Green Motion pose de nouvelles bornes dans son essor mondial

Véhicules électriques Renforcée par ses partenariats avec Pininfarina et le géant Eaton, la jeune société vaudoise s’ouvre de nouveaux marchés.

Patron de Green Motion, François Randin voit loin, notamment grâce au design Pininfarina.

Patron de Green Motion, François Randin voit loin, notamment grâce au design Pininfarina. Image: Chantal Dervey

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«Il y avait moins de 1000 voitures électriques en Suisse en janvier 2009 quand nous avons démarré la société. Il y en a plus de 80'000 en circulation aujourd’hui», observe en souriant François Randin. En fondant Green Motion, qui développe et fabrique des solutions de recharge pour véhicules électriques, il a misé sur le bon cheval… sans vapeur ni combustion! Pourtant, il y a dix ans, la majorité de la population n’était, de loin pas, convaincue par l’inévitable transition énergétique du parc automobile des moteurs thermiques aux moteurs électriques.

À ce jour, Green Motion a installé près de 10'000 bornes de recharge des batteries de véhicules électriques en Suisse, estime son directeur général, dont 7000 fonctionnent en réseaux, essentiellement dans des entreprises et bâtiments locatifs. La société possède également son propre réseau public, du nom d’Evpass, le plus grand de Suisse, qu’elle exploite elle-même, et qui compte près de 1500 bornes.

Mais l’entreprise – qui a financé son développement en vendant en 2016 à un groupe chinois la licence de sa technologie pour plusieurs dizaines de millions de francs – fait désormais le grand saut sur le plan international. Mercredi dernier, une première borne – assemblée dans les ateliers de Polyval à Cheseaux – était posée en Israël, sous le nom de son partenaire Nisko, un importateur de composants électriques. Une centaine vont être livrées ces prochains mois.

De l’Inde aux États-Unis

En Inde, François Randin et son équipe, dont le directeur de la technologie Toufann Chaudhuri, ont établi des contacts directs avec le grand patron du groupe Tata pour lancer un projet pilote. Celui-ci nécessite une adaptation complexe au système électrique du pays et à ses normes, mais surtout à ses conditions d’exploitation imprévisibles. Le patron vaudois ne dissimule pas sa satisfaction d’avoir pu développer avec une filiale du conglomérat un chargeur embarqué, composant qui équipe le véhicule lui-même et convertit le courant alternatif de la borne en courant continu destiné à la batterie de puissance. Green Motion s’ouvre ainsi l’énorme marché indien où il prévoit une production de ses bornes sous licence par son partenaire.

Mais pour l’heure, c’est du côté de l’Europe et surtout aux États-Unis que l’expansion de Green Motion se dirige principalement. La société, installée au Mont-sur-Lausanne depuis 2017, a fait plusieurs annonces majeures dans le cadre du récent Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas. Selon François Randin, c’est désormais le salon phare des nouveaux véhicules autonomes et engins volants électriques. Green Motion renonce dès lors à participer au Salon de Genève.

À Las Vegas, elle a présenté la borne réalisée avec Pininfarina, griffe du design italien rendue célèbre grâce à l’automobile avec Lancia, Ferrari et même Peugeot. La firme est devenue elle-même un constructeur en s’associant au croate Rimac Automobili pour fabriquer une hypercar électrique présentée au dernier Salon de Genève. Mais grâce à Pininfarina, dont les activités s’étendent à l’architecture, Green Motion compte surtout s’implanter aux États-Unis.

Pour des hélicoptères

François Randin explique que son nouveau partenaire prévoit déjà d’installer ses bornes de recharge résidentielle haut de gamme – dotées d’un système de contrôle vocal – sur les toits des nouvelles tours de luxe qu’il fait construire, pour accueillir les futurs appareils volants électriques. Des hélicoptères ou drones de transport de passagers, dont certains ont été présentés au CES il y a 10 jours! L’entreprise vaudoise a elle dévoilé sa solution de recharge pour avions électriques et véhicules «Urban Air Mobility» (UAM): Flight XT. Ce produit a été conçu en collaboration avec André Borschberg, copilote de Solar Impulse, qui développe à Sion son propre avion à propulsion électrique, le H55.

Une alliance prometteuse

Mais une autre alliance de Green Motion, annoncée le 8 janvier, avec le géant mondial Eaton promet de booster ses ventes mondiales. Avec ce partenariat commercial, ils associent leurs technologies dans une offre qui combine les bornes de recharge avec le stockage d’énergie dans les bâtiments – centres commerciaux ou villas – issue des énergies renouvelables. Leur système permet une gestion optimum de la charge, de plusieurs véhicules en même temps selon les besoins de chacun, en fonction des pics de consommation et des tarifs de l’électricité.

François Randin remarque que les batteries des véhicules n’ont pas à «faire le plein» systématiquement – comme on le fait avec une voiture à essence –, mais elles peuvent profiter de chaque arrêt pour optimiser leur charge grâce à la densité du réseau. Green Motion fournit des superchargeurs destinés avant tout aux stations autoroutières pour alimenter très rapidement des véhicules engagés sur de longues distances. Mais dans sa gamme figurent des solutions plus performantes en termes de gestion énergétique et de coûts, dont elle s’est faite une spécialité, dit-elle, grâce à son ingénierie logicielle.

De leader local à player global

«De leader local, nous voulons devenir un player global», affirme le PDG de Green Motion. Ses bornes destinées au marché helvétique continueront à être assemblées à Cheseaux, chez Polyval, grâce à des tauliers romands et des composants fabriqués principalement en Suisse. Mais son expansion mondiale, avec une production de grandes séries, exige que les coûts soient divisés en deux, explique-t-il.

Un nouveau site de production est donc en cours d’évaluation avec son nouveau partenaire américain. François Randin se réjouit d’être en contact direct avec le siège d’Eaton Europe, Moyen-Orient, Asie, situé à Morges. Alors que le site R&D des solutions de stockage et de gestion d’énergie – utilisant des batteries recyclées Nissan – se trouve à la vallée de Joux, au Lieu.

Green Motion continue ainsi à grandir au Mont-sur-Lausanne, dénombrant plus de 50 collaborateurs, tandis que le bureau et show-room qui s’ouvrira bientôt à Zurich comprendra six employés.

Créé: 20.01.2020, 10h11

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