Munich tire le coup de grâce contre le diesel

Pollution Après Hambourg et Stuttgart, la cité bavaroise fermera son centre aux véhicules non-équipés de catalyseurs Euro 6.

La ville du siège de BMW prévoit d’interdire de circulation tout véhicule ne répondant pas aux normes Euro 6, environ 300 000 voitures. (Photo d'illustration)

La ville du siège de BMW prévoit d’interdire de circulation tout véhicule ne répondant pas aux normes Euro 6, environ 300 000 voitures. (Photo d'illustration) Image: Keystone

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Après Hambourg et Stuttgart, Munich veut chasser le diesel de son centre. La ville du siège de BMW prévoit d’interdire de circulation tout véhicule ne répondant pas aux normes Euro 6, environ 300 000 voitures. «Je ne vois pas d’autre alternative pour réduire la pollution, les niveaux sont devenus effrayants», a déclaré mardi le maire social-démocrate Dieter Reiter (SPD). Quand on sait qu’en Allemagne deux BMW sur trois roulent au diesel, une telle mesure est loin d’être populaire.

A l’automne, le Tribunal administratif fédéral de Leipzig doit donner son avis sur le droit des communes à restreindre la circulation. Si les juges donnaient leur feu vert, le maire de Munich légiférerait dans la foulée, du moins l’a-t-il promis.

Le lobby automobile riposte

BMW et le lobby de l’automobile ne se laisseront pas faire. Une interdiction généralisée exclurait en Allemagne près de 13 millions de véhicules des centres, a calculé la puissante association ADAC. «C’est ni plus ni moins une dépossession de bien», peste son vice-président, Ulrich Klaus Becker.

La résistance s’organise également à Stuttgart, ville de l’automobile par excellence avec Porsche, Daimler (Mercedes) mais aussi le sous-traitant Bosch. Lovée dans une cuvette, la capitale du Bade-Wurtemberg accuse les plus hauts pics de pollution du pays. Le maire écologiste, Fritz Kuhn, a décidé au début du mois de mai de procéder à des interdictions dès 2018.

«C’est une mauvaise décision pour l’économie, le commerce et les pendulaires», a jugé Dieter Zetsche, le président de Daimler, qui craint une nouvelle chute des ventes. «Une idée grotesque», a ajouté Volkmar Denner, patron de Bosch. Chez les salariés, on craint des conséquences pour l’emploi.

Vingt villes prêtes à suivre

A Hambourg, la mesure va toucher du jour au lendemain 70% des diesels immatriculés dans la ville. Elle obligerait aussi l’administration à renouveler son parc: près de 60% des véhicules de pompiers, de la police ou de l’administration ne respectent pas les normes Euro 6.

Plus d’une vingtaine d’autres villes sont prêtes à suivre. «Ce n’est qu’une question de temps», assure Ferdinand Dudenhöffer, expert du secteur. «La fin du diesel est en marche», ajoute-t-il. Si le tribunal de Leipzig donnait un avis favorable, ce serait en effet le coup de grâce. Qui achèterait encore un véhicule diesel?


Les Suisses tentés par une interdiction du diesel

On brûle bien ce que l’on a adoré. A en croire un sondage publié mardi par le site Comparis.ch, 31% du millier de personnes interrogées – soit près du tiers – «revendiquent une interdiction généralisée des moteurs diesels». Dans la partie romande du pays, la proportion de ces «refuzniks» atteint même 41%. Explication de Harry Meier, expert du secteur automobile convoqué par Comparis? La proximité de la France, à partir de laquelle des «dizaines de milliers de véhicules diesels, conduits par des frontaliers, traversent chaque jour la frontière».

Un bémol. Ce type de motorisation a également connu un succès sans précédent à l’intérieur de la Suisse, notamment en raison d’arguments… écologiques - de moindres émissions de CO2. Le mois dernier, 36% des véhicules neufs vendus tournaient encore au diesel. Cette proportion était de 40% en février. Mais la décrue reste plus lente que celle en Allemagne ou… en France.

«De grâce, arrêtons le populisme laissant entendre que l’interdiction du diesel est la solution – qui oserait appeler à la fin des chaudières à mazout dans notre pays?» réagit François Launaz, président d’Auto-Suisse. Ce dernier prône une transition continue vers les véhicules électriques. «Ce sondage montre que les Suisses sont convaincus que la réduction de la pollution passe par les voitures électriques et je m’en réjouis; mais ce constat rend soudain criante l’absence de mise en place d’un réseau de recharge ambitieux par les pouvoirs publics», prévient le responsable de l’association des importateurs automobiles.

Pierre-Alexandre Sallier

(24 heures)

Créé: 14.06.2017, 21h50

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