«Ce qui nous caractérise, c’est la peur d’échouer»

Technologies et événementielLes différences de culture économique entre la Suisse et les pays émergents ont été au cœur de la dernière conférence TEDxLausanne.

L’une des participantes de la conférence TEDxLausanne, Alisée de Tonnac, met en exergue les start-up des pays émergents.

L’une des participantes de la conférence TEDxLausanne, Alisée de Tonnac, met en exergue les start-up des pays émergents.

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Lundi, l’Université de Lausanne (UNIL) accueillait l’une des conférences organisées par la fondation TEDx. Deux des speakerines du jour, Alisée de Tonnac, directrice de Seedstars World (une compétition pour start-up), et Christèle Delbé, responsable des projets de développement durable du groupe télécoms Vodafone, donnent leur point de vue sur l’innovation au sein des pays émergents. Interview croisée.

Est-il facile de se lancer dans les pays émergents?

Alisée de Tonnac (AdT): Ça dépend fortement du pays. Mais plusieurs gouvernements sont en train de s’investir pour accélérer la création de jeunes sociétés. Au Rwanda, par exemple, le gouvernement a conçu un site qui permet à l’entrepreneur de créer sa société en trois heures et à coût zéro.

Et qu’en est-il des fonds nécessaires pour se lancer?

AdT: Dans le monde entier, du Brésil au Chili, en passant par Singapour, la plupart des gouvernements investissent énormément dans la course actuelle à l’innovation. S’il est facile de trouver de premiers fonds entre 25 000 et 100 000 dollars, au-delà c’est compliqué. Le grand défi est aujourd’hui de faire venir dans ces régions du monde de gros investisseurs. A Seedstars World (ndlr: un spin off de l’incubateur Seedstars, qui emploie cinq personnes à Genève), nous contribuons à lutter contre ce manque, puisque nous promettons au vainqueur de notre concours un investissement jusqu’à 500 000 dollars.

Les grandes entreprises ont-elles un rôle à jouer, voire des fonds à apporter, pour soutenir les start-up dans les pays émergents?

Christèle Delbé (ChD): C’est évident. Danone a par exemple un fonds qui investit dans des sociétés socialement responsables en Inde et ailleurs. Maintenant, le grand défi pour les multinationales est double. Elles doivent tout d’abord se sortir d’une pensée encore trop coloniale. Nous n’innovons pas pour ces pays, mais avec eux.

Et le second défi?

ChD: L’autre est de sortir du mode de fonctionnement binaire des grands groupes comme Nestlé ou Unilever avec qui Vodafone travaille. Actuellement, il y a d’un côté un aspect purement business et de l’autre la philanthropie. Il est nécessaire de créer des passerelles entre les deux, d’imaginer une nouvelle manière de penser.

En termes d’écosystème économique, quels points communs peut-on trouver entre la Suisse et les pays émergents?

AdT: Il existe, chez eux comme chez nous, un manque de culture d’entreprendre. Mais ce qui caractérise aussi ces pays comme la Suisse, c’est la peur d’échouer. A part à la Silicon Valley et en Israël, l’échec est mal perçu partout dans le monde.

Et quelles différences?

AdT: La possibilité de choisir. En Suisse, nous avons trop de confort et il est moins risqué de devenir banquier, avocat ou médecin qu’entrepreneur. En gros, nous pensons trop petit. Dans les pays émergents, beaucoup n’ont pas le choix et sont forcés de devenir entrepreneurs. Or contrainte rime parfois avec créativité. (24 heures)

Créé: 10.02.2015, 08h35

Un 6e TEDx lausannois ultraconnecté

Plus de 400 personnes étaient présentes hier à l’Amphimax de l’Université de Lausanne pour la sixième édition lausannoise de TEDx (les 4 premières avaient eu lieu à l’IMD). Durant près de trois heures se sont succédé sur scène performances artistiques et autres présentations. Toutes sous le même thème: notre monde ultraconnecté et la manière dont l’humain y interagit. Selon l’un des responsables de la manifestation lausannoise, «l’important est qu’il soit possible de faire des connexions entre les différentes prestations, que le fil rouge thématique soit respecté».

Parmi les moments forts, on a noté Frank Waldman, directeur d’une start-up de Boston, et sa vision d’une lecture numérique ultrarapide, ainsi que Nicolas Henchoz, le directeur de l’EPFL/ECAL Lab, et ses travaux sur la réalité augmentée. Le professeur de la HEC de Lausanne John Autonakis démontrait de son côté l’importance du charisme dans notre société et affirmait «qu’il peut s’enseigner», qu’il existe des tactiques pour en gagner.

Né en 1984 en Californie, TED est une organisation à but non lucratif. Dévouée aux partages des idées, cette dernière s’est depuis répandue aux quatre coins du monde. Bill Gates, Sir Richard Branson ou l’ex-premier ministre britannique Gordon Brown ont déjà foulé l’une des scènes de TED. Depuis, l’organisation se décline sous différentes entités, telles que TED Prize, TED Conference en Californie, TEDGlobal en Ecosse ou encore TEDx, dont la particularité est d’être organisée par des équipes locales et indépendantes de bénévoles. O.W.

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