Bombardier va supprimer 650 places de travail

Suisse Le groupe canadien va licencier du personnel, notamment à Villeneuve et Zurich, d'ici à fin 2018. La plupart des emplois concernés sont des postes temporaires.

Image: Keystone

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Bombardier procède à une lourde restructuration en Suisse. Le fabricant canadien de matériel ferroviaire va y supprimer environ 650 emplois, dont près de 500 postes temporaires. Le site de Villeneuve (VD) est particulièrement touché.

Environ trois quarts des postes concernés sont des emplois temporaires, occupés par des collaborateurs externes, a souligné Bombardier jeudi dans un communiqué. La multinationale prévoit une réduction par étapes d'ici à la fin 2018.

La mesure doit améliorer de façon durable la compétitivité et la situation des marges, explique Bombardier. Le groupe entend rationaliser à l'échelle du groupe l'administration et les départements non productifs. Le constructeur de matériel ferroviaire veut spécialiser ses «sites en vue d'une réduction des coûts et d'une augmentation de la productivité».

Une «très mauvaise nouvelle»

Tous les sites en Suisse sont concernés par la restructuration. Les deux sites de Zurich et de Villeneuve sont maintenus en tant que pôles de développement et de production, ajoute la multinationale canadienne. Ils feront cependant l'objet d'une réorientation afin «de s'adapter au mieux aux besoins futurs du marché».

L'annonce de la suppression de 650 places de travail en Suisse par Bombardier est «une très mauvaise nouvelle», a réagi Philippe Leuba. Le conseiller d'Etat vaudois a demandé une rencontre avec la direction. Elle est agendée «très prochainement». Le service de l'emploi a été mis au courant mercredi et «j'ai averti le Conseil d'Etat ce matin», a précisé à l'ats le chef du Département de l'économie. «Je pense à l'ensemble des collaborateurs touchés», poursuit-il.

Pas de regrets

L'entreprise canadienne avait remporté en 2010 le «contrat du siècle» mis au concours par les CFF. Interrogé sur le soutien apporté à l'époque par le gouvernement vaudois pour le choix de Bombardier qui était en concurrence avec le thurgovien Stadler Rail, Philippe Leuba dit ne «rien regretter». «Autrement, il n'y aurait plus de site à Villeneuve. Et du travail est prévu là au-delà de 2025», assure-t-il. Siemens Suisse était aussi sur les rangs lors de l'attribution du contrat qui portait sur un volume de près de 2 milliards de francs.

La plupart des 800 employés de Villeneuve sont des externes, qui bénéficient d'un contrat de durée limitée et liés à des projets particuliers comme l'assemblage des trains à deux étages destinés aux CFF. La direction suisse du groupe canadien a annoncé jeudi après-midi aux partenaires sociaux la restructuration. Une procédure de consultation va s'ouvrir vendredi.

Sauver des emplois

Unia va rencontrer le personnel et ses représentants afin de sauvegarder le plus grand nombre d'emplois possible, a annoncé le syndicat dans son propre communiqué. Bombardier compte à ce jour 1300 employés en Suisse. «Une trentaine de postes fixes seraient concernés à Villeneuve», a expliqué Isabelle Smekens, secrétaire syndicale à Unia. Le site vaudois perdrait aussi de nombreux postes de travailleurs temporaires.

Ces suppressions d'emploi sont liées à la réorganisation stratégique du groupe au niveau mondial, a ajouté la syndicaliste. L'an dernier, le constructeur aéronautique et de matériel ferroviaire canadien avait annoncé une vaste restructuration touchant quelque 7500 postes dans le monde, soit 10% de sa main-d'oeuvre.

Dialogue établi

Bombardier rencontre actuellement de grosses difficultés financières. Le groupe a essuyé une perte de 31 millions de dollars (29,7 millions de francs) au premier trimestre 2017, nettement moins cependant que les 138 millions essuyés entre janvier et mars 2016.

La séance d'information de jeudi avec la direction s'est «bien passée», selon la secrétaire syndicale. «Un dialogue a été établi avec l'entreprise», a-t-elle précisé. Unia attend un dialogue constructif, «étant donné que l'entreprise profite des marchés publics en Suisse». Selon Syna, 98 postes de travail à durée indéterminée sont concernés à Zurich et 35 à Villeneuve.

Syna regrette cette restructuration d'ampleur à la fin du contrat avec les CFF. Le syndicat appelle à repenser les procédures d'octroi des marchés publics afin de garantir des places de travail à long terme. (ats/nxp)

Créé: 08.06.2017, 16h44

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