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EntreprisesChômage, délocalisations, les conséquences du franc fort

Pour certains syndicats, des entreprises profitent de la situation pour prendre des mesures impopulaires.

La pression est particulièrement forte pour les firmes actives à l'exportation.
La pression est particulièrement forte pour les firmes actives à l'exportation.
Archives, Keystone

Les restructurations d'entreprises sont en augmentation depuis la mi-janvier et l'abandon du taux plancher de l'euro par la Banque nationale suisse (BNS). Certains les soupçonnent de tirer profit de la situation en prenant des mesures de démantèlement, telles que des délocalisations à l'étranger.

Un millier d'emplois, dans le secteur de l'industrie de production principalement, seront supprimés en Suisse durant les prochains mois en raison du franc fort, selon les annonces officielles. La plupart de ces postes seront délocalisés à l'étranger.

Un tiers des firmes songerait même à réduire leurs effectifs pour faire face à l'appréciation du franc, selon l'étude du cabinet américain de conseil Mercer, publiée vendredi 6 mars et menée auprès de 62 sociétés. Quelque 8% des entreprises interrogées ont déjà concrètement mis en œuvre une telle mesure.

Exportation en difficulté

La pression est particulièrement forte pour les firmes actives à l'exportation. Une situation qui s'est envenimée avec le cours actuel de l'euro de 1,07 franc, qui correspond à une valorisation de 10% par rapport au niveau d'avant le 15 janvier.

Syna estime que «les mesures de restructuration qui, en temps normal, sont impopulaires, se font actuellement sous le couvert de la crise due au franc fort». Mathias Regotz, vice-président du syndicat, critique le fait que beaucoup d'entreprises profitent de l'instabilité de la situation.

La crise comme alibi?

Le syndicaliste est cependant conscient que «certaines sociétés ont, en raison de l'abandon du cours plancher de l'euro, le couteau sous la gorge, et ce, à moyen terme».

Il faut en revanche tirer la sonnette d'alarme lorsque des firmes refusent aux syndicats l'accès aux comptes des entreprises et quand des représentants des employés ne prennent pas part aux négociations des mesures, comme cela peut se constater en ce moment.

Le conseiller en entreprises de KPMG Peter Schmid juge, quant à lui, très improbable que des sociétés tirent profit de la situation. «Personne ne se déplace à l'étranger sans en être forcé, d'autant plus que de nombreuses organisations ont fait de mauvaises expériences une fois sur place», affirme-t-il.

Une délocalisation d'emplois hors des frontières suisses signifie devoir renoncer à de multiples avantages tels qu'un excellent savoir-faire, une main-d'oeuvre flexible et motivée, une situation de marché attrayante, une stabilité politique et des taux d'intérêt bas.

Processus de longue haleine

Déplacer des postes reflète un processus de longue haleine. Une telle mesure ne peut être adoptée qu'après de mûres réflexions, sait d'expérience Peter Schmid. L'appréciation du franc a cependant pu accélérer le phénomène, mettant certaines entreprises en péril, ajoute-t-il.

Les projets de transfert se réalisent toujours sur le long terme, une évaluation précise des possibles lieux d'implantation étant nécessaire, explique le conseiller en entreprises. Lorsqu'une décision est prise, il faut encore compter entre 9 et 18 mois, voire plus, jusqu'à ce que l'infrastructure soit réalisée.

Hâte-toi lentement

Le spécialiste thurgovien en équipements du bâtiment, AFG Arbonia-Forster, a annoncé pas plus tard que mardi qu'il allait délocaliser chez le fabricant de fenêtres EgoKiefer 150 à 200 postes d'Altstätten (SG) en Slovaquie, où il est déjà présent, d'ici à 18 mois.

La société de maintenance aérienne SR Technics va elle aussi biffer 250 emplois en Suisse en l'espace d'une année, pendant que de nouveaux postes seront créés à Belgrade.

Dans le cas d'une entreprise déjà partiellement implantée hors de Suisse, une délocalisation peut se faire assez vite, estime le professeur d'économie Bruno Waser. Un constat qui corrobore l'observation de Syna selon laquelle les sociétés exploitant une usine à l'étranger font partie de celles qui ont rapidement annoncé un démantèlement.

Une délocalisation à l'étranger n'est envisageable que dans l'objectif d'améliorer la compétitivité de la firme, affirment Peter Schmid et Bruno Waser à l'unisson. Des mesures de restructuration doivent avant tout servir à optimiser les structures existantes au niveau organisationnel et technique.

L'Europe appréciée

Environ deux tiers des entreprises suisses déplacent leurs activités vers les pays européens, un tiers vers l'Asie, selon des relevés de la Haute école de Lucerne, où enseigne Bruno Waser.

Les Etats d'Europe correspondent aux marchés d'exportation les plus importants de la Suisse, souligne Bruno Waser. Etre proche culturellement et géographiquement accroît le succès de l'implantation. Les processus de délocalisation vers l'Asie demandent plus d'investissement, bien que le continent représente un potentiel de marché plus grand.

ats

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