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Christine Lagarde devrait opter pour le statu quo

La nouvelle présidente de la Banque centrale européenne dévoilera jeudi sa décision de politique monétaire quelques heures après celle de la Banque Nationale Suisse.

Christine Lagarde ne devrait pas réserver de mauvaise surprise jeudi à la Banque nationale suisse (BNS). La nouvelle présidente de la Banque centrale européenne (BCE), qui vivra son baptême du feu, va très vraisemblablement confirmer le statu quo monétaire, affirme Sophie Casanova, directrice adjointe de la recherche économique chez Edmond de Rothschild.

La BNS se trouvera dans une situation inconfortable jeudi. Sa politique monétaire est étroitement liée à celle de son homologue européenne. Or, une fois n'est pas coutume, la BCE rendra ses décisions quelques heures plus tard. «Ce n'est pas la première fois que la BNS tient sa réunion le matin et la BCE l'après-midi», relativise Mme Casanova, spécialiste des banques centrales.

Même politique mais changement de ton

Le scénario selon lequel Christine Lagarde annoncerait une nouvelle baisse des taux directeurs et contraindrait l'institut d'émission helvétique à rétropédaler en urgence semble tout sauf plausible. «Les banques centrales ont déjà beaucoup agi - que ce soit la BCE ou la Réserve fédérale américaine - depuis le troisième trimestre 2019. A ce stade, je pense que leur orientation pour cette fin d'année devrait être le statu quo monétaire», souligne l'économiste.

Mme Lagarde vivra jeudi ses premières réunion et conférence de presse en qualité de présidente de la BCE. Depuis son élection, la Française a exprimé à plusieurs reprises sa détermination à poursuivre la politique monétaire conduite par son prédécesseur Mario Draghi, rappelle Sophie Casanova.

L'ancienne ministre française de l'Economie et ex-patronne du FMI, avocate de profession, devrait en revanche imposer un style bien à elle, un «changement de tonalité» qui s'installera graduellement. «La continuité voudrait que l'on conserve dans un premier temps des conférences de presse assez similaires aux précédentes», avertit cependant l'économiste du groupe bancaire genevois.

Question de crédibilité

Pour 2020, Edmond de Rothschild table sur le maintien par la BCE d'une politique monétaire «ultra accommodante», avec des taux directeurs stables et la poursuite des achats d'actifs à hauteur de 20 milliards d'euros (21,8 milliards de francs) par mois.

En cas de détérioration des perspectives économiques en zone euro, l'institut francfortois pourrait renforcer les programmes de rachat de dette, voire baisser légèrement - de 10 points de base - ses taux directeurs. «Ce signal pourrait être nécessaire à Christine Lagarde pour assurer sa crédibilité», note Mme Casanova.

Par ricochet, la Banque nationale suisse devrait suivre la tendance, soit en optant pour le statu quo, soit en procédant à un nouvel assouplissement en cas de ralentissement conjoncturel en zone euro. La valorisation du franc face à l'euro demeurera le baromètre que les banquiers centraux suisses consulteront en priorité pour déterminer leur politique monétaire.

A en croire Mme Casanova, l'assouplissement de la base de calcul pour prélever l'intérêt négatif auprès des banques s'est révélé judicieux. Le président Thomas Jordan et son équipe se sont ainsi donnés une marge de manoeuvre supplémentaire, remarque la spécialiste.

«La BNS s'est engagée à revoir son système d'exemption si nécessaire mais il n'y a pas d'urgence puisqu'elle a adopté un système dynamique en septembre dernier.» En modifiant le ratio d'exemption, la Banque nationale a néanmoins «ouvert la porte» à une éventuelle baisse des taux directeurs, prévient l'économiste.

(ats)

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