La marque de mode lausannoise Collection 66 imprime sa griffe

VêtementsReconnue au fil de ses collections jusqu’au Japon, la styliste Agnès Boudry a ouvert une seconde boutique à Genève.

Dans l’atelier-magasin de la rue des Deux-Marchés à Lausanne, Agnès Boudry jongle avec les tissus et les idées.

Dans l’atelier-magasin de la rue des Deux-Marchés à Lausanne, Agnès Boudry jongle avec les tissus et les idées. Image: ODILE MEYLAN

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Créée au tournant du millénaire, la marque de mode lausannoise Collection 66 a posé gentiment sa griffe élégante et vintage loin à la ronde. Ses robes aux motifs imprimés de fleurs et de papillons colorés ou, à l’opposé, de dessins géométriques en noir et blanc sont portées aujourd’hui par des Américaines et des Japonaises. Fondatrice de cette petite entreprise qui fait vivre un atelier de couture en Bulgarie, la styliste Agnès Boudry a ouvert il y a peu une nouvelle boutique à Genève et rêve de poser une nouvelle enseigne ailleurs.

«Genève, c’est un pas en avant. J’aimerais bien ouvrir une autre boutique, mais c’est de la musique d’avenir car le projet genevois représentait un grand investissement»

Dans son atelier-magasin de la rue des Deux-Marchés à Lausanne, ouvert en 2007, la créatrice ne veut toutefois pas voir trop grand. «Genève, c’est un pas en avant. J’aimerais bien ouvrir une autre boutique, peut-être à Montreux. Mais c’est de la musique d’avenir car le projet genevois représentait un très grand investissement personnel.» La jeune femme est ravie de voir que le nouveau magasin, ouvert en juin dernier, rue de Lausanne, est fréquenté par des touristes et des expatriés de l’ONU. Une aubaine pour la maison-atelier de mode lausannois, qui emploie maintenant six personnes à temps variable: «En 2015, le textile haut de gamme a enregistré une baisse de ses ventes. Nous, nous avons bien travaillé grâce à Genève.»

«Rétro et modernité»

Dans un marché «très saturé» à cause de la multiplication des grandes enseignes internationales, Collection 66 se démarque dans une niche moyen-haut de gamme de vêtements, de foulards et d’accessoires (colliers) féminins chics. Agnès Boudry est inspirée par les mélanges d’imprimés Liberty, les broderies, les dentelles légères et la mode anglaise dans ses tendances excentriques des années 60-70. «Le mélange de rétro et de modernité est graphiquement très intéressant.» Un fashion vintage contemporain très prisé à Tokyo. Elle-même dit avoir été surprise de voir la mode rétro, sa marque de fabrique, revenir au premier plan il y a quelques années, mais cela l’a confortée dans son style.

Depuis seize ans, la styliste a créé pas moins de 32 collections comprenant 60 à 70 pièces chacune, développant petit à petit son activité en indépendante. Aujourd’hui, nombre de jeunes créatrices qui lancent leur propre marque et veulent ouvrir boutique sont auréolées de prix dans le design de mode qui leur donnent accès à des relais financiers. Face à cette nouvelle concurrence fringante et remuante, Agnès Boudry se dit chanceuse d’avoir pu lancer sa marque à sa manière.

Au départ, elle n’était pas familiarisée avec les chiffres de la comptabilité et la gestion commerciale d’une entreprise. «J’ai appris sur le tas», explique-t-elle. Sortie de ses études au Studio Berçot, à Paris, puis d’un séjour professionnel à New York, elle a démarré comme costumière de théâtre avant de dessiner une première collection en l’an 2000. Pendant quatre ans, ses modèles étaient produits dans un atelier de Lyon. Mais elle n’arrivait pas à tourner et elle a cherché une solution plus viable. Elle se dirige alors vers la Bulgarie, où elle a des origines et des connaissances. A Sofia, où elle se rend 3 à 4 fois par an, elle a trouvé l’atelier qui produit ses vêtements de marque depuis maintenant une douzaine d’années.

Costumes d’opéra

Pour les deux collections annuelles de la marque, la créatrice lausannoise fait assembler entre 2000 et 3000 pièces d’habits avec des tissus choisis dans les foires spécialisées de Paris et de Milan. Elle fournit ainsi du travail pour près de neuf mois par an à cet atelier de Sofia, qui emploie une douzaine de couturières. Dans cette même ville, un second atelier spécialisé dans la maille s’occupe depuis quelques années de la confection de tricots en série limitée.

Le prix d’une robe en soie de la marque Collection 66 revient ainsi entre 300 et 400 francs, une jaquette ou un top en maille à 250 francs. La styliste a aussi créé quelques chemises pour hommes (à 140 francs), un créneau qu’elle envisage de développer, mais sans se griser. Car «l’homme et la femme dépensent très différemment», observe Agnès Boudry.

Distribuées dans des points de vente multimarques en Suisse, à San Francisco et dans une chaîne «frenchy» japonaise, les collections se vendent aussi dans des showrooms ou via e-shop. Ce canal est cependant d’abord une «vitrine». Si elle affiche son goût pour le rétro, Agnès Boudry n’en dédaigne pas pour autant les nouveaux outils de la vente et du marketing, comme les réseaux sociaux, et joue les pionnières pour un service de paiement par smartphone. Désormais secondée par une jeune dessinatrice formée chez Max Mara, qui lui apporte une touche italienne, elle trouve toutefois le temps de revenir à ses premières amours: elle a décroché un mandat pour créer les costumes d’un opéra de Monteverdi qui se jouera cet été.

Créé: 25.01.2016, 12h32

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