La Fondation Polyval, un sous-traitant multiforme à vocation sociale

Les entreprises qui font les marques De la blanchisserie à l’usinage, en passant par le cartonnage: l’institution, installée sur neuf sites, emploie 700 personnes.

Sur le site de Cheseaux-sur-Lausanne de la Fondation Polyval sont assemblées les bornes de recharge des voitures électriques de Green Motion.

Sur le site de Cheseaux-sur-Lausanne de la Fondation Polyval sont assemblées les bornes de recharge des voitures électriques de Green Motion. Image: Olivier Vogelsang

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Sur le site principal de la Fondation Polyval, à Cheseaux-sur-Lausanne, le parcours du visiteur est balisé par des parfums très variés d’un atelier à l’autre: les produits de nettoyage et la fraîcheur du linge propre dans la blanchisserie, les plastiques des câbles assemblés dans des boîtiers électroniques, les huiles des machines qui usinent des pièces mécaniques ou encore les papiers et cartons neufs au cartonnage. Ces odeurs, parmi d’autres, reflètent la multitude des activités de cette entreprise qui fait essentiellement de la sous-traitance, travaillant aussi bien pour des PME, des start-up que des multinationales basées dans la région.

Rappelons qu’avec la reprise, cet été, de La Manufacture de la Fondation Dr A. Rollier située à Leysin, qui fabrique des ressorts de toutes natures, l’institution à but non lucratif fondée en 1971 compte désormais neuf sites répartis dans tout le canton de Vaud. Ils occupent un total de près de 700 personnes, dont 560 en situation de handicap. Ils sont 250 (200) sur le seul site de Cheseaux qui s’étend sur 8000 m2 – comprenant la direction et les activités administratives de la fondation – à côté de la voie du LEB.

Nombre de tâches réalisées dans les ateliers de Polyval, requérant un travail manuel ou simplifié, sont confiées désormais à des entreprises installées dans des pays à faible coût de main d’œuvre. C’est une chance, estime Hervé Corger, le directeur général, car son entreprise sociale répond à une demande de clients dans la région et elle a ainsi une véritable vocation industrielle. «Nous devons être une alternative à tout ce qui est délocalisé, dit-il. Ces activités ont toute leur raison d’être ici.» Ainsi, dans l’atelier de montage, des collaborateurs assemblent, par exemple, des brides de tuyauterie utilisées dans la construction tandis que d’autres font des sous-ensembles de composants qui seront utilisés dans des machines d’emballage.

Un tremplin pour Green Motion

Dans ce domaine, l’institution est fière d’avoir accompagné la croissance de Green Motion, le jeune fabricant vaudois de bornes de recharge pour voitures électriques, qui a créé un vaste réseau en Suisse et se développe désormais au-delà des frontières. Les prototypes du début ont été montés chez Polyval. Et désormais, dans l’atelier de la banlieue lausannoise, on assemble les composants électroniques – comprenant cartes graphiques, puces, contacteurs et câblages – de plusieurs centaines de bornes de différents types chaque année.

Dans le secteur de l’usinage mécanique, relève le directeur, l’organisation par zone – débitage, ébavurage, tournage CNC, fraisage, etc. – est méthodique selon la référence en la matière, japonaise. Au-delà de la volonté de l’institution d’offrir des prestations de qualité à ses clients, celle-ci a en effet pour mission de permettre aux personnes «au bénéfice d’une prestation de l’AI ou en grandes difficultés sociales d’améliorer leur autonomie par un travail et un environnement adaptés». En leur proposant une activité rémunérée sur un site accessible pour eux, la fondation joue un rôle majeur dans leur réinsertion professionnelle.

Trouver un travail «qui a du sens»

«Notre but, relève Hervé Corger, est de trouver, si possible pour chacun, un travail qui a vraiment du sens dans son domaine de compétence. Il est donc important d’avoir des métiers variés.» Les collaborateurs engagés dans un atelier industriel profitent de l’encadrement des responsables d’ateliers ainsi que de moniteurs socioprofessionnels. Dans le cadre de la fondation, soutenue par l’État de Vaud, ils peuvent suivre diverses formations, par exemple sur de petits centres d’usinage de pièces simples, pour lesquelles certains font même la programmation.

Si Polyval a cessé son activité de recyclage d’ordinateurs, qu’elle pratiquait avant son déménagement de Saint-Sulpice à Cheseaux en 2006, elle propose d’autres tâches en mécanique telle la découpe laser ou l’étampage. Chaque année, la fondation investit près de 500'000 francs dans ses installations, dont une part importante dans les machines. Car, bien qu’elle bénéficie d’aides publiques, l’entreprise est soumise à l’offre et la demande et doit être compétitive dans ses prix. Comme sous-traitant, elle n’est pas épargnée dans les phases conjoncturelles moroses.

Boîtes de montres

Domaines traditionnels de l’entreprise sociale, le cartonnage et l’emballage restent deux activités fondamentales chez Polyval tant pour le type de travaux qu’ils permettent à nombre de collaborateurs d’exercer que pour répondre à la clientèle locale pour des prestations particulières. En ce moment, quantités de commandes sont ainsi des cadeaux d’entreprises ou des boîtes de montres de grandes marques. Mais les services de travaux manuels sont multiples dans les produits de carton et papeterie: production de boîtes d’archives ou de cahiers d’écoliers à spirale, colis ou conditionnement de produits divers. Dans ce créneau, l’institution s’occupe aussi de la conception sur mesure d’emballages grâce aux moyens informatiques.

L’un des secteurs qui a pris le plus d’importance est le conditionnement de produits pharmaceutiques. Il est fait dans les conditions sévères de Swissmedic en salle propre sous atmosphère contrôlée. Le site de Cheseaux possède un atelier de ce type, tandis que celui de Nyon est entièrement consacré à ce travail.

Un restaurant à Vevey

D’autres sites se distinguent par une activité distincte: outre Leysin et ses ressorts, à Yverdon, on est spécialisé dans la tampographie, le marquage sur verre, plastique ou métal, tandis qu’à Vevey, Polyval a créé un restaurant, Le N° 6, où les collaborateurs en situation de handicap sont en cuisine comme en salle, au contact des clients.

À Cheseaux-sur-Lausanne, la fondation a développé depuis quelques années une blanchisserie professionnelle qui répondait d’abord à la demande d’une autre institution voisine, la Fondation de Vernand, une structure de prise en charge et d’hébergement de personnes handicapées. La blanchisserie traite les habits des résidents, ceux en provenance des CMS de Lausanne et des textiles professionnels.

Créé: 02.12.2019, 15h14

Hervé Corger, directeur général de la Fondation Polyval. (Image: Olivier Vogelsang)

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