Ces chiffres qui font mal à la place financière suisse

BanquesA Genève, un chômeur sur dix est issu de la finance. Dans toute la Suisse, les licenciements du secteur affecteront l’ensemble de l’économie.

Le poids de la place financière genevoise est passé de 24% du PIB cantonal en 2008 à 17% aujourd'hui.

Le poids de la place financière genevoise est passé de 24% du PIB cantonal en 2008 à 17% aujourd'hui. Image: Keystone

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Alors que la Suisse vient de signer des accords d’échange d’informations fiscales avec les Etats-Unis d’une ampleur sans précédent (FATCA), les chiffres de la place financière helvétique continuent de se détériorer, selon une enquête de Bilan et de «Temps Présent».

Le secteur bancaire genevois a bien maigri. Son poids est passé de 24% du PIB cantonal en 2008 à 17% aujourd'hui. Fin octobre 2012, le nombre de chômeurs issus du milieu financier était en hausse de 32% sur un an. Les banquiers privés estiment qu’entre 15 et 30% des emplois dans la gestion de fortune genevoise pourraient encore être supprimés.

Les perspectives d’avenir ne sont guère plus réjouissantes pour les autres secteurs, relève le magazine Bilan dans une enquête publiée à l’occasion d’une émission sur la fin du secret bancaire diffusée sur RTS1 ce jeudi (voir encadré).

Effet boule de neige

«Pour chaque emploi bancaire perdu, plusieurs le seront aussi dans l’économie, estime Cécile Civiale Vuillier, présidente de l’association STEP (Society of Trust and Estate Practitioners) en Suisse, qui réunit 1500 membres praticiens de la gestion et de l’administration de trusts. L’élagage des banques fera que ces personnes vont aller moins souvent au restaurant, ne donneront plus leurs vêtements au pressing, n’iront plus chercher leur journal au kiosque situé à côté de leur banque. Il y aura un effet boule de neige.»

Une boule de neige qui a pour origine, entre autres, la fonte graduelle des masses sous gestion depuis cinq ans. Ce sont les avoirs étrangers qui enregistrent la plus forte baisse: de 1042 milliards en 2007, ils chutent à 562 milliards cette année. Cité par Bilan, le consultant bancaire Dominique Morisod estime que la plupart de ces actifs «partent vers des places comme le Delaware, Singapour, le Luxembourg, la Belgique, Londres, le Brésil et d'autres en Europe».

310 banques en 2012

Conséquence: le nombre d’institutions financières diminue inexorablement. Car qui dit moins d’avoirs à gérer, dit moins d’acteurs sur le marché. D’après PricewaterhouseCoopers, la Suisse compte 310 banques à fin 2012. Contre 625 en 1990.

Autre facteur déterminant, la détérioration des marges de la gestion de fortune. Dans un rapport de 2011 sur les banques privées mentionné dans l’enquête, l’Université de Zurich constate que les marges brutes médianes ont baissé de 21% entre 2004 et 2010. Quant aux charges des banques, elles ne cesseraient d’augmenter. «L’industrie ne sera plus rentable si elle garde ce rythme de progression encore cinq ans», conclut le rapport.

Créé: 12.12.2012, 07h29

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L’avenir de la place financière

Ce jeudi, la RTS diffuse l’enquête «Secret bancaire: adieu» dans le cadre de son émission «Temps Présent». Réalisé en collaboration avec le magazine Bilan, l’enquête s’interroge sur l’avenir de la place financière helvétique: les turbulences de la finance, qui représente 15% du PIB suisse, auront inévitablement des conséquences sur les autres secteurs.

«Cela concerne tout le monde», souligne Romaine Jean, rédactrice en chef des magazines à la RTS. L’émission sera suivie d’une table ronde en direct de Berne qui accueillera notamment le président de l’Association suisse des banquiers Patrick Odier, le président de la Banque cantonale vaudoise Olivier Steimer et le président de Genève Place Financière Bernard Droux.

«Secret bancaire: adieu», jeudi 13 décembre, RTS Un, 20h15

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