Les dettes d’Etat, le pactole inattendu de 2014

BourseCette année aura été exceptionnelle pour le marché des obligations souveraines. Le miracle peut-il se poursuivre en 2015?

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Investir sur les dettes des Etats en 2014… Le pari était osé tant les avis des économistes étaient négatifs en début d’année. Et pourtant, dans un environnement géopolitique particulièrement perturbé avec la crise en Ukraine, les élections grecques ou encore la chute inattendue du pétrole, ce type de placements considérés comme sûrs ont largement été plébiscités.

«Si nous étions plutôt neutres au début de 2014, s’attendant concrètement à une stagnation de ce marché de la dette, il est vrai que de manière générale personne n’avait envisagé un tel scénario pour les emprunts d’Etats», confirme Fabrizio Quirighetti, l’économiste en chef de la Banque Syz & Co. A l’AFP, un analyste financier de BNP Paribas évoquait même «avoir rarement vu de telles performances pour des portefeuilles de titres obligataires».

Bulle ou pas bulle? Cette croissance exceptionnelle d’actifs très décriés ces dernières années par plusieurs économistes laisse du coup planer le doute. Assiste-t-on à l’émergence d’une bulle obligataire? Selon Fabrizio Quirighetti, une telle inquiétude n’a pas vraiment lieu d’être, même s’il reconnaît qu’il y a peut-être eu un certain emballement sur ce marché de la dette. «Plusieurs facteurs poussent à penser que la demande obligataire devrait se poursuivre, explique l’analyste financier. Le vieillissement de la population par exemple pousse les caisses de pension et autres investisseurs à se tourner vers des placements plus sûrs. Et il en va de même pour les Etats.»

Moins de surprises en 2015

En cette journée de réveillon, une question se pose: le miracle obligataire de 2014 pourra-t-il se répéter en 2015? Ce marché parviendra-t-il à afficher les mêmes performances dans l’année qui vient? Chez BNP Paribas, l’avis est que les excellents résultats de 2014 pourront difficilement se répliquer une année supplémentaire. Toutefois, la tendance devrait rester positive, puisque comme le souligne Fabrizio Quirighetti, pour éviter de mettre en péril la croissance à venir, «la remontée des taux directeurs ne devrait se faire que graduellement». Pour le moment les avis sont que les taux resteront bas en 2015 et ne commenceront à remonter de manière plus nette que l’année d’après.

Quant à la Banque centrale européenne (BCE), elle devrait remplacer la Réserve fédérale américaine (FED) avec son programme d’achats massifs de dettes souveraines et donc soutenir à son tour le secteur obligataire.

Créé: 31.12.2014, 10h54

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Une année 2014 favorable aux actions

Ni les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, ni la conjoncture atone en Europe, ni la chute des prix du pétrole, n’ont fait flancher les investisseurs en 2014. Comme l’année d’avant, les banques centrales, Réserve fédérale américaine (FED) en tête, ont soutenu les marchés d’actions en laissant ouvert le robinet des liquidités.

Bien qu’avec de l’argent, en principe, des investissements soient rendus possibles et la croissance économique encouragée, beaucoup de liquidités ont finalement atterri sur les marchés boursiers.

Pour les investisseurs, le recours aux actions constituait presque la seule solution. Avec des taux d’intérêt proches de zéro, seuls des rendements ont pu être enregistrés sur les capitaux investis. Sans oublier que les matières premières sont encore plus volatiles et risquées que les marchés boursiers.

Beaucoup de liquidités ont, par conséquent, été investies dans les actions et les valeurs boursières des entreprises ont augmenté vigoureusement. Pour preuve le bilan de 2014 qui abouti à une hausse généralisée et le plus souvent conséquente des Bourses du monde entier.

Le Swiss Market Index (SMI), qui réunit les vingt valeurs vedettes de la Bourse suisse, a par exemple augmenté de 10% sur an. Quant à l’indice élargi Swiss Performance Index (SPI), il a pour sa part gagné près de 14% en une année. ATS

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