Le dénonciateur de Goldman Sachs en manque d'arguments

Publication «Pourquoi j'ai quitté Goldman Sachs», le livre de Greg Smith, l'ex-employé de la banque qui avait dénoncé quelques mois plus tôt des pratiques «toxiques», se révèle décevant. L'établissement contre-attaque.

Greg Smith, un ex-banquier repenti ou un dénonciateur cupide?

Greg Smith, un ex-banquier repenti ou un dénonciateur cupide? Image: DR

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En avril dernier, Greg Smith claquait la porte de Goldman Sachs avec grand fracas. Dans une tribune publiée dans le New York Times, l’ancien cadre londonien dénonçait la culture d’entreprise «toxique» de la banque d’affaires, entachant davantage la réputation de l’établissement déjà sous le coup de multiples enquêtes. L’œuvre avait ravivé le débat sur la cupidité et les excès de Wall Street. Ce lundi, Greg Smith publie en grandes pompes son livre «Pourquoi j’ai quitté Goldman Sachs», une version longue de sa lettre de démission publique.

Gigantesque «hypocrisie»

Qu'apprend-t-on? «Beaucoup de réminiscences des plaisirs de son travail – costumes faits mains, jacuzzi, fraises à Wimbledon. Mais le livre de l’ancien de Goldman n’apporte rien de nouveau sur les pratiques illégales ou douteuses de la banque», critique le New York Times qui s’est procuré une édition du livre avant sa sortie.

Avec son ascension dans la banque comme fil conducteur, Greg Smith accuse Goldman Sachs de privilégier ses propres intérêts en manipulant ses clients, traités de «guignols» par certains collaborateurs. Il raconte aussi comment la banque a tiré profit de la crise financière, une gigantesque «hypocrisie»: d’un côté, Goldman Sachs conseillait les hedge funds pour exploiter les pays au bord de la faillite comme la Grèce. De l’autre, ses banquiers guidaient ces gouvernements pour «réparer le désordre».

Cupidité et amertume

Bref, rien de vraiment nouveau au final. «Avec ce livre, on retiendra davantage les talents en marketing de son auteur que les bombes révélatrices promises», lance Reuters.

Entre un «ex-banquier qui veut exorciser les démons de la finance folle» et un «dénonciateur motivé par la cupidité et l’amertume», le journaliste Marc Roche, correspondant du Monde à Londres, admet qu’«on pencherait plutôt pour la seconde version».

«Soulagé»

«Il n’y a pas d’exemples de culture toxique, ni de noms de personnes corrompues ou immorales ou d’exemples de clients arnaqués», continue le New York Times. «Le livre de Mr Smith pourrait même renforcer la réputation de Goldman», ajoute le quotidien américain, tant la plupart des épisodes racontés restent anecdotiques.

«Au lieu de détails nouveaux sur les accusations de fraude par la SEC (le régulateur financier américain, ndlr) en 2010, les lecteurs apprennent qu’un des traders au cœur de l’affaire, Fabrice Tourre, était "légèrement toqué" et "socialement embarrassant".»

Un porte-parole de la banque se serait même dit «soulagé» après la lecture du livre.

Créé: 22.10.2012, 13h49

Goldman Sachs ne voulait pas doubler son salaire

C’est la réponse du berger à la bergère : un rapport incendiaire de Goldman Sachs sur son ex-employé Greg Smith a été rendu public il y a quelques jours.

Basé sur des entretiens avec plusieurs dizaines d’anciens collègues et sur l’analyse de millions de courriers électroniques, il décrit Greg Smith comme un collaborateur «frustré». Le cadre faisait partie des «employés les moins performants» de toute la banque d’affaires.

Aussi, Goldman Sachs aurait refusé de doubler son salaire à un million de dollars par an. Une demande jugée «irréaliste» par sa hiérarchie puisque le collaborateur, qui évoluait au sein de la banque depuis 12 ans, n’était plus performant depuis bon nombre d’années.

Ce refus intervient peu de temps avant la publication de sa tribune dénonciatrice dans le New York Times. Greg Smith aurait ainsi voulu se venger de son employeur.

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