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FinanceLa consolidation des banques privées va s'accélérer

L'abolition du taux plancher, décidée par la Banque nationale suisse (BNS), va accélérer la consolidation des banques privées en Suisse.

Boris Collardi, CEO de Julius Baer et président de l'Association de banques suisses de gestion (ABG).
Boris Collardi, CEO de Julius Baer et président de l'Association de banques suisses de gestion (ABG).
ARCHIVES, Keystone

Selon Boris Collardi, CEO de Julius Baer, le renchérissement du franc par rapport à l'euro ou face au dollar, va faire diminuer les revenus et augmenter le coût de production.

«D'ici à cinq ans, il est très possible que la Suisse ne compte plus que 100 banques privées», a déclaré ce mardi 20 janvier devant la presse réunie à Berne, Boris Collardi, président de l'Association de banques suisses de gestion (ABG). Leur nombre a déjà reculé de 182 à 139 de 2005 à 2013.

Certains instituts vont certainement fusionner ou externaliser certaines prestations, comme l'informatique. «Les banques vont réfléchir à leur modèle d'affaire mais il n'est pas exclu qu'elles déplacent une partie de leur outil de production en dehors de la Suisse», a ajouté Boris Collardi.

Les membres de l'ABG et ceux de l'Association de banques privées suisses (ABPS) comptent au total 21'500 collaborateurs, dont 14'500 en Suisse. La décision de la BNS va certainement entraîner une baisse ou un report des investissements, a précisé le CEO de Julius Baer. L'engagement de personnel se fera essentiellement à l'étranger.

Les banques privées en Suisse génèrent 80% de leurs revenus en dollars ou en euros et 20% en francs. Au niveau des coûts, c'est le contraire. «Le renchérissement du franc va faire diminuer les revenus et va affecter la profitabilité, si nous ne faisons rien», a expliqué le Vaudois.

Christoph Gloor, associé de la banque bâloise La Roche et président de l'ASBS, a critiqué la BNS. L'intérêt négatif sur les avoirs en comptes de virement pénalise davantage les instituts privés que les grandes banques. Selon la base de calcul arrêtée, les établissements à vocation universelle profitent de montants exonérés plus élevés car leurs réserves minimales légales sont plus importantes.

La Suisse toujours numéro un

De plus, comme le contexte est difficile aussi bien au niveau réglementaire que concurrentiel, la croissance de la gestion de fortune transfrontalière sera vraisemblablement moins forte en Suisse ( 3%) ces prochaines années que dans d'autres pays, comme Singapour ( 10%) ou Hong Kong ( 11%).

La Suisse devrait rester numéro un avec 2,4 milliards de francs d'actifs offshore prévus en 2018, contre 2,1 milliards en 2013. Mais «si l'on ne fait rien, on perd des parts de marché. Ce qui veut dire aussi des places de travail», a ajouté Boris Collardi.

Pour conserver et développer ses atouts uniques, la Suisse doit faire évoluer ses conditions-cadre, a ajouté Christoph Gloor. Selon lui, il faut améliorer l'accès au marché, via par exemple des accords avec les principaux partenaires.

Dans le cadre de sa grande réforme de son droit financier, la Suisse doit également renforcer la prévisibilité et dépourvoir sa juridiction de tout «swiss finish».

Et pour conserver la capacité concurrentielle, il faut «éviter par principe toute mesure qui handicape la place financière suisse par rapport à ses concurrentes étrangères», que ce soit en matière fiscale ou réglementaire, ajoute Christoph Gloor. Concernant la mise en place de l'échange automatique de renseignements fiscaux, il est par exemple vital que le level playing field (terrain jeu identique pour tous) soit respecté.

ats

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