Les bonus des managers d’UBS enflent de 22%

RémunérationsLa part variable de la paye du président du directoire de la première banque helvétique a crû de plus d’un tiers.

Sergio Ermotti, CEO d'UBS

Sergio Ermotti, CEO d'UBS Image: Keystone

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Il paraît difficile de se plaindre au sein du directoire d’UBS. Les bonus versés au titre de l’exercice 2015 relèvent en effet d’un excellent millésime. La part variable de la rémunération du président du directoire de la première banque helvétique a ainsi progressé de plus d’un tiers par rapport à celle octroyée un an plus tôt.

Sergio Ermotti a ainsi touché 11,9 millions de francs, soit 2,9 millions de plus qu’en 2014. Le «fixe» du Tessinois demeure en revanche stable depuis son entrée en fonction en 2011: 2,5 millions de francs. Mais n’oublions pas que la direction générale d’une banque reste un travail d’équipe.

Du coup les bonus de ses dix membres ont globalement augmenté d’un peu plus de 22%: la part variable de leurs rémunérations cumulées est passée en un an de 58,4 millions de francs à 71,25 millions. Curieusement, les douze administrateurs du leader mondial de la gestion de fortune se sont un peu moins «servis»: la somme totale de leurs indemnités a atteint 12,78 millions au titre de l’exercice écoulé, contre 13,04 millions un an plus tôt.

Une réelle logique

Le montant de l’enveloppe attribuée au président du conseil d’administration, Axel Weber, évolue néanmoins avec une légère hausse: de 5,94 millions pour 2014 à 6,03 millions pour l’an dernier. Une inflation des rémunérations à la tête d’UBS obéit quoi qu’il en soit à une réelle logique au regard des comptes de 2015.

UBS a réussi un bénéfice net de 6,2 milliards de francs en 2015, soit 79% de mieux qu’un an plus tôt, et le meilleur résultat depuis l’excédent net de 2010: 7,5 milliards. Performance appréciable, même si l’établissement avait déjà quasiment triplé son bénéfice net entre juillet septembre, à 2,07 milliards de francs, après avoir recouru à des crédits d’impôts à hauteur de 1,3 milliard de francs en tout. Autre banque, autres choix

Autre banque, autres choix

En février, le président du directoire de Credit Suisse, Tidjane Thiam, a en effet préféré renoncé à une partie de ses bonus. Sans indiquer toutefois la proportion du sacrifice. La décision du manager, entré en fonction en juillet, s’avère intimement liée aux résultats de la deuxième banque helvétique: une perte nette de 2,94 milliards de francs.


La première banque suisse craint des tracas judiciaires

UBS a publié ce vendredi son rapport annuel. Ce document contient, entre autres, un véritable catalogue de tracas judiciaires. Il évoque des procédures pendantes aux Etats-Unis, en France et en Belgique. Celles-ci concernent notamment des activités transfrontalières de gestion de fortune. Des investigations portent en outre sur les comptes liés à la FIFA (Fédération internationale de football association). L’établissement se trouve en plus encore confronté à des affaires liées à la crise financière des «subprimes» de 2008 aux Etats-Unis. D’autres relèvent même de la liquidation des fonds de l’homme d’affaires américain Bernard Madoff.

UBS mentionne également des difficultés en Suisse et aux Etats-Unis au sujet de manipulations de divers taux comme le Libor (indice de taux calculé chaque jour à Londres pour les opérations de change interbancaires), commises entre 2006 et 2009. UBS doit aussi répondre d’accusations d’ententes illicites dans le négoce de métaux précieux en Suisse.

Pour faire face à de telles incertitudes, UBS a constitué des provisions à hauteur de 4,16 milliards de francs à la fin de 2015, contre 4,36 milliards un an auparavant.

Créé: 18.03.2016, 21h08

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