La colère des Sioux contre un pipeline et Credit Suisse

Dakota Access PipelineLa banque est le «principal bailleur» d’un projet qui menace des tribus, affirme Greenpeace. «Faux», rétorque le groupe financier.

La tribu sioux de Standing Rock estime ainsi que l’oléoduc passe sur des sites sacrés et menace ses sources d’eau potable.

La tribu sioux de Standing Rock estime ainsi que l’oléoduc passe sur des sites sacrés et menace ses sources d’eau potable. Image: Reuters

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Credit Suisse est engagé pour près de 1,4 milliard de dollars dans un projet controversé de pipeline traversant le Dakota du Nord, affirme ce jeudi Greenpeace. La deuxième banque du pays serait «le principal bailleur de fonds de cet oléoduc» américain, dont la construction avait été bloquée par le président Obama, avertit dans un rapport l’organisation militant pour la protection de l’environnement.

Contacté, Credit Suisse «rejette vivement» ces reproches, les qualifiant «d’erronés», avant de marteler que, non, le groupe «ne participe pas au financement du projet du Dakota Access Pipeline».

Le prêt de la discorde

Greenpeace reconnaît que, au sein du consortium de dix-sept banques ayant financé directement le projet d’oléoduc en août 2016, ne figurait aucun établissement suisse. En revanche, l’organisation affirme, en se basant sur les déclarations faites à la SEC – le gendarme financier américain – que Credit Suisse a «octroyé ou participé à l’octroi de prêts à sept occasions depuis 2011» en faveur de l’opérateur du pipeline, Energy Transfer Partners, et d’entités liées. Et ce pour un total de 1,4 milliard. Soit bien davantage que les financements orchestrés par chacune de la quarantaine d’autres banques liées au projet – parmi lesquelles figure UBS. Au cœur de ces accusations, «un prêt de 850 millions de dollars à l’entreprise qui construit et exploite le pipeline, le 3 mai 2015». Une autre «affirmation erronée», répète-t-on au siège de la banque à Zurich, sans donner davantage de détails.

Projet à 3,8 milliards de dollars, le Dakota Access Pipeline doit s’étendre sur 1900 kilomètres. Il vise à transporter l’or noir du Dakota du Nord – région clé du pétrole de schiste – vers un centre de distribution dans l’Illinois.

Exhortation de CalPERS

L’administration de Donald Trump a relancé ce projet contesté, revenant sur une décision prise par son prédécesseur, au grand dam des populations amérindiennes locales. La tribu sioux de Standing Rock estime ainsi que l’oléoduc passe sur des sites sacrés et menace ses sources d’eau potable. Energy Transfer Partners affirme que des technologies de dernier cri ont été mises en place pour prévenir tout désastre.

Il y a une semaine, CalPERS – la caisse de retraite des fonctionnaires californiens – exhortait les banques du Dakota Access Pipeline à «répondre aux inquiétudes des tribus de Standing Rock». Le premier fonds de pension américain va cependant maintenir ses investissements dans les sociétés exploitant l’oléoduc, afin d’y conserver son «influence».

La Royal Bank of Scotland a, elle, déjà confirmé ne plus financer ces sociétés, et ce depuis 2015. Non point tant à cause des Sioux qu’en raison de sa stratégie de retrait du marché américain.

(24 heures)

Créé: 23.02.2017, 22h10

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