Quand les petits jobs empêchent d'obtenir un stage

FormationUn jeune ayant travaillé pendant ses études et qui postule pour un stage à la Confédération a moins de chance d'obtenir une place.

La confédération souhaite explicitement offrir une chance à ceux qui n'ont que peu d'expérience dans leur domaine (mardi 28 juillet 2015).

La confédération souhaite explicitement offrir une chance à ceux qui n'ont que peu d'expérience dans leur domaine (mardi 28 juillet 2015).

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Celui qui travaille durant ses études a moins de chances d'obtenir une place de stage auprès de la Confédération à la fin de son cursus.

Celle-ci souhaite privilégier les jeunes diplômés qui disposent de peu d'expérience professionnelle. Rien n'apparaît toutefois à ce sujet sur son site Internet.

Trop d'expérience

Après avoir été recalée deux fois, Nina (prénom d'emprunt) a contacté la Confédération. Pourquoi a-t-elle été écartée d'un stage à l'Office fédéral de la culture alors qu'elle avait travaillé durant ses études dans le même domaine?

Ce qu'elle pensait être un atout s'est avéré être un préjudice: «Trop d'expérience professionnelle», a répondu la responsable du personnel, justifiant le double refus. Nina a alors demandé si ses connaissances suffisaient pour un emploi fixe. «Non», s'est-elle vu répliquer. Son bagage professionnel est trop mince.

Cette réponse a de quoi frustrer la jeune femme, alors qu'à côté de ses études à l'Université de Bâle, elle a travaillé pour des festivals de théâtre et des petits projets d'art. Pour elle, ces choix devraient lui faciliter l'entrée dans le monde professionnel.

Aucune indication

Chaque année, environ 500 diplômés de hautes écoles effectuent un stage à la Confédération. Celle-ci souhaite explicitement offrir une chance à ceux qui n'ont que peu d'expérience dans leur domaine. Des diplômées comme Nina ont alors les mauvaises cartes en main.

Or, la jeune femme ignorait tout de cette règle. De plus, aucune information ne figure à ce sujet sur la page Internet de la Confédération qui propose des stages, qui précise uniquement que les études doivent être terminées depuis une année au maximum. Seul le Département des affaires étrangères indique explicitement cette particularité dans ses offres de stages.

A l'interne en revanche, la ligne de conduite est claire. L'Office fédéral du personnel (OFPER) indique à l'ats que les personnes ayant déjà eu plus de 12 mois d'expérience dans leur domaine et cette activité à plus de 50 % ne sont pas retenues pour un stage sous la Coupole.

Si les mandats précédents étaient plus courts ou le pourcentage moins élevé, les décisions sont prises au cas par cas. Ces consignes valent pour tous les départements et ceux-ci s'y tiennent, écrit l'OFPER.

Plus consigne que directive

«Ces lignes directrices sont davantage un outil d'aide à la sélection qu'une directive qui se veut excluante», nuance Anand Jagtap, porte-parole de l'OFPER. Au vu du nombre de postulants, elles sont surtout utiles lors de la sélection.

L'expérience ne compte comme telle que si elle a été acquise dans le même domaine. «Celui qui a par exemple travaillé à la caisse de la Migros pendant ses études, afin de gagner de l'argent, peut tout à fait obtenir un stage à la Confédération», souligne Anand Jagtap.

Les expériences professionnelles qui comptent sont jugées au cas par cas. Et elles peuvent aussi dépendre des stages obtenus. Les décisions sont parfois complexes et difficiles à expliquer, poursuit-il.

La Confédération prévient toutefois les universités sur demande et lors de séances d'informations de ses consignes sur les stages et prodigue également des conseils dans certains cas particuliers.

«Normal»

Les services d'orientation et de conseils universitaires des universités de Genève, Bâle, Zurich et Fribourg confirment avoir été mis au courant de cette règle sur les expériences professionnelles. En revanche l'université de Berne indique ne rien savoir à ce sujet et pour celle de Lausanne, les indications ne sont pas aussi clairement communiquées.

Mais la responsable des prestations de passages à l'emploi de l'Unil, Sabina Rondic, trouve «normal», d'opérer un tel choix. «C'est toujours plus facile pour un étudiant d'obtenir un poste si celui-ci a au moins une expérience dans le domaine», indique-t-elle. Et d'ajouter qu'elle est d'ailleurs «contre le fait d'accumuler les stages».

Un avis partagé par Roger Gfrörer, du Centre de carrières de l'université de Zurich. Les consignes de la Confédération «permettent de stopper la génération stage». Celui qui a déjà fait un stage et accumulé des connaissances pratiques doit postuler pour un emploi fixe, conseille-t-il.

Nina n'a donc pas eu de chance auprès de la Confédération. Elle n'aura obtenu ni un stage, ni un poste fixe. Mais la jeune femme a fini par trouver un emploi et travaille aujourd'hui dans le secteur privé. (ats/nxp)

Créé: 28.07.2015, 10h23

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