Artisan de l’hôtellerie, il donne des couleurs à ses 3 et 4 étoiles

Hôtels By FassbindAvec l’ouverture d’un nouvel hôtel à Zurich, le groupe lausannois dirigé par Eric Fassbind compte cinq établissements.

Vidéo: Pascal Wassmer

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Dans chacune des chambres des hôtels By Fassbind, le visiteur découvre le mot de bienvenue usuel, mais également une carte de visite avec l’adresse mail et le numéro de téléphone direct du directeur. Eric Fassbind tient à s’occuper personnellement des soucis, petits et grands, de ses hôtes; dans la grande tradition de l’hôtellerie familiale suisse.

Avec l’ouverture le 15 janvier de son nouvel hôtel Swiss Night am Kunsthaus, à Zurich, la chaîne des Hôtels By Fassbind possède désormais cinq établissements et forme l’un des derniers groupes hôteliers suisses en mains familiales, tout à la fois propriétaire et exploitant. Eric Fassbind ne s’attache pourtant pas à l’image belle époque qui a fait la renommée des dynasties Seiler et Gauer au temps où ils possédaient leurs palaces.

«Je ne ferai jamais du haut de gamme, affirme l’hôtelier lausannois. Moi, je connais l’hôtellerie milieu de gamme, au centre des grandes villes suisses. C’est cela qui m’intéresse.» Il préfère ainsi se présenter comme «un artisan de l’hôtellerie», qui touche à toutes les activités, depuis la régence de l’accueil, la conciergerie, l’organisation et la gestion financière de l’établissement. Mais l’entrepreneur est aussi, par passion, dans la peau de l’architecte, le métier de sa femme Pascale. «J’adore construire», dit-il. L’hôtelier aime avant tout façonner un style, une ambiance, propre à chacun de ses établissements de trois ou quatre étoiles, qu’il veut maintenir à prix «doux».

Lorsqu’on lui demande le nombre de chambres que compte son groupe, il ne sort pas le chiffre du tac au tac, il doit refaire l’addition mentalement. La croissance n’est pas son obsession. L’hôtellerie est une industrie très lente explique-t-il. Il faut au moins quatre ou cinq ans pour boucler un projet. Pourtant, sa société comptera bientôt 650 chambres, dont 430 à Lausanne et 220 à Zurich. Le chiffre d’affaires atteint 30 millions de francs en 2014 avec un taux d’occupation en hausse, entre 65% et 79% selon les hôtels. En 2011, après la séparation des activités avec son frère (lire ci-dessous), son groupe disposait de moins de 350 chambres.

Eric Fassbind a obtenu une licence HEC avant de décrocher un diplôme de l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL). Il compte poursuivre le développement de son entreprise, mais il n’a pas d’objectifs chiffrés. Il se laisse guider par les opportunités, ou plutôt les coups de cœur.

Comme à Zurich avec l’hôtel rebaptisé Swiss Night am Kunsthaus, une bâtisse construite en 1823 – déjà une auberge – qui sera agrandie et relookée cette année tout en étant exploité. Le directeur du groupe By Fassbind et sa femme, responsable des travaux, veulent lui imprimer une touche personnelle: un design moderne «articulé autour de la magie des découpages du Pays-d’Enhaut».

L’hôtelier avait déjà suivi semblable démarche, dans un tout autre style, avec la transformation de l’Agora Swiss Night, sous gare à Lausanne, et il prévoit de rajeunir et agrandir son premier hôtel zurichois, acquis en 2011, le Senator, situé au coeur du quartier industriel historique. Travaillant avec les architectes de la Prime Tower, la plus haute tour de Suisse, il veut le reconstruire en symbiose avec son environnement industriel. «J’aime concevoir un hôtel dans son écosystème, avec sa propre histoire.»

Si Eric Fassbind échafaude déjà de nouveaux plans pour réaménager le rez de l’Alpha-Palmiers au Petit-Chêne à Lausanne, c’est le City, dans la même ville, à côté du pont Bessières, qui est promis à la transformation la plus étonnante. D’ici quelques mois, il prendra une nouvelle identité à l’enseigne de Swiss Wine Hotel & Bar. Le visiteur y découvrira l’ambiance du monde du vin, avec un bar et des chambres aux couleurs et au mobilier inspirés de la vigne. «Ce sera un univers de bouteilles et de cépages dans un hôtel plein d’humour», selon lui. Pas question toutefois de recréer une ambiance folklorique de caveau ou de chalet. Au vu des illustrations, le design sera contemporain et il se distinguera de la «suissitude kitsch» au dire de l’entrepreneur.

Chaque hôtel By Fassbind doit ainsi avoir son décor et son style. Mais le management et le confort restent standards, relève l’hôtelier marqué par sa culture HEC pour la gestion. Il ne suit toutefois pas de business plan rigide, d’autant que le groupe finance lui-même ses investissements. Mais il a une stratégie très élaborée en matière de prix afin d’être «sensiblement moins cher que la concurrence». Il travaille avec Internet et des outils logiciels pointus, à l’exemple d’EasyJet, qui lui permettent de moduler en permanence les tarifs des chambres selon l’offre et la demande. La diversité de la clientèle et de la saisonnalité dans chaque établissement est primordiale dans la répartition des risques. (24 heures)

Créé: 26.01.2015, 11h52

Eric Fassbind, à la tête du groupe hôtelier By Fassbind, est passionné d’architecture. Aux côtés de sa femme architecte, il s’implique dans la rénovation de tous ses établissements (Image: Florian Cella)

Le groupe familial divisé en deux cellules

Après le décès de leur père Georges en 2010, les frères Eric et Marc Fassbind ont scindé le groupe familial l’année qui a suivi. «C’est comme une cellule qui se divise en deux. Notre grand-père avait fait de même. C’était la volonté de toute la famille, de notre père et de notre mère, qui vit encore», précise Eric Fassbind.
Chacune des deux sociétés, qui comptent cinq hôtels l’une et l’autre, possède désormais sa propre identité. Eric détenant les hôtels de Lausanne et de Zurich, Marc et sa femme, Claudia, ceux de Genève – où ils sont installés depuis les années 90 – et de Berne. Même si une fenêtre Web commune subsiste, le premier a lancé en décembre dernier son propre site: byfassbind.com.
Avant de revenir à Lausanne dans l’entreprise familiale en 2000, afin de suivre la rénovation de l’Alpha-Palmiers – en mains de la famille depuis 1962 et rouvert en mai 2002 – Eric Fassbind a passablement vadrouillé. Diplôme d’EHL (Ecole hôtelière de Lausanne) en poche, il a été, après la chute du Mur, consultant en ex-Yougoslavie (Slovénie et Croatie actuelle), il a dirigé des hôtels de la famille à Berne (Ambassador et City), directeur de l’Office du tourisme de Villars et de la promotion des Alpes vaudoises et enfin directeur logistique du WEF, le Forum économique de Davos.
Avec son frère et son cousin – qui possède trois hôtels à Lugano – Eric Fassbind représente la 6e génération d’une famille d’hôteliers et aubergistes, originaires du canton de Schwytz, qui s’est fait un nom autour du Rigi. De là, lui viendrait «ce côté bon sens terrien» qu’il affiche volontiers pour qualifier son type de management. Il n’a d’ailleurs pas de bureau de direction. Ce qui n’empêche pas l’hôtelier lausannois, âgé de 48 ans, d’affirmer son attirance pour les villes, nourrissant le projet de viser Bâle après Zurich.
J.-M. C.

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