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Didier Défago redoute un manque récurrent de neige

Le champion olympique et membre du conseil d’administration de TéléMorgins, veut séduire les skieurs chinois.

«La pratique des sports d’hiver doit rester une des valeurs majeures de la culture de notre pays», estime le champion olympique Didier Défago.?
«La pratique des sports d’hiver doit rester une des valeurs majeures de la culture de notre pays», estime le champion olympique Didier Défago.?
FLORIAN CELLA

Les sociétés exploitant des remontées mécaniques dans les Alpes suisses broient du noir. «Un tiers d’entre elles pourrait disparaître sans le secours permanent des cantons et des communes», selon Andreas Keller, porte-parole de l’Association des remontées mécaniques suisses (ARMS). Didier Défago, membre du conseil d’administration de TéléMorgins SA depuis mars, tient néanmoins à rester optimiste.

Le champion olympique de descente (vainqueur de l’épreuve à Vancouver en 2010) redoute certes de plus en plus la météo: «Mais la pratique des sports d’hiver doit quoi qu’il en soit rester une des valeurs majeures de la culture de notre pays.»

A cette fin, le Valaisan n’hésite pas à rappeler tous les protagonistes concernés à leurs responsabilités respectives: «Pour commencer à innover, il faut moderniser les infrastructures existantes. La réalisation des projets d’exploitants de remontées mécaniques doit donc être facilitée. D’autant plus que de nouveaux marchés seront à courtiser de toute urgence après des Jeux olympiques d’hiver en Corée du Sud en 2018, puis ceux en Chine populaire quatre ans plus tard.»

Stations menacées

Le volontarisme de Didier Défago peut se comprendre. Le plus grand nombre de remontées mécaniques homologuées en Suisse se concentrent dans son canton: 572 sur 2452. L’hiver s’annonce toutefois morose. Depuis la saison 2008-2009, le nombre d’utilisateurs de télécabines, funiculaires et autres téléskis n’a cessé de diminuer. Au cours des dix dernières années, selon l’ARMS, il a ainsi chuté de 20%.

Dans ce contexte, des menaces croissantes pèsent sur certaines stations. Lorsqu’un membre de l’ARMS renonce à ses activités, les hôteliers, les restaurateurs, les détaillants de toute une vallée, voire d’une région, sont affectés. «Tout un site disparaît de l’offre touristique suisse, lorsque des remontées mécaniques cessent de fonctionner quelque part», estime Andreas Keller.

La météo n’est bien sûr pas seule en cause. Beaucoup de stations françaises et autrichiennes sont parvenues à maintenir des chiffres d’affaires stables, ou même en hausse. La force du franc constitue, il est vrai, une nuisance supplémentaire pour le tourisme alpin en Suisse. «Nos membres sont arrivés à la conclusion qu’un cours minimal de l’euro à 1 fr. 15 s’avère nécessaire», indique le président des exploitants de remontées mécaniques grisons, Silvio Schmid.

Grand pourvoyeur d’emplois

Ce rappel est à corréler au nombre d’emplois encore assurés par la branche des remontées mécaniques en Suisse: près de 15 500. Et les usagers domiciliés dans le pays ne participent que pour un peu plus de la moitié au maintien de ces postes de travail.

Un autre élément atteste la lucidité de Didier Défago: l’adversité du moment se révèle en effet très météorologique. Il fait trop chaud. Les canons à neige ne sont plus à la hauteur et flanchent face au réchauffement climatique. L’enneigement de près de la moitié du domaine skiable helvétique, fort de 23 800 hectares, dépend désormais des flocons artificiels. Contre 29% en France.

Alternatives moins rentables

Les coûts d’exploitation, en eau et en énergie, tendent donc à augmenter. Les alternatives ne manquent certes pas: le ski sur herbe en Allemagne, les cours pour apprendre à brasser sa propre bière à Gstaad et la randonnée un peu partout.

Mais tout cela rapporte nettement moins que la vente d’abonnements aux remontées mécaniques. L’ex-conseiller fédéral Adolf Ogi, natif de l’Oberland bernois, insiste lui-même sur l’urgence d’organiser une conférence pour débattre de l’avenir du tourisme en Suisse.

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