Les compagnies souffrent des répercussions du Brexit

AviationEasyJet avertissait lundi s’attendre à un chiffre d’affaires en baisse d’au moins 5% sur le second semestre par rapport à 2015.

En plus du Brexit, EasyJet vit une période chamboulée par les grèves en France, par des problèmes de congestion à Gatwick, ainsi que par une météo maussade.

En plus du Brexit, EasyJet vit une période chamboulée par les grèves en France, par des problèmes de congestion à Gatwick, ainsi que par une météo maussade. Image: AFP

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Après une première journée boursière cauchemardesque vendredi passé, la curée s’est poursuivie lundi pour les titres des compagnies aériennes britanniques. EasyJet en tête. Le titre a clôturé la séance sur une nouvelle chute de 22,32% à 1020 livres, perdant ainsi près de 500 livres en deux séances. Même plongée en enfer du côté d’IAG (maison mère de British Airways, comprenant aussi Iberia, Vueling et Aer Lingus). Son action sombrait de 15,92% à 343,90 livres. En deux jours ouvrables, la correction dépasse de quelque peu les 180 livres.

Les deux compagnies aériennes entraînaient d’ailleurs dans leur sillage leur concurrente irlandaise: Ryanair. En deux jours, son titre est passé de 13,75 à 10,53 livres. N’étant pas dans le Royaume-Uni et publiant ses résultats en euro, cette dernière apparaît moins concernée. Sa forte dépendance au marché britannique pourrait toutefois lui jouer des tours en cas d’un appauvrissement général du pays.

Avec les banques, les valeurs boursières des compagnies aéronautiques anglaises font ainsi parties des principales victimes du Brexit. Car parmi les nombreuses inconnues qui entourent la décision prise par les Britanniques de sortir de l’Union européenne, l’une les concerne principalement: l’accès à l’espace aérien européen. «Notre maintien dans le marché unique du transport aérien européen doit être une priorité étant donné l’importance de cette question pour le commerce et les consommateurs», écrivait vendredi Carolyn Mac Call, la PDG d’EasyJet dans un courrier adressé au gouvernement anglais ainsi qu’à la Commission européenne.

Grèves, météo et Brexit

En ce qui concerne le groupe anglais, particulièrement actif à l’aéroport de Cointrin où il emploie quelque 850 personnes, sa stratégie de communication n’a pas joué en sa faveur. Après avoir tenté de rassurer les marchés vendredi en assurant par communiqué que le vote des Anglais n’aurait pas d’impact conséquent sur «sa capacité à générer une croissance en termes de résultats et de bénéfices», la compagnie estimait finalement lundi s’attendre à «des revenus par siège à taux de change constant au second semestre en baisse d’au moins 5% (en comparaison annuelle)».

Au dire de la compagnie aérienne, le Brexit n’est concrètement qu’une incertitude supplémentaire dans une branche déjà fortement chamboulée depuis le début de l’année par les grèves en France (les deux tiers des vols d’EasyJet survolent l’Hexagone), par des problèmes de pistes et de congestion de l’aéroport de Londres Gatwick, ainsi que par la météo particulièrement maussade ces dernières semaines.

Quant à l’hypothèse d’un déménagement de certaines activités, voir même du siège hors d’Angleterre, elle serait «prématurée». Pour le moment EasyJet assure ne pas envisager de changement stratégique, ni de modification de sa structure.

Recommandations négatives

Easyjet comme IAG ont également souffert de la réaction des analystes qui ont très rapidement revu à la baisse leur recommandation sur ces compagnies. HSBC par exemple prédit que la situation actuelle aboutirait à affecter fortement les activités des sociétés britanniques. Au dire des analystes de l’établissement bancaire, la potentielle sortie de la Grande-Bretagne du marché unique du transport aérien pourrait réduire les activités d’EasyJet – ainsi que celles de sa concurrente directe Ryanair – à hauteur de 30%.

De son côté Credit Suisse a non seulement retiré IAG de la liste de ses valeurs privilégiées en Europe, mais également fortement baissé ses objectifs pour le cours de son action. «Nous attendons de la clarté sur l’étendue de la faiblesse de la demande britannique», déclarait un analyste de la banque au site boursier de référence Cercle Finance.

Créé: 28.06.2016, 07h37

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