Deux autres banques sur la sellette

Blanchiment d’argentAprès la BSI, la FINMA lance une enquête approfondie sur PKB et Coutts.

Le directeur de la FINMA, Mark Branson, a rappelé que «le risque de blanchiment d’argent est élevé en Suisse».

Le directeur de la FINMA, Mark Branson, a rappelé que «le risque de blanchiment d’argent est élevé en Suisse». Image: REUTERS

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Mardi, la FINMA, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, réglait le cas de la grande banque de gestion de fortune tessinoise BSI. A cette occasion, Mark Branson, son directeur, avait fait savoir que «six autres banques suisses sont encore sous le coup de procédures d’enquêtes approfondies («enforcement») de sa part en lien avec le scandale de corruption Petrobras et l’affaire du fonds d’Etat malaisien 1MDB» (lire ci-contre).

Selon l’autorité de tutelle des banques, «il existe des indices concrets selon lesquels les mesures de lutte contre le blanchiment d’argent et les processus de gestion des risques que ces six banques ont mis en œuvre étaient insuffisants». Au pire, ces banques risquent leur dissolution, comme cela sera le cas avec BSI dès que le groupe bancaire EFG, proche de la famille genevoise Latsis, aura conclu l’acquisition de l’établissement tessinois, prévue à la fin de 2016.

La FINMA ne fournit jamais le nom des établissements sur lesquels elle enquête. Mais il est maintenant avéré que parmi les six banques contre lesquelles elle a ouvert une procédure se trouvent PKB Privatbank, basée à Lugano, ainsi que Coutts, de Zurich, dont une grande partie des relations clients ont été rachetées par Union bancaire privée (UBP) à Genève.

La banque tessinoise PKB Privatbank, présidée «depuis juin 2013» et dirigée en partie par l’avocat et professeur à l’Université de Genève Henry Peter, «confirme avoir été informée en avril 2016 qu’elle sera l’objet d’un examen par la FINMA en rapport avec ce qui est appelé l’affaire Petrobras». «PKB n’a aucune implication avec l’affaire 1MDB de Malaisie», ajoute Luana Lura, en charge du marketing et de la communication de la banque.

«Rundschau», l’émission d’enquêtes phare de la télévision suisse alémanique, a récemment pris à partie PKB Privatebank, son conseil d’administration et son management, dans le volet de son émission du 11 mai consacré au scandale de ce groupe pétrolier brésilien. A ce propos, «et à cause de la procédure en cours, nous ne pouvons formuler d’autres commentaires, ni d’ailleurs au sujet des spéculations faites par Rundschau, dont nombreuses d’entre elles sont complètement infondées», a poursuivi la chargée de communication de PKB. La banque précise aussi que «c’est une condition préalable pour tous les membres de notre conseil d’administration, y compris son président, que leurs fonctions auprès de PKB soient compatibles avec leurs autres activités et mandats».

Coutts est aussi sur la sellette. A la fin d’avril, sa maison mère, Royal Bank of Scotland, indiquait que «la FINMA a ouvert une procédure d’enforcement à l’encontre de sa filiale zurichoise Coutts». Contactée, UBP rappelle qu’elle «a procédé à l’acquisition d’une partie de la clientèle de Coutts et non pas au rachat de cette entité». «UBP n’héritera pas des litiges légaux de Coutts», précise encore Maude Hug, porte-parole du groupe bancaire genevois. Elle ajoute que UBP «ne fait pas partie des banques suisses concernées par l’enquête en cours de la FINMA».

Les noms de deux autres banques helvétiques apparaissent aussi, en lien cette fois avec le fonds malaisien. Ces établissements pourraient aussi faire partie des six banques à propos desquelles la FINMA a lancé une enquête approfondie. Il s’agit d’Edmond de Rothschild à Genève, et de Falcon Private Bank à Zurich.

«Edmond de Rothschild Europe collabore activement à la procédure judiciaire en cours au Luxembourg, et n’a pas d’autre commentaire à faire pour le moment sur cette affaire», explique Jérôme Koechlin, directeur de la communication et du marketing de la banque genevoise. La banque Falcon n’a pas répondu à nos questions.

Quelle que soit l’implication véritable de ces banques dans ces affaires, rappelons que leur nom est déjà apparu dans le cadre du programme américain de règlement du conflit fiscal avec la Suisse. Ces établissements ont dû s’acquitter de lourdes amendes pour avoir continué à faciliter l’évasion fiscale de clients américains, après l’amende infligée à UBS en 2009 qui devait y mettre un point final. BSI a ainsi payé 211 millions de dollars dans le cadre du programme américain, Coutts 78,5 millions, Edmond de Rothschild 45,3 millions, PKB 6,33 millions et Falcon 1,81 million. (24 heures)

Créé: 27.05.2016, 09h26

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