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Un employé sur trois justifie des pots-de-vin

La corruption est de nouveau perçue à la hausse en Suisse, d'après une enquête réalisée par Ernst&Young.

Photo d'illustration.
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Keystone

Une bonne moitié des 4100 personnes interrogées dans 41 pays - dont 100 en Suisse - pensent que ces pratiques sont monnaie courante dans leur pays, montre l'enquête du cabinet d'audit publiée mercredi. Malgré les progrès en matière de lutte contre la corruption et la fraude, les chiffres sont quasi inchangés depuis le précédent sondage datant de 2015.

A nouveau, la perception de ce type de malversations est en hausse en Suisse, commente Michael Faske, responsable du domaine chez EY Suisse. Et plus d'un tiers des sondés ont pu constater au sein de leur propre entreprise de tels comportements contraires à l'éthique.

La Suisse n'est pas devenue de manière générale plus corrompue, explique Michael Faske, mais la visibilité de la corruption y a augmenté après l'éclatement de nombreux scandales mondiaux - celui du Libor, de la filière de la viande, des moteurs VW truqués... En outre, l'application de la réglementation s'est améliorée, la criminalité économique est davantage traquée et repérée.

Un autre facteur n'est pas à négliger, notamment lorsque les carnets de commandes sont sous pression. Les entreprises helvétiques orientées à l'exportation peuvent souvent se trouver confrontées à la corruption par l'intermédiaire de leurs filiales, fournisseurs ou clients, selon EY Suisse.

Prêts à tout

En comparaison internationale, 64% des sondés en Europe de l'Est affirment que la corruption reste largement répandue. Ce pourcentage diminue presque de moitié en Europe de l'Ouest, à 33%. En Europe orientale, 21% des répondants - tous niveaux hiérarchiques confondus - se déclarent prêts à recourir à des moyens illicites pour favoriser leur carrière ou leur salaire, constate EY.

Si l'entreprise se trouve en danger, un manager sur cinq envisagerait même de falsifier le résultat d'exploitation pour la sauver. Et une personne sur trois considérerait les versements en espèces justifiés pour conserver ou décrocher des affaires.

Parmi les plus jeunes collaborateurs (tranche des 25-34 ans), un sondé sur quatre trouve justifié de proposer des pots-de-vin lorsqu'il s'agit de gagner un nouveau contrat ou d'en conserver un, s'inquiètent les auteurs de l'enquête. Parmi les plus de 45 ans en revanche, seule une personne sur dix se dit prête à agir ainsi.

Quant à la dénonciation, elle n'est pas encore ancrée dans les mœurs. Seuls 21% des répondants connaissent le processus à suivre au sein de l'entreprise. Mais presque trois sur quatre choisiraient d'alerter directement les autorités plutôt que de signaler d'abord à l'interne les violations constatées.

(ats)

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