Les entreprises suisses n'avaient pas prévu de plan «B»

VotationsContrairement à l'initiative «Contre l'immigration de masse» du 9 février, economiesuisse était sûre qu'«Ecopop» allait être balayée. Cette page tournée, il faut maintenant négocier avec l'Europe.

Les entreprises avaient baissé les bras lors de la précédente votation sur l'immigration, en ne voulant pas être en porte à faux avec leur base, analyse Rudolf Minsch, économiste en chef d'economiesuisse.

Les entreprises avaient baissé les bras lors de la précédente votation sur l'immigration, en ne voulant pas être en porte à faux avec leur base, analyse Rudolf Minsch, économiste en chef d'economiesuisse. Image: Steffen Schmidt/Keystone

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Visiblement très soulagé par le triple «non» aux objets de vote de ce dimanche, l'économiste en chef d'economiesuisse, Rudolf Minsch, précise que cette fédération des entreprises suisses n'avait «pas prévu de plan B» au niveau des prévisions conjoncturelles pour la Suisse, qu'elle a divulguées ce lundi matin, dans le cas où Ecopop aurait été acceptée.

«Nous n'avons pas pris en compte dans nos calculs une éventuelle acceptation d'Ecopop. Il est clair que cette conférence de presse n'aurait pas eu lieu sous cette forme si cette initiative avait reçu plus de oui que de non», précise Rudolf Minsch, qui ouvre avec ses prévisions une semaine riche en nouvelles conjoncturelles.

Revenant sur le début d'année, l'économiste explique que «les entreprises avaient d'une certaine manière baissé les bras juste avant la votation du 9 février dernier, car elles n'avait pas voulu prendre trop position contre ce texte limitant l'immigration et se mettre en porte à faux avec leurs employés, alors qu'elles estimaient les chances de son acceptation très élevées». La mobilisation, à l'inverse, «a été très forte contre Ecopop»

Dans ce contexte, «il a été absolument central que l'UDC ait lancé un mot d'ordre contre Ecopop, cela a sûrement permis de faire pencher la balance», dit encore Rudolf Minsch, étonné tout de même d'un résultat aussi clair. «Je suis heureux de constater que les Suisses votent avec leurs têtes et savent très bien où se situent leurs intérêts».

Négociation possible avec l'Europe

Concernant la marge de négociation existant avec l'Union européenne (UE) sur la libre circulation, Rudolf Minsch estime qu'elle «existe, et que la solution pourrait consister à l'accepter des immigrés jusqu'à un certain nombre de façon libre, et qu'ensuite des contingents pourraient être introduits».

Le délai est pourtant serré jusqu'en 2017, reconnaît-il, pour négocier avec l'UE, et s'assurer que l'acceptation de la votation «Contre l'immigration de masse» ne signifie pas l'activation de la clause guillotine sur les accords bilatéraux I, parce qu'elle remet en question la libre circulation, une des «libertés» fondamentales en Europe.

A propos d'Europe, c'est bien sa situation économique toujours préoccupante qui a forcé économiesuisse à tempérer ses perspectives de croissance pour la Suisse. La fédération s'attend désormais à une progression du produit intérieur brut (PIB) de 1,8% cette année et de 1,6% l'année prochaine. Dans ses précédentes prévisions, publiées en juin, elle tablait encore sur 2,3% en 2014 et 2% en 2015.

Construction suisse la plus touchée

Suite à «ce ralentissement de la croissance, l'immigration devrait légèrement reculer». Les taux d'intérêt, «beaucoup trop bas en Suisse» devraient aussi remonter en Suisse sur la deuxième moitié de l'année, même si la marge de manoeuvre est faible à ce niveau à cause du taux de change plancher. Le taux de chômage en Suisse devrait légèrement augmenter à 3,3%.

La construction, l'imprimerie et la branche de l'électricité vont connaître l'an prochain la croissance la plus faible. A l'opposé, les techniques médicales et les conseils financiers vont le mieux se porter parmi les branches suisses.

Créé: 01.12.2014, 14h04

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