Economiesuisse à l'épreuve du salaire minimum

Votations 18 maiLa Fédération des entreprises suisses a enregistré une deuxième débâcle avec le oui donné à l'initiative UDC «Contre l’immigration de masse». Elle redoute désormais l'échéance du 18 mai.

Rudolf Minsch, chef économiste et directeur par intérieur d'Economiesuisse.

Rudolf Minsch, chef économiste et directeur par intérieur d'Economiesuisse. Image: Keystone

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L'inquiétude se répand parmi les représentants de l'économie suisse. L'acceptation par le peuple de l'initiative UDC «Contre l’immigration de masse» marque la deuxième défaite d'envergure en moins d'un an après celle de l'initiative Minder contre les rémunérations abusives.

Seul le texte des Jeunes Socialistes avec leur initiative «1:12 - Pour des salaires équitables» n'a pas trouvé grâce aux yeux du peuple. Certains s'inquiètent d'une baisse de crédibilité alors que se profile déjà l'initiative populaire sur les salaires minimums, qui sera soumise à votation le 18 mai, en même temps que sur les Gripen.

Le «Club des 1000» à la rescousse

Le Conseil fédéral recommande de rejeter le texte et sans surprise, Economiesuisse le qualifie de «dommageable pour l'économie». Mais les temps changent. La Fédération des entreprises suisses s'est avérée incapable d'apaiser les critiques de la population contre les cas de dumping salarial lors de la votation sur la libre-circulation et son directeur par intérim Rudolf Minsch reconnaît qu'il faut changer d'argumentaire.

«Les citoyens sont devenus plus critiques», souligne-t-il, qualifiant au passage la votation qui s'annonce comme un «grand défi». Et pas une partie de plaisir, selon un observateur qui affirme qu'il règne au sein de la fédération «un tohu-bohu absolu».

Pour y répondre, l'économie doit mobiliser. Hans-Ulrich Bigler, directeur de l'Union suisse des arts et métiers (usam) veut intensifier le travail de campagne dans le cadre du «club des 1000». Ce dernier avait déjà été engagé lors de l'initiative 1:12 avec la distribution de matériel d'information.

Méfiance autour d'Economiesuisse

Selon le syndicat Unia, l'initiative populaire profitera à 330'000 personnes. Mais pour Economiesuisse, l'idée d'un salaire minimum de 4000 francs par mois est jugée contreproductive. Si le texte est accepté, il réduira le nombre de places de travail à faible rémunération, ce qui augmentera le chômage. «Nous sommes confiants que les citoyens seront à nouveau sensibles à des arguments rationnels.»

La partie est loin d'être gagnée d'autant que beaucoup suspectent Economiesuisse de vouloir uniquement protéger les privilèges des directeurs. Les milieux économiques ont trop parlé de liberté et pas assez de responsabilité sociale, explique l'expert en communication Peter Stücheli-Herlach au Tages Anzeiger. L'initiative UDC a ainsi profité d'une rupture, les citoyens votant contre une pression sur les salaires qui épargnait les très hauts revenus.

A l'Union suisse des arts et métiers (usam), Hans-Ulrich Bigler souligne pourtant que les entreprises prennent leurs responsabilités et jouent un rôle important en contribuant par exemple à l'intégration des personnes invalides dans la société.

Plus d'entrepreneurs présents

Ces critiques sont étudiées de près par Ruedi Noser, entrepreneur et conseiller national PLR. Que ce soit dans l'apprentissage ou la planification de carrières à long terme, les entreprises doivent montrer plus de «sensibilité», estime-t-il.

L'absence d'engagement de la part d'Economiesuisse lors de la votation sur la libre-circulation est également critiquée. «Plus d'entrepreneurs seront présents avec les salaires minimums», promet Ruedi Noser. Le calendrier n'était pas favorable pour la précédente initiative, avec les fêtes de fin d'année, souligne l'entrepreneur qui s'engagera davantage pour le 18 mai.

Créé: 18.02.2014, 12h38

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