées par les délégués de la BNS aux relations avec l'économie régionale. Mais, dans leur majorité, elles n'ont pas encore pris de mesures concrètes.

La banque centrale a répété sa détermination à défendre le cours plancher de l'euro en vigueur depuis septembre 2011, en achetant des devises en quantité illimitée s'il le faut. Un message toujours crédible aux yeux des marchés puisque la BNS n'est plus intervenue depuis septembre 2012.

Petite détente immobilière

Les mesures annoncées début juin par la Banque centrale européenne (BCE), notamment un taux de dépôt négatif pour les banques, pourraient en outre relancer l'attrait de la devise helvétique. La BNS, par la voix de son président, a dit suivre de près les répercussions.

Présentant le rapport annuel sur la stabilité financière, Jean-Pierre Danthine a constaté que les grandes banques avaient accompli des «progrès substantiels» en matière de fonds propres. Toutefois, UBS et Credit Suisse sont invitées à poursuivre leurs efforts pour améliorer leur résilience.

En ce qui concerne le marché hypothécaire et immobilier domestique, le vice-président et représentant romand au sein de la direction générale a relevé que les tensions s'étaient légèrement réduites récemment. Mais, juge-t-il, l'évolution n'est pas forcément annonciatrice d'un changement de tendance.

Libor en question

Le maintien de la politique monétaire de la BNS signifie que la marge de fluctuation du Libor à trois mois est maintenue à 0%-0,25%. La réforme des taux d'intérêt de référence apparaît par ailleurs en bonne voie, suite aux diverses affaires de manipulation qui ont défrayé la chronique.

La Suisse y joue un rôle actif, a dit Fritz Zurbrügg, membre de la direction générale. Les efforts en la matière en vue d'accroître la crédibilité et la reconnaissance des taux de référence sont coordonnés par le Conseil de stabilité financière. La publication d'un rapport final est attendue pour cet été.

Le Libor reste pour l'heure la référence. Mais d'autres instruments existent, a ajouté Fritz Zurbrügg, sans donner davantage de détails.

Le franc en légère hausse

Le franc a légèrement gagné du terrain contre l'euro quelques minutes après l'annonce de la BNS. la monnaie européenne valait 1,2173 franc, contre 1,2180 franc peu avant la décision. Le dollar cédait très peu, s'inscrivant à 0,8941 franc, contre 0,8943 auparavant.

A la Bourse suisse, la décision de la BNS n'a fait que très peu de vagues. Peu après 10h00, le SMI affichait une hausse de 0,4% à 8697,93 points, atteignant presque le niveau d'avant la décision.

ats

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