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Economiesuisse réduit ses prévisions de croissance

L'association faîtière reste confiante pour l'année en cours mais prévoit que le tableau va s'assombrir en 2019 en Suisse.

En Suisse, les taux de vacance en hausse pourraient susciter une correction des prix sur le marché immobilier.
En Suisse, les taux de vacance en hausse pourraient susciter une correction des prix sur le marché immobilier.
Keystone

Economiesuisse révise à la baisse ses prévisions de croissance pour 2019. La solide phase d'expansion prend fin en même temps que la dynamique de croissance à l'échelle mondiale s'essouffle. Les risques conjoncturels sont en nette progression, mais pour l'économie locale, la Fédération suisse des entreprises reste toujours relativement optimiste.

Les attentes sont revues à 1,4% pour la croissance du produit intérieur brut (PIB) en 2019, contre 1,7% précédemment. «Cela sonne toutefois beaucoup plus dramatique que cela ne l'est», a assuré mardi devant la presse à Zurich Rudolf Minsch, le chef économiste Rudolf d'economiesuisse. La conjoncture retourne à sa tendance de croissance habituelle.

Après une forte expansion de l'économie suisse au premier semestre, le troisième trimestre a déçu. La demande en provenance de l'étranger a décru, les exportations vers l'Europe et vers la Chine se révélant particulièrement décevantes.

Les économistes nuancent toutefois ce constat, le coup d'arrêt étant qualifié de temporaire, dans la mesure où les exportations de biens se sont de nouveau inscrites en forte croissance en octobre sur un an. «Les chiffres trimestriels doivent être pris avec des pincettes. 2018 sera dans tous les cas retenue dans l'histoire comme une solide année du point de vue économique», relativise M. Minsch.

Année 2019 plus difficile

Sur l'ensemble de 2018, les exportations devraient s'afficher en solide hausse, la progression du PIB étant elle attendue à 2,7%. L'inflation devrait quant à elle se situer juste en dessous de 1%.

Le tableau s'assombrit toutefois pour l'année prochaine. Les investissements helvétiques devraient progresser plus lentement, avec à la clef une hausse de 0,9%, ce qui explique en grande partie l'essoufflement de la dynamique. «En raison des incertitudes, les investissements devraient à peine progresser en Suisse», explique M. Minsch, se référant à un sondage par secteurs. Alors que les attentes moyennes des sondés culminaient à 4,1% en novembre 2017, elles ne sont désormais plus que de 0,3%.

Dans le secteur de la construction, les investissements devraient être minimes dans les immeubles de rendements, étant donné les taux de vacance actuels. «Seuls les secteurs de la construction publique et le génie civil soutiendront la croissance», explique le spécialiste, qui table sur une progression de 0,3% en 2019.

Le chômage est attendu à 2,4% en moyenne. L'inflation devrait s'inscrire à 0,8% mais le pouvoir d'achat ne devrait pas en souffrir, les salaires nominaux étant attendus en hausse de 1,2%. La consommation devrait rester stable, tout comme le cours du franc par rapport au dollar et à l'euro.

Des risques principalement européens

Trois risques conjoncturels majeurs poussent Economiesuisse à être moins optimiste. En Europe, plane à la fois le spectre d'une crise de la dette, qui aurait pour conséquence de renforcer le franc par rapport à l'euro, et celui du Brexit. De plus, le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis pourrait mettre un coup d'arrêt conjoncturel.

Enfin, des problèmes internes à la Suisse pourraient avoir une influence négative sur l'économie, notamment la sortie de la politique monétaire ultra-expansive et les taux de vacance en hausse qui pourraient susciter une correction des prix sur le marché immobilier. Les incertitudes quant aux relations avec l'Union européenne pourraient également freiner la croissance.

«Dans l'ensemble, la moitié des risques sont perçus comme d'origine européenne, 30% viennent du reste du monde et 20% sont spécialement suisses».

Si les risques susmentionnés n'obscurcissent pas trop le tableau, la Banque nationale Suisse (BNS) pourrait prochainement normaliser sa politique. «Il serait lentement temps de relever les taux», a souligné Minsch. La BNS pourrait même brûler la politesse à la Banque centrale européenne (BCE) si les signaux sont positifs pour un relèvement à moyen terme par cette dernière.

(ats)

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