Des élus veulent freiner les appétits chinois

SuisseLa Suisse a été très prisée par la boulimie d’acquisitions des groupes chinois en 2016. Des politiciens s'en alarment.

Hans-Ueli Vogt (UDC/ZH) veut des réponses du Conseil fédéral.

Hans-Ueli Vogt (UDC/ZH) veut des réponses du Conseil fédéral. Image: AFP

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Les Chinois aiment beaucoup les entreprises suisses. Sur les 86 milliards de dollars déboursés en 2016 pour des acquisitions en Europe, 46 milliards l'ont été en Suisse. Certes, la part du lion revient au rachat de Syngenta pour 43 milliards de dollars, mais Hans-Ueli Vogt (UDC/ZH) veut y mettre un frein.

Le conseiller national va déposer cette semaine deux motions. Le professeur de politique économique estime que ces acquisitions représentent une «nationalisation de pans entiers de l'économie suisse et qu'elles enfreignent les principes de base de l'économie de marché», comme l'explique le Blick dans son édition du 6 juin 2017.

«La Suisse fait le jeu de Pékin»

A ses yeux, la politique chinoise d'acquisition n'est qu'une partie d'un plan global mis au point par le pouvoir à Pékin. Il consiste à mettre la main sur un savoir-faire, des technologies et des chaînes de création de valeur qui vont ensuite manquer en Suisse. «Nous vendons nos connaissances aux Chinois», s'inquiète le conseiller national.

Il se préoccupe surtout du rachat d'entreprises qui gèrent en Suisse des infrastructures sensibles, comme l'énergie. Des considérations de géopolitiques doivent également être prises en compte. «Il s'agit d'une aspiration au pouvoir de la Chine. Et la Suisse, en se montrant neutre ou bien disposée envers le rachat de ses groupes par des entreprises d'état chinoises, fait le jeu de Pékin.»

Un écho à Berne

Hans-Ueli Vogt interpelle donc le Conseil fédéral à ce sujet mais ne veut pas entendre parler de nouvelles lois ou d'interdictions. «Mon objectif est de faire prendre conscience aux conseils d'administration des intérêts de la Suisse face aux offres publiques d'achat des entreprises d'état chinoises.»

Le combat du conseiller national rencontre un certain écho à Berne. «L'économie suisse doit rester attentive et miser sur l'innovation afin qu'elle ne succombe pas à une liquidation de son savoir et de sa technologie», souligne la conseillère aux Etats Karin Keller-Sutter (PLR/SG).

Elle critique également l'impossibilité qu'ont les entreprises suisses d'acheter des homologues en Chine. «La Suisse doit exiger l'égalité de traitement.» L'accord de libre-échange avec Pékin représente une bonne opportunité pour y parvenir. Un avis partagé par le président du PDC Gerhard Pfister. La politique doit faire en sorte que les entreprises suisses disposent d'un bon accès au marché, ajoute-t-il.

Des secteurs protégés

Corina Eichenberger (PLR/AG), la présidente du groupe parlementaire Suisse-Chine, veut évoquer ce sujet lors de la prochaine réunion. «Nous devons être prudents car nous sommes tout de même une économie libérale», précise la conseillère nationale.

Si la Chine devait continuer à faire ses emplettes en Suisse, ce sujet va monter en puissance. «Il est donc envisageable que certaines branches, qui représentent un intérêt stratégique pour la Suisse, doivent être protégées», reconnaît Eichenberger.

C'est déjà la ligne du Parlement européen. Ce dernier propose que les secteurs de l'énergie, du transport, des télécoms, de la santé et de l'approvisionnement en eau soient interdits aux appétits chinois.

Créé: 06.06.2017, 08h57

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