La Chine moins attractive pour les PME suisses

DélocalisationLa Suisse est sur le point de signer l'accord de libre-échange avec la Chine, mais délocaliser des activités vers l'Empire du Milieu ne s'avère désormais plus aussi attractif pour les PME helvétiques.

La Chine n'offre plus de main d'oeuvre très bon marché et inépuisable, selon economiesuisse.

La Chine n'offre plus de main d'oeuvre très bon marché et inépuisable, selon economiesuisse. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Nous entendons de plus en plus parmi certains membres que la hausse des salaires, la logistique complexe et d'autres coûts érodent l'attrait de la délocalisation en Chine», admet Philippe Cordonier, de Swissmem. Toutefois le représentant romand de l'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux voit toujours de bonnes raisons de produire en Chine.

«Déjà, par la taille et l'énorme potentiel du marché intérieur», souligne Philippe Cordonier. En outre, une présence sur le marché chinois permet à une entreprise dans un secteur spécifique de se définir comme leader mondial ou active sur le marché global, observe-t-il.

Pourtant, selon la dernière enquête de la Chambre de commerce européenne en Chine, la ferveur s'est refroidie en un an. Moins des deux tiers des firmes sondées ont vu en 2012 leurs résultats progresser, contre les trois quarts ou plus les deux années précédentes. Pour les PME, la proportion tombe de 67% à 52%.

Principale pénalité invoquée, la hausse des salaires, devant le ralentissement économique, la concurrence indigène, l'arbitraire des autorités ou la paperasserie, selon le Business Confidence Survey publié en juin. Malgré tout, seulement 10% des firmes interrogées envisagent de «détourner» leurs investissements de la Chine vers d'autres pays, contre 22% un an plus tôt.

Avantage anéanti

Le fabricant genevois de capteurs de tension et de courant LEM a généré en 2012 dans son usine chinoise plus de la moitié de sa production globale. Pour «éviter de mettre tous ses oeufs dans le même panier», la firme a néanmoins choisi d'investir 2 millions de francs dans un nouveau site à Sofia, en Bulgarie.

Compte tenu du transport et de la productivité, les coûts de production bulgares se rapprochent déjà du niveau chinois, estime Julius Renk, responsable des finances chez LEM. Et vu l'évolution des coûts, le reste de l'avantage chinois pourrait être anéanti dans peu de temps, anticipe-t-il.

Du côté du secteur textile, la Chine représente dans certains domaines le principal marché d'approvisionnement et de distribution, relève Peter Flückiger, directeur de la Fédération Textile Suisse. En outre, toujours plus de machines sont livrées vers ce pays, qui a ainsi renforcé son savoir-faire.

Seules quelques firmes de la branche quittent la Chine, en général pour retourner en Europe, selon Peter Flückiger. Les raisons individuelles divergent, mais les arguments centraux restent les distances et les barrières commerciales moindres. La qualité et la flexibilité des partenaires peuvent aussi jouer un rôle, note-t-il.

Cap sur la Turquie

La Chine n'offre plus de main d'oeuvre très bon marché et inépuisable, mais au-delà des coûts, la proximité avec le client reste capitale, analyse economiesuisse. A l'instar du secteur des machines, du textile, des technologies médicales ou de la chimie, même la pharma helvétique y élargira ses activités de recherche pour se rapprocher du marché, selon l'organisation.

«La PME suisse qui cherche un accès au marché chinois n'a souvent pas le choix, que ce soit pour y exporter ses produits ou y installer une filiale de production», explique Sylvain Jaccard du Switzerland Global Enterprise (ex-Osec), qui conseille quelque 8000 entrepreneurs. «Pour des raisons réglementaires, elle doit installer une entité sur place et employer du personnel local», précise-t-il.

Si la Chine, première nation manufacturière, constitue aussi le meilleur point d'entrée en Asie, Sylvain Jaccard voit dans le Vietnam et le Cambodge des alternatives meilleur marché, comme c'est déjà le cas pour le textile, mais il juge encore précoce de parler de tendance. Pour lui, les firmes suisses qui ont déjà fait le pas resteront en Chine, en raison des lourds investissements de départ.

Pour les autres, le Maghreb et surtout la Turquie séduisent toujours davantage pour y déplacer la production destinée à l'exportation, notamment vers l'Europe, relève Sylvain Jaccard. «Malgré des salaires plus élevés, la Turquie nous est plus proche que la Chine, tant sur le plan géographique que culturel», estime-t-il. (ats/nxp)

Créé: 05.07.2013, 09h48

Articles en relation

L'accord de libre-échange Suisse-Chine signé samedi

Partenariat Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, accompagné d'une délégation, signera samedi l'accord de libre-échange entre la Suisse et la Chine. Plus...

La croissance de la Chine ralentit

Production manufacturière Selon la banque HSBC, Pékin a enregistré en juin sa plus forte contraction de la production manufacturière depuis neuf mois, ce qui signifie que la croissance de la 2e économie mondiale ralentit. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.