Les drones d’inspection de Flyability prennent leur envol en Asie

Economie vaudoiseLes robots volants de la start-up lausannoise sont destinés principalement à inspecter des sites industriels et à explorer des endroits accidentés.

Les drones multicoptères avec leur «cage» de protection anticrash sont testés dans un atelier de Sévelin, à Lausanne.

Les drones multicoptères avec leur «cage» de protection anticrash sont testés dans un atelier de Sévelin, à Lausanne. Image: PHILIPPE MAEDER

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Sur un nuage en matière d’innovation, la région lausannoise peut revendiquer l’appellation «Drone Valley». Ces engins ne volent pas seulement dans des courses pour passionnés, comme il y a quelques semaines du côté de l’EPFL. En effet, de multiples technologies sont nées dans l’Ecole polytechnique pour ces appareils de tous les types. En témoigne le drone multicoptère capable de transporter des petits colis en sécurité présenté récemment par le Laboratoire des systèmes intelligents. Mais une véritable industrie des drones à usage professionnel existe aussi à Lausanne et environs avec deux sociétés phares: Sensefly, à Cheseaux, qui ne compte pas moins d’une centaine de collaborateurs, fabriquant principalement des drones de cartographie, et Flyability, au cœur de la ville, spécialisée dans les drones multicoptères destinés à l’inspection et l’exploration.

En manque d’espace

Preuve de l’intérêt planétaire pour les drones made in Lausanne: depuis le mois de septembre, des appareils de Flyability volent en Chine. Une percée dans le ciel asiatique qui marque l’envol de ses ventes, déjà importantes en Amérique du Nord. La start-up, qui n’a que 3 ans, emploie aujourd’hui une soixantaine de personnes dans le quartier de Sévelin, où elle fait l’assemblage final et les tests d’appareils «toujours plus industrialisés». Les ingénieurs qui développent les produits représentent la moitié de l’équipe. La logistique est également importante pour expédier au loin ces machines de plusieurs milliers de francs, dans des coffres, avec leur station au sol, console et tablette.

Issue de l’EPFL, la start-up qui est passée par l’incubateur de la haute école n’arrête pas de déménager. Avec 1000 m2 actuellement, elle est déjà en manque d’espace, remarque en souriant Patrick Thévoz, directeur et cofondateur. «Notre société évolue extrêmement vite. Nous avons déjà franchi plusieurs caps de croissance d’une PME: d’abord en passant de deux à cinq personnes, puis 25, et 50 il n’y a pas longtemps… On doit réfléchir en permanence pour adapter la structure.»

«A l’avenir, on veut fabriquer près de 1000 drones par an. Cela nécessiterait d’engager huit ou dix personnes supplémentaires. Mais nous avons un énorme potentiel de croissance»

Après plusieurs années de recherche et développement, les ventes ont réellement démarré l’an dernier. Flyability a vendu près de 300 drones à ce jour. En 2016, elle réalisait un chiffre d’affaires de 2 millions de francs, selon son directeur. Mais, cette année, celui-ci devrait être trois fois plus élevé. «A l’avenir, on veut fabriquer près de 1000 drones par an. Cela nécessiterait d’engager huit ou dix personnes supplémentaires. Mais nous avons un énorme potentiel de croissance.»

Flyability construit des robots volants multicoptères capables de résister aux collisions et sans risque pour les humains grâce à leur «cage» de protection en fibres de carbone leur permettant de percuter les obstacles et de rebondir sans risque de crash. Ils sont destinés principalement aux marchés de l’inspection et de l’exploration de sites confinés ou accidentés. Les principaux clients de la société lausannoise les utilisent dans des centrales de production électrique (à charbon, à gaz ou nucléaires) et des grosses installations pétrolières, minières, chimiques, maritimes ou des cimenteries.

«Le drone est un des outils dans l’arsenal de l’inspection, remarque Patrick Thévoz. Mais sans lui, cette opération nécessite généralement d’installer un échafaudage et cela peut coûter des centaines de milliers de francs. Sans compter le risque d’accident et la durée d’immobilisation de l’infrastructure.» Les drones lausannois sont aussi utilisés par les forces de police de plusieurs pays en Europe, indique-t-il.

Recherche de victimes

Equipé d’une caméra optique pour les images et d’une caméra thermique, le drone répond à la majorité des besoins d’inspection, par exemple pour détecter la corrosion, des fissures ou des pièces cassées. Outre le domaine de la sécurité, l’appareil volant est très performant dans la recherche de victimes dans des bâtiments effondrés ou instables lors de tremblements de terre ou de catastrophes naturelles. «C’est dans ce but que nous avions développé le robot, observe le directeur, formé comme ingénieur EPFL, en charge de la stratégie et de la commercialisation. Mais c’est beaucoup plus difficile d’en faire un business.»

En janvier 2016, Flyability avait réalisé une première mondiale en partenariat avec les secours de Zermatt, faisant voler leur drone à l’intérieur d’une crevasse! Pour voler dans ces endroits accidentés, l’entreprise lausannoise a conçu une nouvelle génération de drones. Appelé Gimball, le premier prototype se distinguait des autres par sa conception mécanique et son logiciel de vol qui a nécessité un développement de cinq ans sous la direction d’Adrien Briod, cofondateur et chef de la technologie. Le docteur en microtechnique expert en robotique expliquait alors que cet appareil tout-terrain d’environ 400 grammes et 40 cm de diamètre est né de l’observation des insectes, notamment des petites mouches, et de la manière dont ils résistent aux obstacles. Le modèle actuel qui lui a succédé, Elios, a pris du poids (700 g) avec ses nouvelles technologies.

Cette invention – toujours en perfectionnement, notamment au niveau des capteurs, de l’automatisation ou de l’autonomie – a déjà valu à la société de multiples honneurs. Au début de 2015, elle avait gagné le premier concours Drones for Good à Dubaï, avec un chèque de 1 million de dollars à la clé. Et elle vient de décrocher la troisième place dans le Top 100 des meilleures start-up suisses 2017. (24 heures)

Créé: 02.10.2017, 07h21

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