Davos s’apprête à réunir des élites contestées

Forum économique mondialLe gotha des affaires se retrouve à partir de lundi prochain. Le fondateur du forum appelle à «moraliser »la mondialisation.

Le fondateur du Forum, Klaus Schwab, appelle à «définir une nouvelle approche de la mondialisation, afin d’inclure ceux qu’elle a laissés de côté». Image: DENIS BALIBOUSE/Reuters

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Le Forum économique mondial – le WEF en anglais – qui rassemble à partir de lundi prochain l’élite économique et politique mondiale à Davos, se donne cette année pour mission de «repenser» une mondialisation de plus en plus contestée. Un défi qui sera relevé sans le président Trump, ni son homologue français Emmanuel Macron. Les deux chefs d’État ont annoncé la semaine dernière qu’ils ne se rendraient pas au traditionnel rendez-vous de début d’année.

«Nous entrons dans une période de profonde instabilité»

Pour cause de paralysie de l’administration dans le premier cas et de crise sociale de «gilets jaunes» dans le second. Le gotha du monde des affaires se rabattra sur la chancelière allemande Merkel, le premier ministre japonais Shinzo Abe ou le nouveau président brésilien, Jair Bolsonaro, dont ce sera le premier déplacement à l’international.

Crise de confiance

Défiance envers les élites en Europe et aux États-Unis, urgence du réchauffement climatique, crainte d’un retour de la récession en 2019… Le Forum de Davos s’ouvre dans un contexte tendu qu’a reconnu mardi le fondateur de la manifestation, Klaus Schwab, au siège genevois du WEF. «Nous entrons dans une période de profonde instabilité causée par les bouleversements technologiques de la quatrième révolution industrielle et le remaniement des équilibres géo-économiques et géopolitiques», a indiqué ce dernier lors de la conférence ouvrant la voie à l’événement qui se tiendra du 22 au 25 janvier à Davos.

Klaus Schwab appelle à «définir une nouvelle approche de la mondialisation, afin d’inclure ceux qu’elle a laissés de côté». Nécessitant d’être «remoralisée», cette globalisation «ne doit pas être confondue avec le globalisme, idéologie selon laquelle tout ce que nous faisons doit être soumis aux forces du marché», a répété Klaus Schwab.

La Russie, in extremis

Hier au siège de l’organisation à Cologny, les équipes en charge de l’organisation du forum ont indiqué que 3200 participants étaient attendus cette année, dont une moitié de représentants des milieux d’affaires et plus de 70 chefs d’État. Parmi les invités en vue figurent le premier ministre israélien en difficulté Netanyahou, mais également les nouveaux responsables de la Colombie ou de l’Éthiopie – qui a entamé une spectaculaire réconciliation avec l’Érythrée. Surprise, un représentant de Cuba – son ministre du commerce extérieur – sera également présent. Arrivant en nombre, la délégation chinoise sera emmenée par le vice-président de la République populaire, Wang Qishan, deux ans après que le président Xi Jinping eut ouvert la 47e édition dans la station des Grisons.

La Russie, qui avait menacé en novembre dernier de n’envoyer aucune délégation officielle, après la mise à l’écart du forum de trois oligarques placés sur liste noire par Washington, enverra simplement son ministre du développement économique, Maxim Oreshkin, et celui du gaz et du pétrole, Alexander Novak.

Les organisateurs du rendez-vous annuel ont minimisé l’absence de Donald Trump, «parfaitement compréhensible», et indiqué qu’une délégation «importante» ferait le déplacement de Washington. Parmi les noms évoqués hier figurent celui du ministre des affaires étrangères, Mike Pompeo, ou du commerce, Wilbur Ross.

Quid du pays hôte de la manifestation? Ueli Maurer sera attendu à Davos dès le début de la manifestation, suivi d’Alain Berset, de Guy Parmelin ou d’Ignazio Cassis.

Neige abondante et soleil

«Nous ferons en sorte de mettre [ces responsables] sous pression sur ces dossiers urgents», a prévenu hier Borge Brende, président du Forum économique mondial depuis un peu plus d’un an.

«Si nous étions amenés à faire face à une nouvelle récession, je me demande si nous assisterions à la même coopération internationale que celle qui avait vu le jour après [la crise financière de] 2008», s’est inquiété l’ancien chef de la diplomatie norvégienne.

La semaine prochaine, les participants au sommet feront face à un autre dilemme: assister aux conférences agendées – il y en a plus de 350 – alors que la neige s’annonce exceptionnelle et que le soleil devrait être de la partie.

(24 heures)

Créé: 15.01.2019, 22h09

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Quand la mondialisation basculera

Un autre penseur de la globalisation s’est exprimé devant plus de 1500 personnes ce mardi à Genève. Et il a sonné l’alerte sur les mêmes constats que ceux pointés du doigt par les organisateurs du Forum de Davos: la fonte des glaces de l’Antarctique – six fois plus rapide qu’en 1979 – ou la disparition de 60% de la vie animale.

Pour Jeremy Rifkin, «nous avons vingt ans pour relever un des plus importants défis de notre histoire». Il faut «se préparer vous à un remplacement de nos infrastructures comme vous ne l’avez jamais vécu» a lancé le penseur américain à l’attention d’un parterre d’étudiant et de professionnels de la «Tech».
Invité pour le 10e anniversaire des Digital Days – conférence organisée par l’école de marketing CREA et de l’agence de stratégie digitale Emakina – le gourou des nouvelles technologies a répété sa thèse.

L’humanité ne pourra saisir sa «dernière chance» qu’en faisant converger les réseaux de communication digitale avec «l’Internet de l’énergie» - un réseau électrique décentralisé, alimenté par chacun. Un défi qui mènera, aux yeux de l’essayiste, à la création d’une «économie partagée». Un système «qui rompra avec le capitalisme dominant le monde depuis le XIXe siècle». Et qui fera «basculer» la mondialisation.

P.-A.SA.

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