Crédits: UBS met en garde les entreprises helvétiques

ConjonctureSergio Ermotti évoque une possible hausse des taux d’intérêt pour les sociétés.

Sergio Ermotti: «Si l’environnement se maintient, une hausse des taux d’intérêt sur les crédits aux sociétés s’avère possible. Avec toutes les conséquences directes à prévoir pour l’économie.» REUTERS

Sergio Ermotti: «Si l’environnement se maintient, une hausse des taux d’intérêt sur les crédits aux sociétés s’avère possible. Avec toutes les conséquences directes à prévoir pour l’économie.» REUTERS

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Après l’introduction de taux d’intérêt négatifs par la Banque nationale suisse (BNS), entre décembre 2014 et janvier 2015, UBS, comme d’autres banques helvétiques, a progressivement imposé des frais à la charge des clients pour certains services. Le patron d’UBS, Sergio Ermotti, prévient maintenant les entreprises helvétiques: «Si l’environnement se maintient tel qu’il est, une hausse des taux d’intérêt sur les crédits octroyés aux sociétés s’avère possible. Avec toutes les conséquences directes à prévoir pour l’économie.»

Un tel message, prononcé lors d’une conférence à Francfort le 2 mars et passé jusque-là inaperçu, ne manque évidemment pas d’effrayer une partie du patronat. «Nous nous approchons du pire: un franc encore plus fort auquel s’ajouterait une pénalité sur les crédits accordés aux entreprises», déplore le directeur général de la Fédération des entreprises romandes, Blaise Matthey.

Rappelons que la BNS avait introduit un taux de - 0,25% en décembre 2014, puis le triple un mois plus tard sur les comptes de virement des banques, hébergés dans les coffres de l’institut d’émission lui-même. Cette mesure visait bien sûr à atténuer l’attrait du franc et, par conséquent, à affaiblir sa valeur par rapport aux autres devises. A commencer par l’euro.

Andrea Maechler, membre de la direction générale de la BNS depuis juillet, confirme l’effet escompté des taux d’intérêt négatifs: «Il est difficile à quantifier, mais il est avéré.» La Genevoise précise néanmoins que le franc demeure surévalué en dépit d’un cours en baisse depuis l’été dernier.

Billet de 1000 encombrant

Ces constats expliquent en grande partie les difficultés évoquées par Sergio Ermotti: «Dans le passé, la marge nette en taux d’intérêt constituait un élément fondamental des revenus dans la banque commerciale classique. Elle était suffisamment élevée pour permettre d’accorder beaucoup de prestations gratuitement aux clients. Aujourd’hui, exiger tout à coup de l’argent pour ça est plus facile à dire qu’à faire.»

Le président du directoire tessinois relève en outre qu’il serait impossible de transférer la charge des taux d’intérêt négatifs dans les frais des petits clients (clients «retail»), dans un contexte de déflation et en plus avec l’existence d’un billet de 1000 francs: «Ces personnes retireraient leur argent. Non pas du fait d’une crainte quant à la stabilité des banques, mais juste pour limiter les frais.»

L’analyse de Sergio Ermotti ne saurait laisser les autorités indifférentes. Elle susciterait peut-être même quelque embarras. «Après avoir consulté nos économistes, je dois vous indiquer que commenter les déclarations du président du directoire d’une banque privée ne relève pas des compétences de nos services. Nous vous invitons à vous adresser à la BNS, responsable de la politique monétaire du pays», nous a aimablement con seillé le Secrétariat d’Etat à l’économie. L’institut d’émission a toutefois préféré s’abstenir de tout commentaire sur la mise en garde du patron d’UBS.

Le chef économiste de la Fédération des entreprises suisses, Rudolf Minsch, s’est en revanche fendu d’une prise de position fort claire: «Les taux d’intérêt négatifs empêchent assurément que l’attrait du franc s’accroisse encore davantage. Nous attendons cependant, avec grand intérêt, que la BNS commence dès que possible un retour à la normalité et abandonne une politique monétaire ultra-expansive.»

La BNS n’est pas un cas isolé

Rappelons néanmoins que la BNS n’est de loin pas la seule banque centrale de la planète à recourir à des taux d’intérêt négatifs. Ils seraient actuellement pratiqués dans un groupe d’Etats dont la somme des PIB (produits intérieurs bruts) atteindraient en tout le quart de la valeur créée dans le monde en un an.

Créé: 09.03.2016, 08h59

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